Amendement de Mme Descamps · art. 4

48 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 31 voix franchi. 6 abstentions.
Très serré
Participation 11 %

Amendement n° 1138 · ART. 4, déposé par Mme Descamps +11 cosignataires.

L'essentiel : La compensation versée aux communes est désormais réévaluée chaque année scolaire, et non plus calculée une seule fois pour 2019-2020 ; Mme Descamps justifie ce changement par la situation des communes ayant déjà conventionné avec des écoles privées.

Texte exact de l'amendement

I.- À l’alinéa 1, après le mot : « ressources », insérer les mots : « , réévaluées chaque année scolaire, » II.- En conséquence, au même alinéa, supprimer les mots : « au titre de l’année scolaire 2019‑2020 par rapport à l’année scolaire précédente ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Le présent amendement vise à faire en sorte que la compensation soit calculée chaque année et non une seule fois en 2019-2020. De cette manière, les communes disposant déjà d’une convention avec les écoles privées de leur territoire ne seraient pas pénalisées.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 5 décembre 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 21 mai 2019 1re lecture Sénat Modifié
  3. 14 juin 2019 Commission mixte paritaire Accord
  4. 2 juillet 2019 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 4 juillet 2019 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 25 juillet 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le texte rend l'instruction obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à seize ans, et adapte en conséquence plusieurs dispositions du code de l'éducation, dont celles relatives au contrôle de l'instruction. Il prévoit que l'État attribue à chaque commune les ressources correspondant à l'augmentation des dépenses obligatoires qu'elle a consenties au titre de l'année scolaire 2019-2020 par rapport à l'année précédente. Il inscrit dans le code de l'éducation que les personnels de la communauté éducative contribuent, par leur engagement et leur exemplarité, à l'établissement d'un lien de confiance avec les élèves et leur famille. Il crée des établissements publics locaux d'enseignement international et ouvre à l'expérimentation le chapitre du code consacré à la recherche. Il remplace en outre, dans plusieurs dispositions, la fonction de vice-recteur par celle de recteur d'académie.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Instruction obligatoire abaissée à 3 ans Adopté

    L'instruction devient obligatoire dès 3 ans (au lieu de 6) à compter de la rentrée 2019 ; l'État compense aux communes la hausse de dépenses correspondante.

    Adopté ; le Conseil constitutionnel a jugé conforme la compensation financière aux communes (décision n° 2019-787 DC).

  • Obligation de formation jusqu'à 18 ans Adopté

    Tout jeune de 16 à 18 ans doit être en formation, en emploi, en service civique ou accompagné vers l'emploi, à partir de la rentrée 2020.

    Adopté.

  • Établissements publics locaux d'enseignement international (EPLEI) Adopté

    Nouvelle catégorie d'établissements enseignant en français et en langue étrangère, du primaire au lycée, préparant à des certifications internationales.

    Adopté.

  • Conseil d'évaluation de l'école Adopté

    Nouvelle instance d'évaluation de l'organisation et des résultats de l'enseignement scolaire ; elle remplace le Conseil national d'évaluation du système scolaire (CNESCO).

    Adopté.

  • Établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF) Écarté

    Disposition envisagée (amendement Rilhac) regroupant des écoles et un collège sous l'autorité d'un même chef d'établissement.

    Écarté : retiré au Sénat avec l'accord du ministre après une forte mobilisation, et non rétabli ; ne figure pas dans la loi promulguée.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC16LT46MODEM306LREM29UDI104LR14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise300
Gauche démocrate et républicaine200
Socialistes et apparentés400
Libertés et Territoires400
Mouvement Démocrate et apparentés520
La République en Marche1266
UDI, Agir et Indépendants200
Les Républicains1000
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1138 en séance (Pour une école de la confiance), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Béatrice Descamps UDI
« Il vise à ce que la compensation soit calculée chaque année, et non une seule fois en fonction de l’augmentation des dépenses obligatoires au titre de l’année scolaire 2019-2020 par rapport à l’année scolaire précédente. De cette manière, les communes disposant déjà d’une convention avec les écoles privées de leur territoire ne seront pas pénalisées. »
Mme Anne-Christine Lang (rapporteure)
« Le surcoût réel pour les communes de l’obligation d’instruction à 3 ans sera limité, comme l’a indiqué M. le ministre. Le périmètre sera constant, à savoir en excluant l’impact de l’obligation d’instruction à 3 ans. Le nombre d’enfants scolarisés devrait baisser d’environ 155 000 d’ici 2022. Je vous rappelle qu’on estime à seulement 26 000 le nombre d’élèves supplémentaires scolarisés à 3 ans. Le mécanisme d’ajustement annuel que vous proposez ne me semble donc pas justifié. Mon avis est par conséquent défavorable. »
M. François Pupponi NG
« Je ne comprends pas que l’on s’oppose à cet amendement de bon sens. L’idéal serait, quand même, d’opérer une évaluation annuelle, parce que certaines situations seront défavorables aux communes, tandis que d’autres seront défavorables à l’État. Si l’on fige le calcul dans le temps en fonction de l’augmentation des dépenses obligatoires au titre de l’année scolaire 2019-2020, prendre en compte l’évolution, chaque année, du nombre d’élèves de 3 à 6 ans sera impossible. Cet amendement permet d’évaluer le coût annuel, donc la compensation par l’État. »
Mme Nadia Essayan MODEM
« Tout d’abord, je regretterais que la limitation du nombre d’intervenants empêche certains groupes de s’exprimer : en ne donnant la parole qu’à la droite et à la gauche, mon groupe risque d’être oublié. Pour en venir à l’amendement, nous sommes, nous aussi, favorables à ce qu’on calcule chaque année le surcoût ou la diminution de coût : cela collerait davantage à la réalité des dépenses des communes et garantirait la pérennité d’une compensation qui serait, de la sorte, équilibrée chaque année. »
M. Pierre-Henri Dumont LR
« J’ai du mal à comprendre l’argument avancé par la rapporteure, qui néglige le fait qu’un nouveau lotissement ou des logements sociaux ont pu être construits dans une commune, mais aussi que la diminution du nombre des naissances que l’on constate à l’échelle du pays ne se vérifie pas toujours au niveau local. Dans de tels cas, une réévaluation sera nécessaire pour ajuster et permettre aux communes de scolariser les enfants dès 3 ans. J’ajoute que les dépenses de fonctionnement sont, souvent, opérées sur le long terme. »
Mme Agnès Firmin Le Bodo UDI
« C’est un amendement de bon sens. Monsieur le ministre, je ne doute pas de votre volonté d’accompagner les communes. Or c’est bien ce que permettra cet amendement ! Il colle à la réalité des élèves accueillis par les communes, il colle à la réalité démographique. Et cela vaut pour l’ouverture et la fermeture des classes comme pour l’accueil des enfants à 3 ans. »

4 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Pour une école de la confiance), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Christophe Bouillon SOC
« Selon la formule d’André Siegfried, célèbre sociologue du Havre – ce qui devrait éveiller l’attention du Gouvernement –, « les Normands sont violemment modérés ». Pour le dire autrement, ils sont têtus. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Une école de la confiance est une école où chaque élève peut être accueilli tel qu’il est, handicapé ou bien portant. Derrière les bonnes intentions, les parents d’enfants handicapés attendent des actes concrets, en faveur de la scolarité de leurs enfants. »
Mme Anne-Christine Lang (rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Avis défavorable. L’amendement du Gouvernement permettra de réaliser des progrès sensibles en matière d’accompagnement et d’anticiper les besoins. »
M. Jean-Michel Blanquer (ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse)
« Avis défavorable. Mon exposé, à la fin de la séance précédente, permet de comprendre les progrès considérables qui seront accomplis dans le domaine visé par ces amendements. »
Mme Michèle Victory NG
« Il serait préférable de parler des handicaps plutôt que du handicap, car les AESH doivent gérer des handicaps qui n’ont rien à voir les uns avec les autres. »
M. Gilles Lurton LR
« Je voterai cet amendement. Mme Wonner a remis un très bon rapport sur le financement de la psychiatrie. Le Gouvernement ferait bien de s’y intéresser de près. »
Mme Béatrice Descamps UDI
« Je confirme que cela figure déjà dans les textes. Je regrette des propos qui remettent en cause le professionnalisme des enseignants et je peux vous assurer que de tels dispositifs sont en vigueur dans un grand nombre d’écoles. Je ne peux pas ne pas vous le dire. »
Mme Géraldine Bannier DEM
« Je ne suis pas beaucoup intervenue ce soir, mais j’ai tout de même une expérience de plus de dix ans dans l’enseignement secondaire, dans un collègue accueillant tout type d’élèves, en situation de handicap ou en difficultés scolaires. »
Mme Danièle Obono FI
« Cet amendement vise à interdire l’utilisation des données biométriques des élèves dans les établissements scolaires. Sous les apparences de la modernité, une dérive sécuritaire consiste à utiliser de plus en plus les données biométriques, soi-disant pour garantir des systèmes plus fiables et plus ra… »
Mme Elsa Faucillon GDR
« L’article 6, qui vise à donner un cadre législatif aux EPLEI, pose plusieurs problèmes sur le plan de l’égalité. Le premier concerne les territoires. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue