Amendement de M. Bazin (LR) · art. 38

62 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 25 voix non atteint. 2 abstentions.
Majoritaire
Participation 9 %

Amendement n° II-1634 · ART. 38, déposé par M. Bazin LR.

L'essentiel : Rétablir l’APL accession, cette aide au remboursement d’emprunt pour les ménages modestes achetant dans les quartiers conventionnés, motivait cet amendement de repli, qui proposait d’y consacrer 10 millions d’euros pris sur les crédits d’urbanisme.

Texte exact de l'amendement

Amendement de crédits. Mouvements par programme : Aide à l'accès au logement : +10 000 000 € ; Urbanisme, territoires et amélioration de l'habitat : -10 000 000 €. Solde net pour la mission : 0 €.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Amendement de repli. La loi de finances pour 2018 a supprimé l’APL accession pour les logements neufs et l’a maintenue temporairement, jusqu’au 31 décembre 2019, uniquement pour les logements anciens situés en zone détendue. Avec une enveloppe de plus de 700 millions d’euros, l’APL accession permet à plus de 450 000 ménages modestes d’acquitter une partie de leur mensualité afin d’acquérir leur logement. Or, depuis l’application de cette mesure, très nombreux sont les projets d’accession qui sont remis en cause en l’absence de cette aide qui permet à ces ménages, répondant à des critères réglementaires, de réaliser leur parcours résidentiel, que ce soit par l’achat ou la construction de leur logement ou par la conclusion d’un contrat de location-accession agréé PSLA. Le versement de l’APL accession est une des conditions de réussite de leur projet d’accession dont le financement est ainsi obtenu et sécurisé grâce à cet apport complémentaire. Cet amendement a pour objet de rétablir l’APL accession pour tout logement, neuf ou ancien, dans les quartiers faisant l’objet d’une convention prévue par l’article 10-3 de la loi n°2003-710 du 1er août 2003 d’orientation et programmation pour la ville et la rénovation urbaine. Il convient ainsi de favoriser une mixité sociale. Il vous est donc proposé de majorer les crédits de paiement et les autorisations d’engagement de l’action 1 du pr…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 27 septembre 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 10 décembre 2019 1re lecture Sénat Modifié
  3. 11 décembre 2019 Commission mixte paritaire Accord
  4. 18 décembre 2019 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 27 décembre 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte autorise la perception, pendant l'année 2020, des ressources de l'État et des impositions de toute nature affectées à d'autres personnes morales. Il baisse l'impôt sur le revenu à compter des revenus de l'année 2020, anticipe cette baisse dans le calcul des taux de prélèvement à la source et indexe le barème applicable aux revenus de 2019. Il supprime la taxe d'habitation sur les résidences principales et réforme le financement des collectivités territoriales. Il place le crédit d'impôt pour la transition énergétique sous condition de ressources avant sa suppression en 2021 et son remplacement par une prime pour les ménages modestes, et abaisse le taux de taxe sur la valeur ajoutée applicable à certains logements locatifs sociaux. Il prévoit aussi la domiciliation fiscale en France des dirigeants des grandes entreprises françaises, la suppression de taxes à faible rendement et la limitation dans le temps de certaines dépenses fiscales.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC19LT46MODEM304LREM28UDI104LR13NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise200
Gauche démocrate et républicaine100
Socialistes et apparentés100
Libertés et Territoires100
Mouvement Démocrate et apparentés300
La République en Marche6312
UDI, Agir et Indépendants000
Les Républicains200
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1634 en séance (Projet de loi de finances pour), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Thibault Bazin LR
« Nous avons demandé qu’il fasse l’objet d’un scrutin public au cas où les précédents seraient rejetés… Cet amendement, de repli, est en effet bien plus timoré par son montant, 10 millions d’euros, contre 50 millions pour mon amendement précédent. Il vise à réserver l’APL accession aux seuls quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ce serait là un message envoyé à ces quartiers quant à la mixité des statuts et à la possibilité d’y accomplir des parcours résidentiels. Mais, très franchement, je préférerais voir adoptés les amendements identiques précédents, auquel cas celui-ci tomberait… »
M. François Jolivet (rapporteur spécial)
« Elle les a tous repoussés ;… […] …de peu, certes, repoussés quand même. […] Oui, bien sûr. […] En 2017, déjà rapporteur spécial sur nos bancs, je n’étais pas le premier partisan de la suppression de l’APL accession, en tout cas sous sa forme d’alors. En 2018, notre assemblée avait repoussé les amendements qui tendaient à la rétablir. Mme la rapporteure pour avis évoquait le rapport de la Cour des comptes. Celle-ci avait observé – et je réponds ici à l’intervention liminaire de M. Bazin – que l’APL accession, selon ses critères de l’époque, se concentrait « sur les quatre premiers déciles de revenu des bénéficiaires d’un PTZ, ce qui écarte les classes moyennes ». »
M. Julien Denormandie (ministre)
« Beaucoup d’explications ont déjà été données, notamment par le rapporteur spécial à l’instant. La loi de finances pour 2018 prévoit l’extinction de l’APL accession pour les prêts signés avant le 1 er janvier 2018. Le recours à ce dispositif, dont nous avions alors débattu, allait d’ailleurs diminuant depuis quelques années. Nous avions choisi d’instaurer une période transitoire jusqu’au 1 er janvier 2020, afin de ne pas remettre en cause les projets immobiliers déjà engagés au moment de la suppression de l’APL accession et de ne pas desservir le projet d’accession au logement des plus modestes en zone détendue. C’était une disposition de la loi de finances pour 2018. »
Mme Sophie Beaudouin-Hubiere LREM
« J’aimerais répondre aux nombreuses interventions de mes collègues, certaines publiques, d’autres non. Nous avons voté en faveur de la suppression de l’APL accession en 2017. Il serait illusoire de penser qu’il n’y aurait pas de difficulté à rétablir le dispositif aujourd’hui, puisque les parlementaires n’ont pas le droit de créer de nouvelles dépenses sans les compenser : la dépense doit être gagée. Seule Mme Pinel a rappelé ce point : créer une dépense de 50 millions d’euros – le coût de l’APL accession – amènerait à supprimer 50 millions de dépenses ailleurs. De plus, sur quoi se fonderait le rétablissement de ce dispositif ? »
M. Jean-Luc Lagleize MODEM
« Le groupe MODEM considère l’APL accession comme un outil indispensable de politique sociale. […] Nous nous étions prononcés en 2017 contre la suppression de ce dispositif, et serons cohérents ce soir, en votant en faveur de son rétablissement. »
M. Thibault Bazin LR
« Monsieur le rapporteur, attention : il n’y a pas que des opérations de rénovation en zone C. Dans ces zones, les opérations du programme action cœur de ville portent parfois sur des îlots très denses, où il faut démolir puis reconstruire sur les friches, afin d’éviter de diminuer les terres agricoles – travail formidable mené avec l’aide d’architectes. Ne simplifions donc pas les choses. Parfois, il est nécessaire de construire du neuf pour permettre aux futurs occupants de bénéficier d’un bâti de haute qualité d’usage – HQU – et attirer ainsi des locataires et des propriétaires. »

1 autre prise de parole a suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue