Amendement n° II-414 · ART. 38, déposé par Mme Pires Beaune SOC +28 cosignataires.
L'essentiel : La suppression de 1 500 emplois prévue en 2020 à la direction générale des finances publiques aurait été annulée, grâce à un redéploiement de 65 millions d’euros de crédits.
Texte exact de l'amendement
Amendement de crédits. Mouvements par programme : Gestion fiscale et financière de l'État et du secteur public local : +65 000 000 € ; Conduite et pilotage des politiques économiques et financières : -65 000 000 €. Solde net pour la mission : 0 €.
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Cet amendement de crédits du groupe Socialistes et apparentés vise à revenir sur la suppression de 1 500 équivalents temps plein (ETP) en 2020 au sein de la direction générale des finances publiques (DGFiP). Pour rappel, la DGFiP est l’une des administrations qui a le plus subi de suppressions de postes ces dix dernières années. Cette tendance s’est confirmée depuis 2017. Près de 2 300 ETP ont été supprimés en 2018 et 2 130 en 2019. Pour l’année 2020, le Gouvernement prévoit un schéma d’emplois qui se traduira par une baisse de 1 500 ETP. Cette baisse des effectifs s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’implantation territoriale de la DGFiP. Cette réforme est censée renforcer la présence territoriale des services de la DGFiP. En réalité, elle démantèle cette présence tout en faisant supporter de manière croissante aux collectivités une partie de son coût. Cet amendement vise donc à financer la création de 1 500 ETP au sein de la DGFiP. Afin de rendre recevable cet amendement de crédits, il procède à : une diminution de 65 millions d'euros des autorisations d'engagement et des crédits de paiement de l'action 7 « Pilotage des finances publiques et projets interministériels » du programme 218 « Conduite et pilotage des politiques économiques et financières » ; une augmentation : de 16,25 millions d'euros des autorisations d'engagement et des crédits de paiement de l'action 1…
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 27 septembre 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 19 novembre 2019 1re lecture Assemblée Adopté
- 10 décembre 2019 1re lecture Sénat Modifié
- 11 décembre 2019 Commission mixte paritaire Accord
- 17 décembre 2019 Nouvelle lecture Assemblée Adopté
- 18 décembre 2019 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
- 19 décembre 2019 Lecture définitive Assemblée Adopté
- 27 décembre 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 28 décembre 2019 Promulgation loi n° 2019-1479
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le texte autorise la perception, pendant l'année 2020, des ressources de l'État et des impositions de toute nature affectées à d'autres personnes morales. Il baisse l'impôt sur le revenu à compter des revenus de l'année 2020, anticipe cette baisse dans le calcul des taux de prélèvement à la source et indexe le barème applicable aux revenus de 2019. Il supprime la taxe d'habitation sur les résidences principales et réforme le financement des collectivités territoriales. Il place le crédit d'impôt pour la transition énergétique sous condition de ressources avant sa suppression en 2021 et son remplacement par une prime pour les ménages modestes, et abaisse le taux de taxe sur la valeur ajoutée applicable à certains logements locatifs sociaux. Il prévoit aussi la domiciliation fiscale en France des dirigeants des grandes entreprises françaises, la suppression de taxes à faible rendement et la limitation dans le temps de certaines dépenses fiscales.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 1 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 2 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | 2 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | 1 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 0 | 3 | 0 |
| La République en Marche | 0 | 29 | 0 |
| UDI, Agir et Indépendants | 0 | 2 | 0 |
| Les Républicains | 0 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 0 | 0 | 0 |
Mises au point de vote 2
Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.
- Marietta Karamanli SOC Vote enregistré Pour Position déclarée ne pas prendre part au vote
Une autre mise au point émane de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.
- Jean-Louis Bricout NG Vote enregistré aucun Position déclarée voter pour
Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 414 en séance (Projet de loi de finances pour), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Cet amendement à 65 millions d’euros vise à revenir sur la suppression de 1 500 ETP prévue en 2020 à la DGFIP, et qui est le signe de la réforme du réseau de la DGFIP. On peut comprendre que le prélèvement à la source, la suppression de la taxe d’habitation et la déclaration en ligne fassent diminuer les besoins en services. La carte nouvelle d’implantation des services de la DGFIP dans nos territoires, encore en cours de négociation, revient en conséquence à rayer nos trésoreries de la carte et à les remplacer par un regroupement des différents services en quelques points dans chaque département. Mais qu’en est-il du service rendu à l’usager, notamment aux particuliers ? »
« Les amendements n os 383 et 414 proposent de revenir sur la baisse du nombre d’agents publics que traduit celle des crédits du programme 156. Avis défavorable, pour une raison simple : loin de mener une politique du rabot, il s’agit d’adapter les crédits et les effectifs de la DGFIP afin de réagir à l’évolution de ses usages et des missions de ses agents. La DGFIP offre le bel exemple d’une administration qui a su se transformer au fil des ans, ce dont je félicite ses agents. Cette transformation se poursuit aujourd’hui, par des mesures que vous connaissez tous. »
« Je crois que les propos excessifs tenus par M. Bricout, peut-être à cause de l’heure tardive, ont dépassé sa pensée. J’ai compris qu’il n’aimait pas les buralistes, c’est son droit le plus élémentaire. Mais cela fait deux fois que vous attaquez les buralistes en séance publique, monsieur le député – la première fois dans une question au Gouvernement, la seconde aujourd’hui. Moi, je leur fais confiance, ce sont des préposés de l’administration ; il ne faut pas les attaquer comme vous le faites. […] Si, et c’est scandaleux – nous aurons sans doute l’occasion d’en reparler. Ces personnes exercent un métier noble et nous leur confions des tâches administratives depuis très longtemps. »
« Vous me préférez peut-être à M. Bricout, monsieur le ministre, mais votre réponse me semble un peu démagogique. On peut se permettre de penser que les collecteurs d’impôts doivent rester des fonctionnaires, avec les particularités évidentes que cela implique, sans pour autant critiquer le boulot de buraliste. (En réponse, M. le ministre désigne M. Jean-Louis Bricout, qui proteste.) Ce sont deux professions différentes. La collecte de l’impôt est une mission régalienne de l’État et un élément structurant pour notre pays, car ce sont les recettes fiscales qui nous donnent les moyens d’agir. »
« La collecte de l’impôt est effectivement structurante dans une société comme la nôtre. Toutefois, si la réduction ancienne et continue des effectifs de la DGFIP était un facteur de baisse de qualité dans le recouvrement de l’impôt, cela se saurait ! Le prélèvement à la source va même améliorer le taux de recouvrement de l’impôt sur le revenu, qui est passé de 97,5 % à 98,5 % et dont nous escomptons qu’il atteigne 99 %. […] Par ailleurs, votre argument trouve ses limites dans le fait que les buralistes collectent déjà l’impôt aujourd’hui ; les timbres fiscaux n’en sont qu’un exemple. »
« Monsieur le ministre, j’ai dit que l’on pouvait comprendre que la DGFIP se réforme en raison de l’évolution ou de la disparition de certains de ses services. Dans ce contexte, il est tout à fait normal que l’on en repense l’implantation dans les territoires, ainsi que la façon dont le service y est rendu. Quant aux buralistes, je n’ai tenu aucun propos particulier à leur sujet. […] Je dirai simplement, comme M. Coquerel, que la relation à un agent public n’est pas tout à fait la même que la relation à un buraliste. […] Il n’y a là rien d’étrange ni qui soit hostile aux buralistes. »