Amendement n° II-1219 · ART. 38, déposé par Mme Ramassamy +9 cosignataires.
L'essentiel : Le logement outre-mer aurait reçu 10 millions d’euros supplémentaires, l’auteure dénonçant la baisse des crédits d’accession à la propriété, de logement social et de lutte contre l’habitat indigne prévue par le budget.
Texte exact de l'amendement
Amendement de crédits. Mouvements par programme : Emploi outre-mer : -10 000 000 € ; Conditions de vie outre-mer : +10 000 000 €. Solde net pour la mission : 0 €.
Exposé des motifs de l'auteur·rice
L’actuel projet de loi de finances fait l’impasse sur un problème majeur pour les Outre-mer : le logement. Une LBU moins dotée, une baisse des crédits liés à l’accession à la propriété, au logement social et ceux dédiés à la lutte contre l’habitat insalubre et indigne. Sans oublier, la suppression des AL accession. Cet amendement augmente les crédits de l’action 1 Logement du programme 123 Conditions de vie outre-mer de 10 millions d’euros en autorisations d’engagement et en crédits de paiement. Cette diminution est supportée par les crédits de l’action 1 de Soutien aux entreprises du programme 138 « Emploi Outre-mer ».
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 27 septembre 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 19 novembre 2019 1re lecture Assemblée Adopté
- 10 décembre 2019 1re lecture Sénat Modifié
- 11 décembre 2019 Commission mixte paritaire Accord
- 17 décembre 2019 Nouvelle lecture Assemblée Adopté
- 18 décembre 2019 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
- 19 décembre 2019 Lecture définitive Assemblée Adopté
- 27 décembre 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 28 décembre 2019 Promulgation loi n° 2019-1479
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le texte autorise la perception, pendant l'année 2020, des ressources de l'État et des impositions de toute nature affectées à d'autres personnes morales. Il baisse l'impôt sur le revenu à compter des revenus de l'année 2020, anticipe cette baisse dans le calcul des taux de prélèvement à la source et indexe le barème applicable aux revenus de 2019. Il supprime la taxe d'habitation sur les résidences principales et réforme le financement des collectivités territoriales. Il place le crédit d'impôt pour la transition énergétique sous condition de ressources avant sa suppression en 2021 et son remplacement par une prime pour les ménages modestes, et abaisse le taux de taxe sur la valeur ajoutée applicable à certains logements locatifs sociaux. Il prévoit aussi la domiciliation fiscale en France des dirigeants des grandes entreprises françaises, la suppression de taxes à faible rendement et la limitation dans le temps de certaines dépenses fiscales.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 1 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 3 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | 4 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | 2 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 1 | 1 | 0 |
| La République en Marche | 0 | 53 | 0 |
| UDI, Agir et Indépendants | 2 | 0 | 1 |
| Les Républicains | 11 | 0 | 1 |
| Non inscrit | 0 | 1 | 0 |
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1219 en séance (Projet de loi de finances pour), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« En mars 2018, lors de sa visite d’État en Inde, j’avais demandé au président Macron de rétablir l’allocation logement accession. Il s’y était engagé, et je salue le fait qu’il honore cet engagement, comme il l’a annoncé lors de son récent déplacement à La Réunion. Toutefois, le projet de loi de finances ne remédie pas au problème du logement dans les outre-mer. La LBU est moins dotée qu’auparavant ; les crédits consacrés à l’accession à la propriété, au logement social et à la lutte contre l’habitat insalubre et indigne sont également en baisse, alors que l’on estime que celui-ci concerne plus de 100 000 logements dans les territoires ultramarins, sans compter l’habitat spontané. »
« Chère collègue Ramassamy, je vous dois la vérité,… […] …ainsi qu’à nos collègues Letchimy et Kamardine : il y a toujours eu sous-consommation budgétaire outre-mer, mais pas partout. […] L’année dernière, certains territoires, tels que la Polynésie ou la Nouvelle-Calédonie, qui jusqu’ici arrivaient à absorber en cours d’année les crédits non consommés, n’y sont pas parvenus et ce problème de sous-consommation budgétaire a éclaté au grand jour. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, commençons par consommer les crédits qui nous sont proposés avant de vouloir les augmenter. »
« La LBU n’est pas moins dotée comme vous le dites, madame la députée, mais mieux dotée grâce au produit de la vente des participations dans les SIDOM. C’est vrai, nous sommes très en retard dans le domaine du logement à La Réunion. Je peux pourtant vous donner un exemple de sous-consommation des crédits du logement dans ce territoire. Je l’ai déjà cité hier, mais vous n’étiez pas là, et je crois important de le répéter à ceux qui prétendent qu’il n’y a pas de problème de consommation des crédits budgétaires : les 24 millions d’euros d’AE alloués au projet Quadrilatère Océan ont été rendus, l’opération ne pouvant se faire pas en raison d’une défaillance de l’opérateur. »
« Madame la ministre, quand l’allocation logement accession a été supprimée, vous nous aviez dit que 900 dossiers étaient en cours de traitement par les services de l’État. Savez-vous combien il en reste qui ne sont toujours pas traités ? Près de la moitié ! Pourtant, les DREAL et les SEM comptent suffisamment de personnes compétentes, de même que les services d’aménagement des collectivités territoriales. Tous ces gens se voient, il n’y a pas de blocages ; il existe dans ces administrations des bureaux d’étude, des architectes. »
« J’ai l’impression que la question de l’ingénierie est devenue le serpent de mer ou la tarte à la crème de nos débats ! Quand on refuse d’accroître les crédits d’une ligne budgétaire alors que c’est nécessaire, on nous dit que nous ne savons pas les consommer. Il en a été de même s’agissant de l’eau en Guadeloupe : lors d’une fameuse réunion au cours d’une visite ministérielle, on nous a dit que nous ne pouvions pas réparer les tuyaux parce que nous n’avions pas l’ingénierie pour le faire, alors que le nerf de la guerre – qui nous manque –, c’est l’argent. En Guadeloupe, il faut cinq ans, pas moins, pour voir aboutir un dossier de demande d’aide pour l’amélioration de l’habitat. »
« Pour abonder dans le sens de nos collègues, je prendrai l’exemple de la fameuse garantie d’emprunt nécessaire pour les projets de construction ou de rénovation des logements sociaux. Pour qu’un projet soit validé, il faut la délibération du conseil départemental puis du conseil municipal, et d’autres formalités encore. Rien que ces procédures peuvent prendre six mois. Pour ce qui est de l’instruction des dossiers, résoudre les difficultés exige, à un moment donné, de travailler en commun. »
2 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.