L'essentiel

Amendement n° I-1000, APRÈS ART. 10, déposé par Mme Lejeune LFI-NFP et 70 cosignataires

La condition exigeant une présence quotidienne sur l’exploitation toute l’année pour bénéficier du crédit d’impôt de remplacement des agriculteurs est supprimée, afin de permettre à davantage d’entre eux de prendre des congés.

Texte exact de l'amendement

I. – Au début de la seconde phrase du premier alinéa du I de l’article 200 undecies du code général des impôts, les mots : « l’activité exercée requière la présence du contribuable sur l’exploitation chaque jour de l’année et que » sont supprimés. II. – Le I n’est applicable qu’aux sommes venant en déduction de l’impôt dû. III. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services. »

Exposé des motifs

"Par cet amendement, les députés du groupe LFI proposent d’étendre le crédit d’impôt pour dépenses de remplacement pour les agriculteurs et agricultrices de notre pays, même lorsque leur activité ne requiert pas leur présence sur l'exploitation chaque jour de l'année. Aujourd’hui, le crédit d’impôt bénéficie aux agriculteurs dont « l'activité exercée requiert la présence sur l'exploitation chaque jour de l'année ». Cette rédaction est trop restrictive et empêche une partie de nos paysans de bénéficier de cette aide, et donc de pouvoir s’absenter pour congés de leur exploitation. Il est inacceptable que des agriculteurs ne puissent disposer d’un seul jour de repos au titre de cette restriction ! Nous soutenons le droit au repos par les vacances pour nos agriculteurs et nos agricultrices. Parce que les cycles naturels ne s’arrêtent pas, ces travailleurs et travailleuses sont dans l’obligation de trouver un remplaçant avant de pouvoir partir, une pression tant pour la recherche de la personne que pour la contrainte financière que cela implique. La problématique est largement partagée : en 2023, plus de 52 % des agriculteurs indiquent rencontrer des difficultés à organiser leurs congés. Par ailleurs, la limitation à seuls 17 jours par an (contre 25 pour les salarié-e-s) évite tout abus ou détournement du dispositif. La possibilité effective de prendre des vacances pour les agricul…

Comment chaque groupe a voté

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GroupeRépartitionPour, contre, abstention
20 pour, 0 contre, 0 abst.
1 pour, 0 contre, 0 abst.
7 pour, 0 contre, 0 abst.
26 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 3 contre, 0 abst.
0 pour, 5 contre, 3 abst.
0 pour, 26 contre, 0 abst.
0 pour, 9 contre, 0 abst.
0 pour, 6 contre, 0 abst.
0 pour, 0 contre, 6 abst.
0 pour, 1 contre, 49 abst.
0 pour, 2 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi de finances autorise la perception des impôts existants pendant l’année 2026 et fixe les prévisions de solde structurel et de solde effectif des administrations publiques. Il proroge la contribution différentielle sur les hauts revenus et instaure une taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales. Il proroge en 2026 la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises en divisant ses taux par deux, et supprime ou rationalise plusieurs dépenses fiscales, dont les dispositifs d’amortissement des articles 39 AH et 39 AI du code général des impôts. Il crée un abattement forfaitaire en faveur des personnes retraitées, en remplaçant la condition d’âge de plus de soixante-cinq ans aujourd’hui prévue à l’article 157 bis, et double l’incitation fiscale aux dons des particuliers aux organismes d’aide aux plus démunis. Il réforme également l’aide fiscale à l’investissement productif outre-mer, modernise la réduction d’impôt sur le revenu dite Madelin en portant de 15 millions à 16,5 millions d’euros un plafond applicable, et ajuste des dispositifs de soutien au secteur agricole.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1000 en séance (Projet de loi de finances pour 2026), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Aurélien Le Coq LFI
« Il vise à étendre à tous les agriculteurs le bénéfice du crédit d’impôt pour dépenses de remplacement en supprimant la condition qui, dans le code général des impôts, le réserve aux agriculteurs exerçant une activité requérant leur présence sur l’exploitation chaque jour de l’année. Tous les agriculteurs ont droit au repos. La moitié d’entre eux rencontrent des difficultés pour prendre leurs congés. Cela fait obstacle à l’installation de nouveaux agriculteurs mais n’est également pas sans conséquence pour la santé, notamment la santé mentale, des exploitants. »
M. Philippe Juvin (rapporteur général)
« La commission n’a pas examiné cet amendement, travaillé avec la Confédération paysanne. […] Si je le trouve intéressant, je m’interroge, cependant, sur l’extension sans limite de l’éligibilité au crédit d’impôt, dont j’ai du mal à mesurer les conséquences. Avis défavorable. […] Qu’il n’y ait aucune ambiguïté, cher collègue : ma remarque n’était en rien un reproche. Je l’ai signalé comme vous l’avez fait vous-même. J’ai toujours considéré que les députés étaient libres de travailler leurs amendements avec qui ils souhaitaient. […] Et heureusement, car on ne peut pas tout savoir sur tout. Les contacts avec ce que l’on appelle les « lobbys » font partie des activités ordinaires des politiques,… »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

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