Amendement n° 14 · ART. PREMIER, déposé par M. Kamardine.
L'essentiel : Cet amendement de M. Kamardine voulait réaffirmer dans la loi que tout Mahorais bénéficie des mêmes droits que les autres citoyens français, y compris l’usage de la devise, de l’hymne et du drapeau national.
Texte exact de l'amendement
Avant l'alinéa 1, insérer l’alinéa suivant : « La République réaffirme le bénéfice garanti à tout Mahorais des droits économiques, sociaux, environnementaux et politiques dont dispose tout citoyen français, notamment les symboles de la France que sont la devise, l’hymne et le drapeau national. »
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Le présent amendement réaffirme symboliquement la pleine appartenance de Mayotte et de ses habitants à la nation française. De cette appartenance découle logiquement le bénéfice, pour tous les Mahorais, des droits des citoyens français. De là, également, découle la légitimité de l’intervention de l’État pour le développement du territoire et en faveur du rattrapage économique. Il existe un autre sujet, plus juridique, qui est cher au cœur des Mahorais : la garantie des droits qui leur sont alloués par la Constitution. Selon son article 2, alinéas 2 et 3, « l’emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge » et « l’hymne national est La Marseillaise ». Or, dans le cadre des Jeux des îles de l’océan Indien, les prétentions de l’Union des Comores sur le territoire mahorais ont conduit à une décision particulièrement vexatoire à l’encontre des athlètes mahorais : la Charte des Jeux leur interdit d’arborer « aucun symbole de l’État français ». Cette négation de la nationalité française des habitants de Mayotte conduit à des solutions toutes plus condamnables les unes que les autres, qu’il s’agisse de leur faire employer le drapeau des Jeux à la manière de l’équipe olympique soviétique après la chute de l’URSS, ou à les amalgamer à la délégation réunionnaise sous l’étiquette dépourvue de sens de « France de l’océan Indien ». En 2015, lors de la dernière édition des Jeu…
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 30 avril 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 20 juin 2019 1re lecture Assemblée Rejeté
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Ce texte de loi vise à améliorer les infrastructures de transport et d’interconnexion à Mayotte, à promouvoir l’égalité sociale et à garantir la libre administration des collectivités territoriales. Il approuve un programme de développement des infrastructures, de préservation de l’environnement et de déploiement d’équipements sportifs sur la période 2020 à 2029. Il prévoit également la mise en place de rapports annuels sur l’application de la loi et l’extension de certains dispositifs sociaux et juridiques à Mayotte. Enfin, il adapte certaines dispositions légales pour aligner Mayotte sur les normes nationales en matière de sécurité sociale et de retraite.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 0 | 0 | 1 |
| Gauche démocrate et républicaine | 2 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | 1 | 0 | 1 |
| Libertés et Territoires | 1 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 0 | 2 | 0 |
| La République en Marche | 0 | 23 | 0 |
| UDI et Indépendants | 2 | 0 | 0 |
| Les Républicains | 9 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 2 | 0 | 0 |
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 14 en séance (Rattrapage et développement durable de Mayotte), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Il est relativement simple. Je le lis, pour que chacun s’en imprègne : « La République réaffirme le bénéfice garanti à tout Mahorais des droits économiques, sociaux, environnementaux et politiques dont dispose tout citoyen français, notamment les symboles de la France que sont la devise, l’hymne et le drapeau national. » Lors de certains jeux internationaux auxquels ils participent, nos jeunes n’ont pas le droit de hisser le drapeau ni de chanter l’hymne national, ce qui les frustre, au plus profond d’eux-mêmes, dans leur fierté d’être français. […] La commission est défavorable à l’amendement, mais j’y suis favorable. »
« L’appartenance de Mayotte à la France ne fait aucun doute. Mayotte est citée, de même que toutes les autres collectivités ultramarines, à l’article 72-3 de la Constitution, ce qui garantit aux Mahorais les mêmes droits qu’à tous les autres citoyens – nous venons d’en débattre. Concernant les Jeux des îles de l’océan Indien, il ne peut y avoir deux délégations françaises ; il n’y en a qu’une, composée de Réunionnais et de Mahorais. Cela s’est toujours passé de la sorte et c’est ainsi que je le conçois, les deux territoires défilant ensemble derrière le drapeau tricolore. »
