Amendement de M. Fabien Roussel · art. 11

88 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 55 voix non atteint. 1 abstention.
NetClivage gauche-droite
Participation 19 %

Amendement n° I-1120 · ART. 11, déposé par M. Fabien Roussel +15 cosignataires.

L'essentiel : M. Fabien Roussel voulait exiger que les gains fiscaux tirés de l’article soient fléchés vers des projets d’investissement, de recherche, de formation, de recrutement et de transition écologique en France, sous le contrôle de l’administration fiscale.

Texte exact de l'amendement

Compléter cet article par l’alinéa suivant : « VII. – Les gains fiscaux obtenus par les contribuables par l’application des dispositions du présent article financent des projets d’investissement, de recherche, d’innovation, de formation, de recrutement et de transition écologique sur le territoire français. Un décret pris en Conseil d’État précise les modalités de contrôle de l’administration fiscale. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement vise à encadrer a minima les allégements fiscaux massifs prévus par le présent article, en fléchant les gains fiscaux vers des projets d’investissement, de recherche, d’innovation, de formation, de recrutement et de transition écologique sur le territoire français.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 27 septembre 2017 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 12 décembre 2017 1re lecture Sénat Modifié
  3. 13 décembre 2017 Commission mixte paritaire Accord
  4. 15 décembre 2017 Nouvelle lecture Assemblée Adopté
  5. 19 décembre 2017 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  6. 21 décembre 2017 Lecture définitive Assemblée Adopté
  7. 28 décembre 2017 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte est le projet de loi de finances pour 2018. Son article 1er autorise la perception, pendant l'année 2018, des ressources de l'État et des impositions de toute nature affectées à d'autres personnes morales, et son article 2 indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu, en relevant notamment le montant mentionné au second alinéa de l'article 196 B du code général des impôts de 5 738 à 5 795 euros. L'article 3 instaure un dégrèvement de la taxe d'habitation sur la résidence principale et l'article 7 modifie les modalités de calcul et de répartition de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Plusieurs articles portent sur la taxe sur la valeur ajoutée : aménagement de l'assiette du taux réduit applicable aux services de presse en ligne dans leurs versions numériques, exonération pour certains services à la personne et extension de l'exonération applicable aux psychologues et psychothérapeutes ainsi qu'aux chiropracteurs. L'article 8 proroge et aménage le crédit d'impôt pour la transition énergétique.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM313LREM35LC100LR18NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise400
Gauche démocrate et républicaine300
Nouvelle Gauche500
Mouvement Démocrate et apparentés090
La République en Marche0740
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants020
Les Républicains0100
Non inscrit011

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1120 en séance (Projet de loi de finances pour), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Fabien Roussel GDR
« La majorité s’accorde à dire que la mise en place de la flat tax à 30 % se traduira par un gain d’investissement pour notre économie et pour le pays – vous nous l’avez répété tout au long de la soirée. Sans donner de chiffres, l’étude d’impact indique même noir sur blanc que la flat tax « aura des effets bénéfiques sur l’activité, l’investissement et l’emploi ». Comme vous l’avez dit tout à l’heure, monsieur le ministre, c’est un sujet fondamental, et nous devons le traiter de manière responsable pour nos finances publiques. »
M. Joël Giraud (rapporteur général)
« Outre le fait que la majorité a déjà beaucoup avancé sur le sujet, votre amendement est complètement inopérant dans sa rédaction actuelle, car il est ni contraignant ni normatif. Il n’a donc pas de valeur juridique. Même si je comprends votre objectif, je pense que mieux vaudrait le retirer. À défaut, j’y serais défavorable. »
M. Marc Le Fur LR
« Pardonnez-moi, monsieur Roussel, mais nous y sommes aussi défavorables. Je saisis toutefois l’occasion de cet ultime amendement pour donner ma position sur cet article, que je crois partagée par d’autres membres de notre groupe. Il y avait des idées intéressantes, mais l’épargne est une chose fragile. C’est l’une des vertus des Français, mais elle dépend de beaucoup d’éléments de nature psychologique. Les habitudes, voire les routines, comptent également, en matière d’épargne. Les Français aspirent à une épargne stable, qui assure la préservation du fruit de leur travail. Ils ont travaillé dur et veulent retrouver cette épargne au terme de leur existence, ou la transmettre à leurs enfants. »
M. Éric Alauzet LREM
« Nous voilà arrivés au terme de l’examen de cet article. C’est le moment de prendre le temps de nous demander ce que nous avons fait, et ce que sera la situation du pays après son adoption. Il peut d’abord être intéressant de comparer les dispositions proposées avec ce qui se pratique en Europe : on constate alors que la France, dans ce domaine, va rejoindre la moyenne européenne. Je tiens à le dire, car certains commentaires laissent croire que, en adoptant cet article, nous attenterions à nos valeurs, à notre histoire, voire à la morale ; nous n’agirions que pour les riches. On peut aussi effectuer une comparaison historique, ne serait-ce que sur les vingt ou trente dernières années. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue