Sous-amendement de M. Benoit (LC) · après art. 5 BIS

74 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 54 voix non atteint. 11 abstentions.
MajoritaireBloc fracturé
Participation 20 %

Sous-amendement n° 2073 · APRÈS ART. 5 BIS, déposé par M. Benoit LC.

L'essentiel : Le conventionnement à l’assurance maladie des nouveaux médecins aurait été subordonné, avec ce sous-amendement, à leur installation dans une zone jugée sous-dotée par l’agence régionale de santé, plutôt qu’à une simple obligation d’installation.

Texte exact de l'amendement

Au début de la deuxième phrase du second alinéa, substituer aux mots : « Il est tenu de s’installer » les mots : « Son conventionnement à l’assurance maladie est subordonné à son installation, »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Le présent sous-amendement précise et encadre l’incitation à exercer la médecine libérale en zone sous-dotée. Il s’appuie sur un véritable conventionnement sélectif : le conventionnement des nouveaux médecins serait ainsi conditionné à leur installation dans une zone caractérisée par une offre de soins insuffisante ou par des difficultés dans l'accès aux soins, définie par l’ARS. Une telle mesure est à même de répondre enfin à la désertification médicale.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 13 février 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 11 juin 2019 1re lecture Sénat Modifié
  3. 21 juin 2019 Commission mixte paritaire Accord
  4. 10 juillet 2019 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 16 juillet 2019 Commission mixte paritaire Adopté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi réforme les études de santé. Il place les formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique sous l'autorité ou le contrôle des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé, et réécrit les conditions d'accès au troisième cycle des études de médecine, ouvert notamment aux étudiants ayant validé le deuxième cycle en France ou une formation médicale de base dans un autre État. Il prévoit que ces formations permettent d'acquérir les compétences nécessaires à l'exercice des soins et de la prévention dans différents territoires, et étend l'accueil en stage aux étudiants de deuxième cycle auprès de praticiens agréés maîtres de stage, sans limitation à la médecine générale. Il habilite le Gouvernement à prendre par ordonnance des mesures relatives à l'exercice des professions de médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, infirmier ou masseur-kinésithérapeute. Le texte est dépourvu d'exposé des motifs et l'extrait ne porte que sur ses premiers articles.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC16LTdivisé46MODEM306LREM29UDI104LRdivisé14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise002
Gauche démocrate et républicaine002
Socialistes et apparentés400
Libertés et Territoires430
Mouvement Démocrate et apparentés170
La République en Marche0674
UDI, Agir et Indépendants311
Les Républicains872
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 2073 en séance (Organisation et transformation du système de santé), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Thierry Benoit LC
« Nous avons évoqué la question des zonages et de la répartition des médecins sur le territoire, métropolitain et ultramarin, au cours de la séance précédente. Cette question nous est posée depuis de nombreuses années. Nous avons déjà examiné, après l’article 5 bis , toutes les mesures visant à encourager l’installation des médecins. Il existe depuis un certain nombre d’années tout un arsenal : défiscalisation, aides à l’installation, zones de revitalisation rurale – ZRR –, maisons pluridisciplinaires, contrats locaux de santé. Dans ce domaine tout a été inventé. Comme dirait notre Président, tout cela c’est de la poudre de perlimpinpin ! »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Organisation et transformation du système de santé), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Julien Borowczyk LREM
« Avant de défendre cet amendement du groupe La République en marche, permettez-moi de remercier le docteur Janowiak, président du conseil départemental de la Loire de l’Ordre des médecins, qui nous a glissé quelques conseils. »
Mme Agnès Buzyn (ministre des solidarités et de la santé)
« Nous savons que l’établissement des certificats de décès pose des problèmes sur les territoires, essentiellement lorsque le décès survient à domicile – dans les établissements de santé, un médecin est évidemment toujours disponible. »
M. Thierry Benoit LC
« Je salue notre collègue Borowczyk, qui vient de lire son amendement, et surtout je m’incline devant le président du conseil départemental de la Loire de l’Ordre des médecins et le remercie pour les bons conseils qu’il nous prodigue, sans pour autant se comporter en lobbyiste… Permettez-moi de faire… »
M. Jean-Pierre Door LR
« Vous ne voulez pas que nous puissions cumuler la profession de médecin et la fonction de député, mais c’est le suffrage universel qui décide, respectons-le. »
Mme Caroline Fiat FI
« Nous ne pouvons que voter pour cet amendement, en espérant que, dans les zones sous-denses, de nombreux médecins retraités auront envie de jouer le jeu. Selon vous, madame la ministre, concernant les internes, il n’y aurait pas trop de problèmes dans les établissements de santé. »
Mme Ericka Bareigts NG
« Nous revenons ici sur une proposition, défendue en commission des affaires sociales, touchant à un sujet douloureux sur chacun de nos territoires connaissant les difficultés énoncées. »
Mme Justine Benin NI
« …et je n’appartiens pas du tout au corps médical. Je représente cependant des hommes et des femmes d’un territoire archipélagique : la Guadeloupe. »
M. Philippe Vigier DEM
« Il n’est pas neuf car il faisait partie des vingt-quatre propositions de la commission d’enquête parlementaire sur l’égal accès aux soins des Français sur l’ensemble du territoire, laquelle avait entraîné une adhésion générale. Je le rappelle à toutes fins utiles. »
M. Pierre Dharréville GDR
« Madame la ministre, si j’ai bien suivi ce que vous avez dit, le montant du plafond a été multiplié par quatre en 2018 et vous venez de nous annoncer une nouvelle multiplication par deux, qui vient s’ajouter à la précédente augmentation. Je suis fort dubitatif quant aux effets de mesures de ce type. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue