Amendement n° 1649 · ART. 8, déposé par M. Aviragnet NG +28 cosignataires.
L'essentiel : La lutte contre les déserts médicaux aurait figuré, avec cet amendement socialiste, parmi les missions définissant les hôpitaux de proximité, pour garantir un meilleur maillage hospitalier et un accès aux soins de proximité.
Texte exact de l'amendement
Après l’alinéa 6, insérer l'alinéa suivant : « 4° Participent à la lutte contre la désertification médicale dans une approche territoriale de la santé. »
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Cet amendement du groupe socialiste vise à fixer comme critère de définition des hôpitaux de proximité la nécessaire lutte contre la désertification médicale. Aussi, cet amendement s’inscrit pleinement dans notre combat pour une santé de proximité et pour des services publics accessibles. Alors que le grand débat national a vu émerger la question de l’accès aux soins et du manque de médecins dans de nombreux territoires, le groupe socialiste propose avec cet amendement d’assurer le meilleur maillage hospitalier possible pour la France. Cette proposition répond à la volonté des français d’avoir accès à des maternités, des plateaux techniques hospitaliers et des services d’urgence de proximité, situés dans un rayon d’environ 30 minutes de leur domicile.
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 13 février 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 26 mars 2019 1re lecture Assemblée Adopté
- 11 juin 2019 1re lecture Sénat Modifié
- 21 juin 2019 Commission mixte paritaire Accord
- 10 juillet 2019 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
- 16 juillet 2019 Commission mixte paritaire Adopté
- 24 juillet 2019 Promulgation loi n° 2019-774
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le projet de loi réforme les études de santé. Il place les formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique sous l'autorité ou le contrôle des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé, et réécrit les conditions d'accès au troisième cycle des études de médecine, ouvert notamment aux étudiants ayant validé le deuxième cycle en France ou une formation médicale de base dans un autre État. Il prévoit que ces formations permettent d'acquérir les compétences nécessaires à l'exercice des soins et de la prévention dans différents territoires, et étend l'accueil en stage aux étudiants de deuxième cycle auprès de praticiens agréés maîtres de stage, sans limitation à la médecine générale. Il habilite le Gouvernement à prendre par ordonnance des mesures relatives à l'exercice des professions de médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, infirmier ou masseur-kinésithérapeute. Le texte est dépourvu d'exposé des motifs et l'extrait ne porte que sur ses premiers articles.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 1 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 2 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | 2 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | 3 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 0 | 6 | 0 |
| La République en Marche | 1 | 28 | 1 |
| UDI, Agir et Indépendants | 3 | 0 | 0 |
| Les Républicains | 0 | 1 | 3 |
| Non inscrit | 1 | 0 | 0 |
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1649 en séance (Organisation et transformation du système de santé), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Cet amendement porte sur la question de l’éloignement : il vise à prendre en compte la distance entre l’hôpital et les lieux d’habitation. J’entends bien qu’il ne peut pas y avoir des services de haute technicité – les services de cancérologie, par exemple – dans chaque bassin de vie, mais l’éloignement de certains services comme les maternités fait naître chez nos concitoyens un sentiment d’insécurité. Nous savons tous qu’il faut parfois aller à la maternité très rapidement ; si elle est éloignée, cela devient très difficile. Certains services sont fortement réclamés par la population. »
« C’est le rôle des hôpitaux de proximité que de répondre aux besoins des territoires. Ils offriront les plateaux techniques nécessaires à des consultations avancées. Grâce à la clarification de leurs missions et aux investissements réalisés, ils pourront même attirer de nouveaux médecins. J’essaie de vous faire partager mon optimisme, monsieur Aviragnet ! […] Nous parlons bien d’aménagement du territoire. Vous avez souligné la nécessité d’avoir une maternité près de chez soi, mais encore faut-il être certain qu’elle assure des soins de qualité en toute sécurité ! »
« Nous aurons l’occasion de parler des maternités lors de l’examen d’autres amendements, mais je tiens à rassurer M. Aviragnet : le fait de revitaliser ces hôpitaux, de réinvestir, de changer leur mode de financement et de modifier leurs pratiques internes en favorisant et formalisant leurs liens avec la médecine de ville ou des hôpitaux de recours permettra de rendre ces hôpitaux plus attractifs pour les professionnels et de favoriser l’implantation de ces derniers dans les territoires. Aujourd’hui, nous savons que ces hôpitaux ont beaucoup de mal à recruter, qu’un grand nombre d’entre eux fonctionnent avec des intérimaires et qu’ils n’assurent pas un service pérenne sur le territoire. »
« Je vous remercie, madame la présidente, d’avoir prononcé mon nom avec l’accent local, comme je l’entendais lorsque j’étais petit. Il y a longtemps que cela ne m’était plus arrivé ! J’entends parfaitement les arguments de M. le rapporteur et de Mme la ministre. Cependant, nos concitoyens redoutent des déplacements trop longs, et nous devons les rassurer sur ce point. Peut-être peut-on transférer les patients aux urgences par hélicoptère. Il y a encore quelque temps, j’étais maire d’un petit village de 700 habitants et je n’ai jamais vu l’hélico atterrir aussi souvent que ces dernières années ! À chaque fois qu’il atterrissait, on m’appelait. »
« Nous sommes bien conscients des problèmes posés par l’éloignement géographique et de la nécessité d’assurer un service public. C’est ce à quoi s’attelle l’ensemble de ce projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé. Ce texte prévoit le décloisonnement, la mutualisation et la gradation des soins. Qu’est-ce que le service public ? M. Aviragnet a rappelé que chaque personne qui paie ses impôts a le droit d’accéder au service public. Il m’est déjà arrivé d’accoucher, comme pas mal de femmes dans cet hémicycle. »
« Nous adhérons à l’amendement de M. Aviragnet et à son approche pragmatique de l’accès aux soins dans les territoires. J’en reviens à la disparité des situations sanitaires, que j’ai déjà évoquée : si nous n’adoptons pas une approche pragmatique, nous ne réglerons pas le problème qui, comme l’a dit M. Aviragnet, n’est pas administratif. Bien sûr, monsieur le rapporteur, on peut comprendre qu’il n’est pas possible d’offrir l’ensemble des services chirurgicaux partout en France, mais nous devons nous assurer que chaque territoire dispose d’un minimum de services publics, notamment de services sanitaires, pour faire face à ses besoins. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Organisation et transformation du système de santé), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« Nous poursuivons ce matin un débat important pour nos territoires et nos concitoyens. Vous nous avez donné hier, madame la ministre, votre vision de l’organisation territoriale : nous sommes tous attachés à cette organisation, car elle vise à garantir, conformément aux attentes de la population, sur… »
« Les hôpitaux de proximité ont vocation à assurer le maillage territorial en services de santé et à améliorer l’accès aux soins grâce à leur inclusion dans les filières territoriales. »
« Les hôpitaux de proximité sont au cœur de la réforme, car ils sont les acteurs de coopération avec les autres secteurs du système de santé, en particulier le médico-social. Ils assureront les soins de premier secours, la médecine, des soins de suite et de réadaptation. »
« Le Gouvernement a déjà donné une définition des hôpitaux de proximité dans l’amendement défendu en commission, qui présente des similitudes avec la vôtre, mais aussi des différences. Je préfère la définition retenue en commission, laquelle a repoussé votre amendement. Avis défavorable. »
« Vous aviez déjà apporté, hier soir, quelques précisions : toutefois, au-delà des réticences exprimées par M. Grelier et du fait que cette manière d’organiser les choses puisse parfois conduire à enfermer les établissements dans des cases, sans tenir totalement compte des nécessités, vous ouvrez surt… »
« 42 kilomètres : or l’éloignement des services publics de santé est, pour nos concitoyens, une cause d’inquiétude majeure, qu’ils expriment souvent. Je serai, pour ma part, favorable à l’amendement que M. »
« Nous adhérons à l’amendement de M. Aviragnet et à son approche pragmatique de l’accès aux soins dans les territoires. J’en reviens à la disparité des situations sanitaires, que j’ai déjà évoquée : si nous n’adoptons pas une approche pragmatique, nous ne réglerons pas le problème qui, comme l’a dit M… »
« Cet amendement vise à prendre en compte la réalité du terrain, afin qu’une femme sur le point d’accoucher, par exemple, n’ait pas une heure ou parfois une heure et demie de route à faire pour rejoindre une maternité. »
« Nous avons eu en commission une discussion sur la possibilité d’autoriser les hôpitaux de proximité à pratiquer des actes de petite chirurgie. Mme la ministre, qui nous avait dit qu’elle reviendrait sur cette question, a tenu ses engagements. »