Amendement de M. Rudigoz · art. 1er

100 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 39 voix franchi.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 13 %

Amendement n° 293 · ART. PREMIER, déposé par M. Rudigoz +16 cosignataires.

L'essentiel : La lutte contre les groupuscules violents a été renforcée dans la programmation, avec une coordination des services de renseignement, un suivi des anciens membres de groupes dissous et un guide méthodologique mis à disposition des élus locaux.

Texte exact de l'amendement

Après l’alinéa 360, insérer les six alinéas suivants : « 3.3.4. Une lutte renforcée contre les groupuscules violents « La lutte contre les groupuscules violents doit se poursuivre dans les prochaines années. Le ministère de l’Intérieur s’attachera à renforcer sa vigilance sur leurs formations et leurs actions. « Une coordination entre les différents services de renseignement nationaux et européens sera mise en œuvre. « Les services de renseignement s’attacheront à suivre les membres des groupuscules dissous et particulièrement les anciens membres des forces armées ou de sécurité intérieure impliquées dans des groupuscules violents. « Les services de police mettront à disposition des élus locaux un guide méthodologique présentant les instruments juridiques mobilisables par l’autorité administrative et des conseils pratiques pour prévenir les troubles à l’ordre public susceptibles d’être causés par des groupes radicaux violents. « Le partenariat et les échanges avec l’autorité judiciaire seront renforcés pour lutter contre la reconstitution de groupuscules dissous. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement vise à inclure les recommandations fixées par les parlementaires dans le rapport réalisé par la commission d’enquête de lutte contres les groupuscules d’extrême-droite en France. Depuis quelques années, nous voyons apparaitre et réapparaitre des groupes extrémistes violents contre lesquels il est difficile de lutter. Cet amendement souhaite fixer un certain nombre d’objectifs dans la lutte contre ces groupuscules violents. Que la violence vienne de l'ultra-gauche ou de l'ultra-droite, tous nos efforts doivent être dirigés pour que cette violence, nuisible au quotidien pour les Français, cesse.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 7 septembre 2022 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 18 octobre 2022 1re lecture Sénat Adopté
  3. 1er décembre 2022 Commission mixte paritaire Accord
  4. 7 décembre 2022 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 14 décembre 2022 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 19 janvier 2023 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le texte approuve un rapport annexé sur la modernisation du ministère de l'intérieur et fixe, pour la période 2023-2027, l'évolution des crédits de paiement du ministère et des plafonds des taxes qui lui sont affectées, hors charges de pensions. Il crée dans le code des assurances un chapitre consacré à l'assurance des risques de cyberattaques, qui encadre le versement d'une somme au titre d'une clause couvrant le paiement d'une rançon par l'assuré. Il élargit les possibilités d'enquête sous pseudonyme en autorisant, dans les mêmes conditions d'autorisation que celles déjà prévues, l'acquisition de tout contenu, produit, substance, prélèvement ou service, y compris illicite. Il permet à un officier de police judiciaire d'être autorisé par tout moyen par le procureur de la République ou le juge d'instruction pour certaines saisies, et introduit dans le code des postes et des communications électroniques la notion de communications mobiles critiques à très haut débit. Il crée en outre dans le code pénal une section consacrée à l'outrage sexiste, puni de 3 750 euros d'amende.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • 15 milliards d’euros sur cinq ans Adopté

    La loi fixe une trajectoire de 15 milliards d’euros de moyens supplémentaires pour le ministère de l’intérieur sur la période 2023-2027.

    Validé par le Conseil constitutionnel.

  • 8 500 postes de policiers et gendarmes Adopté

    Recrutement de 8 500 policiers et gendarmes supplémentaires sur la durée de la programmation.

    Validé.

  • Transformation numérique et lutte anti-cyber Adopté

    Engagement de la transformation numérique du ministère, renforcement de la lutte contre la cybercriminalité et amélioration de l’accompagnement des victimes.

    Validé.

  • Répression des violences contre les élus et de délits routiers Censuré

    L’article 15 aggravait la répression des violences commises contre les élus et de certains délits routiers.

    Censuré comme cavalier législatif : le Conseil constitutionnel a jugé cette disposition sans lien, même indirect, avec le texte déposé (article 45 de la Constitution).

  • Nouveau régime des menaces de mort Censuré

    L’article 26 modifiait la répression des menaces de mort.

    Censuré comme cavalier législatif (absence de lien avec le projet initial).

  • Enquête sous pseudonyme élargie Censuré

    L’article 10 étendait les possibilités d’enquête sous pseudonyme des agents ; une partie de la mesure a été retirée.

    Censure partielle : les mots autorisant l’acquisition ou la transmission d’un objet illicite ont été jugés contraires au droit à un procès équitable.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC20LIOT51DEM170RE30HOR62LR89RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale800
Gauche démocrate et républicaine - NUPES300
Écologiste - NUPES500
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires100
Démocrate (MoDem et Indépendants)900
Renaissance3800
Horizons et apparentés300
Les Républicains100
Rassemblement National900
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 293 en séance (Orientation et programmation du ministère de l’intérieur), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Antoine Léaument LFI
« Je vous remercie, madame la présidente. Ce sous-amendement vise à préciser l’objet de l’amendement de M. Rudigoz, dont l’exposé sommaire indique vouloir prendre acte des résultats de la commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France. Aussi, je propose de préciser qu’il s’agit de la lutte contre les groupuscules violents, « notamment d’extrême droite ». […] Je ne doute pas que le rapporteur et le ministre émettront un avis favorable, simplement parce que l’exposé sommaire appelle à intégrer les résultats de la commission d’enquête précitée qui, je le rappelle, portait sur les groupuscules violents d’extrême droite. »
M. Florent Boudié (rapporteur)
« Je suis très favorable à l’amendement n o 293, proposé par M. Rudigoz. Il résulte de la commission d’enquête sur les groupuscules violents d’extrême droite, qui avait été présidée par Muriel Ressiguier. M. Léaument suggère de préciser qu’il s’agit de groupuscules violents « notamment d’extrême droite ». Pour ma part, je propose un sous-amendement visant à ajouter la mention « notamment d’extrême droite et d’extrême gauche ». (M. Antoine Léaument lève la main pour demander la parole.) »
M. Gérald Darmanin (ministre)
« Je suis favorable à l’amendement n o 293. Quant au sous-amendement n o 1336, déposé à l’instant par M. le rapporteur, il me semble être une excellente proposition. »
M. Antoine Léaument LFI
« Justement, je ne pense pas que ce soit une bonne proposition. La commission d’enquête précitée portait sur la lutte contre les groupuscules violents d’extrême droite uniquement : tenons compte de cela et des conclusions auxquelles elle est parvenue ! Les groupuscules d’extrême droite menacent les prérogatives de l’État ; ils se rendent aux frontières de notre pays pour se substituer au rôle de la police aux frontières ; ils menacent des individus sur la base de la couleur de peau et vont même jusqu’à les attaquer, comme cela a été le cas en Bretagne. Il en va autrement des groupuscules violents d’extrême gauche. »
M. Florent Boudié (rapporteur)
« Vous avez raison, monsieur Léaument, la commission d’enquête portait bien sur les groupuscules d’extrême droite. Mais ses recommandations visaient, de façon générale, à renforcer la lutte contre tout groupuscule violent. Nous pouvons sans difficulté ajouter la mention « notamment d’extrême droite », mais nous n’avons aucune pudeur à dénoncer aussi la violence de l’extrême gauche, lorsqu’elle s’exprime. Nous n’avons aucune pudeur, mon cher collègue, à reconnaître les deux extrêmes. »
M. Thomas Rudigoz RE
« Je remercie le rapporteur pour sa proposition. Muriel Ressiguier et moi-même avons fait un excellent travail ; je tiens à la saluer. Je m’en suis inspiré pour rédiger l’exposé sommaire de mon amendement, d’autant que je comptais parmi les vice-présidents de la commission d’enquête. Néanmoins, lors de nos discussions, un différend était apparu avec Mme Ressiguier et le rapporteur de l’époque : je n’étais pas d’accord avec le fait de limiter l’enquête de la commission aux groupuscules d’extrême droite. Mais La France insoumise, au nom de son droit de tirage, en avait décidé ainsi. »

6 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Orientation et programmation du ministère de l’intérieur), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Ugo Bernalicis LFI
« Madame la présidente, hier j’ai fait un rappel au règlement pour demander s’il était possible d’ouvrir des séances supplémentaires samedi, c’est-à-dire demain. Comme nous sommes vendredi soir, il est urgent de statuer sur cette question. »
Mme Élisa Martin LFI
« Le premier directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) avec lequel j’ai eu l’occasion de travailler, en 2014, m’a dit que le travail de la police était de garantir le droit de manifester et que la stratégie était de montrer la force pour ne pas l’utiliser. »
M. Florent Boudié (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« À ce stade, nous n’avons accepté aucun amendement portant sur la doctrine d’emploi ou les techniques d’interpellation. En revanche, lorsque nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’il y avait débat et qu’il fallait explorer un sujet, nous avons accepté des rapports ou des mises en situation. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« Nous proposons de supprimer dans le rapport annexé la sous-section intitulée « Mieux piloter le continuum de sécurité », qui est directement issue de la loi du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés. »
Mme Delphine Lingemann DEM
« Il vise à mentionner le renforcement des liens entre gendarmerie nationale et polices municipales mais également rurales. Sur la base de partenariats locaux, plusieurs conventions entre gendarmeries et polices rurales se sont formalisées. »
M. Christophe Naegelen LIOT
« Nous avons déjà eu l’occasion d’échanger hier soir sur l’augmentation des moyens à mettre à disposition pour que davantage de policiers municipaux puissent obtenir les statuts d’agent de police judiciaire (APJ) et d’officier de police judiciaire (OPJ). »
Mme Sandra Regol ECOS
« Il vise à supprimer l’alinéa 212 du rapport annexé, lequel propose de tripler les budgets alloués à la vidéosurveillance, dont – comme nous l’avons répété plusieurs fois – l’efficacité n’est pas prouvée. »
Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR
« Nous considérons, nous – cela ne vous étonnera pas –, que la vidéoprotection est un outil essentiel pour garantir la sécurité de nos concitoyens. Or le traitement humain des milliers d’heures d’images enregistrées par ces caméras a ses limites. »
M. Emeric Salmon RN
« Les caméras de vidéoprotection sont de très bons moyens de dissuasion et d’élucidation des affaires de dégradation de biens privés, de tentative de vol de véhicules et d’incendie de véhicules. »
M. Ian Boucard LR
« Cet amendement de Pierre Cordier prévoit que d’ici 2024, les véhicules effectuant des contrôles radar puissent être clairement identifiés par les conducteurs. »
Mme Louise Morel DEM
« Cet amendement de Mme Poueyto soutenu par les députés du groupe Démocrate vise à préciser que la police et la gendarmerie disposeront de tenues non seulement modernisées, mais aussi adaptées. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue