Amendement n° I-2468 · APRÈS ART. 5, déposé par M. Carrez et M. Giraud +1 cosignataire.
L'essentiel : La taxe sur les bureaux en Île-de-France crée une zone « premium » regroupant les arrondissements et communes les plus attractifs de Paris et des Hauts-de-Seine, où le tarif applicable aux bureaux augmente de 20 %.
Texte exact de l'amendement
I. – L’article 231 ter du code général des impôts est ainsi modifié : A. – Le 2° du V est ainsi rédigé : « 2° a. Les locaux et les surfaces de stationnement appartenant aux fondations et aux associations, reconnues d’utilité publique, dans lesquels elles exercent leur activité ; « b. Les locaux spécialement aménagés pour l’archivage administratif et pour l’exercice d’activités de recherche ou à caractère sanitaire, social, éducatif ou culturel ; » ; B. – Le VI est ainsi modifié : 1° Le a du 1 est ainsi modifié : a) Au début du premier alinéa, les mots : « Pour les locaux à usage de bureaux, un tarif distinct au mètre carré est appliqué » sont remplacés par les mots : « Des tarifs distincts au mètre carré sont appliqués » ; b) Après le mot : « circonscription : », la fin du 1° est ainsi rédigée : « 1 er , 2 e , 7 e , 8 e , 9 e , 10 e , 15 e , 16 e et 17 e arrondissements de Paris et les communes de Boulogne-Billancourt, Courbevoie, Issy-les-Moulineaux, Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine et Puteaux ; » ; c) Après le 1° , il est inséré un 1° bis ainsi rédigé : « 1° bis Deuxième circonscription : les arrondissements de Paris et les communes du département des Hauts-de-Seine autres que ceux mentionnés au 1° ; » ; d) Au début du 2° , le mot : « Deuxième » est remplacé par le mot : « Troisième » ; e) Au début du 3° , le mot : « Troisième » est remplacé par le mot : « Quatrième » ; f…
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Le présent amendement propose d’aménager la taxe sur les bureaux s’appliquant en Ile-de-France. Ainsi, il est proposé la création d’une zone « premium » ciblée sur les communes et arrondissements de Paris les plus attractifs de la zone 1 au sein de laquelle interviendrait une augmentation du tarif de 20 % de la taxe pour les seuls bureaux. Cette zone « premium » est constituée par les 1 er , 2e, 7e, 8e, 9e, 10e, 15e, 16e et 17e arrondissements de Paris et les communes de Boulogne-Billancourt, Courbevoie, Issy-les-Moulineaux, Levallois-Perret, Neuilly-sur-Seine et Puteaux.
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 27 septembre 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 19 novembre 2019 1re lecture Assemblée Adopté
- 10 décembre 2019 1re lecture Sénat Modifié
- 11 décembre 2019 Commission mixte paritaire Accord
- 17 décembre 2019 Nouvelle lecture Assemblée Adopté
- 18 décembre 2019 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
- 19 décembre 2019 Lecture définitive Assemblée Adopté
- 27 décembre 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 28 décembre 2019 Promulgation loi n° 2019-1479
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le texte autorise la perception, pendant l'année 2020, des ressources de l'État et des impositions de toute nature affectées à d'autres personnes morales. Il baisse l'impôt sur le revenu à compter des revenus de l'année 2020, anticipe cette baisse dans le calcul des taux de prélèvement à la source et indexe le barème applicable aux revenus de 2019. Il supprime la taxe d'habitation sur les résidences principales et réforme le financement des collectivités territoriales. Il place le crédit d'impôt pour la transition énergétique sous condition de ressources avant sa suppression en 2021 et son remplacement par une prime pour les ménages modestes, et abaisse le taux de taxe sur la valeur ajoutée applicable à certains logements locatifs sociaux. Il prévoit aussi la domiciliation fiscale en France des dirigeants des grandes entreprises françaises, la suppression de taxes à faible rendement et la limitation dans le temps de certaines dépenses fiscales.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 2 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 1 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | 2 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | 1 | 2 | 1 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 1 | 2 | 1 |
| La République en Marche | 19 | 5 | 5 |
| UDI, Agir et Indépendants | 0 | 2 | 0 |
| Les Républicains | 0 | 7 | 0 |
| Non inscrit | 0 | 0 | 0 |
Mises au point de vote 1
Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.
- Dominique David LREM Vote enregistré Contre Position déclarée voter pour
Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 2468 en séance (Projet de loi de finances pour), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Cet amendement de M. Gilles Carrez, adopté en commission, tend à aménager la taxe sur les bureaux en Île-de-France en créant une zone tarifaire majorée, la zone premium, ou zone 1, pour laquelle interviendrait une augmentation de tarif de 20 %. »
« En tant que députée de Paris, je tiens à exprimer, ce qui m’arrive assez rarement, ma relative incompréhension face à cet amendement. […] L’an dernier déjà, le précédent projet de loi de finances instaurait une hausse de 10 % et le Gouvernement s’était engagé à ce qu’il n’y ait pas de nouvelle hausse de ce type. Les entreprises franciliennes et parisiennes ont été assez difficilement informées de ce qui se joue au sein de la Société du Grand Paris et des études qu’elle mène, ce qui suscite de leur part une certaine lassitude – pour ne pas dire plus – devant l’instabilité fiscale. »
« Je veux moi aussi, au nom du groupe Les Républicains, exprimer notre incompréhension et m’élever contre cet amendement qui crée une zone premium, selon un découpage ad hoc pour le moins surprenant. […] Ce n’est vraiment pas, en effet, une zone de grands privilèges, à moins que c’en soit un que d’être surtaxé et de voir augmenter année après année, dans des proportions impressionnantes, les taxes sur les bureaux. N’y a-t-il d’ailleurs pas là une rupture d’égalité et un risque d’inconstitutionnalité ? […] Nous ressentons, pour le moins, de la gêne devant ce recours systématique à l’augmentation des impôts, que le Gouvernement et vous-même, monsieur le rapporteur général, semblez privilégier. »
« J’avais voté la modification du règlement, mais je n’avais pas encore pu en expérimenter toutes les subtilités. On apprend en faisant… et en marchant ! Ma collègue Laurianne Rossi s’associe à cette intervention. L’amendement de MM. Giraud et Carrez – absent ce matin –, qui n’est pas très explicite, est arrivé à la suite de la mission Carrez relative au refinancement de la Société du Grand Paris, donc du Grand Paris Express. Sur la forme, une concertation a certes eu lieu, malheureusement non sans quelques trous et oublis. Ainsi l’établissement public Paris La Défense, auquel ont été confiés en 2018 la gestion et l’aménagement du quartier d’affaires du même nom, n’y a-t-il pas été associé. »
« Tout d’abord, on ne peut discuter de cet amendement sans avoir à l’esprit l’évolution de l’Île-de-France. Depuis au moins vingt ans, on verse des larmes de crocodile pour s’inquiéter de la construction d’une métropole de plus en plus ségréguée, sur le plan social mais aussi sur celui des activités économiques. Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’intérieur, fut le premier à tirer la sonnette d’alarme en parlant d’un risque d’apartheid urbain en Île-de-France. »
« Je partage l’avis de M. Peu selon lequel il faut que ceux qui peuvent payer paient. Ce n’est pas forcément le fond de cet amendement qui me gêne, mais sa forme. Nous avons déjà souvent évoqué ce sujet pendant trois ans ou quatre ans – M. Carrez est en charge de ce marronnier. Chaque année, nous nous y attelons, et chaque année, ça bloque. Le problème, c’est que la SGP n’étant pas complètement financée, un amendement nous est proposé chaque année pour ajouter un peu de l’argent qui manque. Nous ne savons pas où nous allons. Le Gouvernement nous dit que, puisqu’il manquera toujours de l’argent, les gares ne seront pas construites. »
12 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.