« Madame la ministre, répondre à M. Kamardine que Mayotte fait partie de la République est digne de La Palice, mais ce qu’il demande est un peu différent. Selon lui, il serait intéressant que Mayotte puisse s’exprimer librement dans le cadre de ces Jeux, d’une façon distincte de La Réunion, ce qui me semble assez légitime, et surtout, si j’ai bien compris, qu’elle puisse être représentée par un drapeau en tant qu’entité régionale dans les manifestations sportives, ce qui n’est pas du tout interdit par la Constitution. »
« Même si l’amendement peut paraître superfétatoire, je considère cette proposition comme un cri du cœur d’un élu des outre-mer qui se demande parfois si son territoire fait vraiment partie de la République. Sachez, chers collègues, que c’est une question que nous nous posons régulièrement lorsque nous constatons qu’aucune réponse n’est apportée aux demandes que nous formulons. Notre collègue Letchimy le rappelait, cela fait soixante-treize ans que nous sommes supposés être des départements, et pourtant, les lois ne s’appliquent pas chez nous comme dans les autres départements. »
« Je voudrais vous faire part de mon étonnement, madame la ministre. Je ne pense pas vous insulter en vous rappelant que vous serviez déjà la République en tant que secrétaire d’État en 2015 – chargée de la coopération, vous deviez porter notre parole dans le monde –, année où les jeux qui vont se dérouler à Maurice cette année s’étaient déroulés à La Réunion. Or voici ce que disait Patrick Kanner, qui était alors le ministre chargé des sports dans le même Gouvernement : « Le drapeau de Mayotte, c’est le drapeau français. »
« Je ne me rappelle pas les propos de M. Kanner, qui était effectivement mon collègue à l’époque, mais je me rappelle bien comment les choses se sont passées, puisque j’étais aux affaires étrangères. Mais ce n’est pas le débat. Les choses sont très simples. Soit il s’agit de compétitions provinciales, comme il y en a souvent dans les bassins maritimes ; dans ce cas, La Réunion et Mayotte y participent chacune de son côté, comme le feraient la Martinique et la Guadeloupe dans le cadre de compétitions caribéennes. Soit il s’agit d’une compétition internationale, comme c’est le cas ici ; chaque pays est alors représenté par une seule délégation, et cela vaut donc aussi pour la France. »
1 autre prise de parole a suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Rattrapage et développement durable de Mayotte), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« Mayotte est pleinement inscrite dans notre République : territoire français depuis 1843, elle accède au statut de département en 2011 à la suite d’un référendum au résultat sans ambiguïté. »
« La proposition de loi relative à la programmation du rattrapage et au développement durable de Mayotte vise à lutter contre les retards d’équipement et contre les retards constatés dans la mise en œuvre des droits sociaux dans ce département, et de faire de celui-ci un territoire zéro carbone, objec… »
« Nous sommes réunis pour étudier la proposition de loi de notre collègue mahorais visant à rattraper le retard que Mayotte a accumulé dans de nombreux domaines : infrastructures, droits sociaux, développement durable et, de façon transversale, fiscalité, économie et dotations. »
« Au cours du premier semestre 2018, un mouvement social d’ampleur a éclaté à Mayotte, entraînant le blocage de l’île. Cette situation a placé Mayotte en état d’urgence et a remis en lumière les difficultés structurelles qui font de ce territoire un des départements les plus pauvres de France. »
« Nous apprécions l’opportunité qui nous est donnée de participer, pour la troisième fois depuis le début de la législature, à un débat sur Mayotte, et il nous semble que, pour la première fois peut-être, le débat sur la situation et l’avenir de ce département peut être positif et constructif. »
« Nous voici réunis pour débattre de la proposition de loi de notre collègue Mansour Kamardine, dont l’examen intervient au moment où Mayotte traverse un grave épisode de violences urbaines. »
« La France des territoires est telle un manteau d’arlequin, belle et forte de ses couleurs, de ses formes, de ses diversités et de ses spécificités. Chaque territoire contribue à la réussite et au rayonnement de la France. »
« Je tiens d’abord à remercier tous les orateurs qui ont pris la parole car ils ont partagé le constat de la situation inextricable et insupportable de souffrance dans laquelle se trouve Mayotte. Ensuite, je voudrais sans tarder apporter des réponses à certaines interrogations. »
« J’ai eu le privilège en 2011, du temps où les députés étaient à peu près traités à égalité, de me rendre à Mayotte, et j’y ai vu le formidable espoir suscité par le projet de départementalisation, soutenu par tous si mes souvenirs sont bons. »