Amendement de M. Ratenon (FI) · art. 29

78 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 73 voix non atteint. 9 abstentions.
Majoritaire
Participation 27 %

Amendement n° II-627 · ART. 29, déposé par M. Ratenon FI +16 cosignataires.

L'essentiel : Cet amendement proposait d’ajouter 1,2 milliard d’euros au programme « Accès et retour à l’emploi », son auteur entendant s’opposer à la forte baisse du nombre de contrats aidés programmée par le Gouvernement.

Texte exact de l'amendement

Amendement de crédits. Mouvements par programme : Accès et retour à l'emploi : +1 200 000 000 € ; Accompagnement des mutations économiques et développement de l'emploi : -1 200 000 000 €. Solde net pour la mission : 0 €.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Après avoir coupé les financements pour réduire le nombre de contrats aidés qui passeraient de 479 000 en 2016 (ce chiffre prend en compte l’ensemble des contrats aidés ouverts en 2016 et non pas seulement ceux prévus en loi de finances initiale) à seulement 310 000 en 2017, le projet de loi de finances pour 2018 n’en prévoit plus que 200 000. Sur les 200 000 contrats restants, le taux de prise en charge va diminuer de 72,5 % à 50 % et les emplois d’avenir, mis en place par le précédent Gouvernement pour mettre l’accent sur la formation, sont totalement supprimés. Cette politique est dangereuse : des associations, des Ehpad, des collectivités locales, des écoles, des entreprises d’insertion et des entreprises traditionnelles se retrouvent en grande difficulté à cause de la perte de ces emplois. Au-delà de ces structures fragilisées, ce sont des dizaines de milliers de personnes qui se retrouvent sans emploi : le Gouvernement se rend ainsi coupable du plus grand plan social de l’histoire de France. Sa vision idéologique le conduit même à fragiliser la timide reprise de l’emploi observée ces derniers mois. Le Gouvernement justifie son action en affirmant que les contrats aidés ne permettent pas de favoriser l’insertion sur le marché du travail. Mais ce constat est pour le moins excessif voire trompeur. Comme le montre une étude de la DARES de mars 2017, six mois après la fin de…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 27 septembre 2017 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 12 décembre 2017 1re lecture Sénat Modifié
  3. 13 décembre 2017 Commission mixte paritaire Accord
  4. 15 décembre 2017 Nouvelle lecture Assemblée Adopté
  5. 19 décembre 2017 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  6. 21 décembre 2017 Lecture définitive Assemblée Adopté
  7. 28 décembre 2017 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte est le projet de loi de finances pour 2018. Son article 1er autorise la perception, pendant l'année 2018, des ressources de l'État et des impositions de toute nature affectées à d'autres personnes morales, et son article 2 indexe sur l'inflation le barème de l'impôt sur le revenu, en relevant notamment le montant mentionné au second alinéa de l'article 196 B du code général des impôts de 5 738 à 5 795 euros. L'article 3 instaure un dégrèvement de la taxe d'habitation sur la résidence principale et l'article 7 modifie les modalités de calcul et de répartition de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. Plusieurs articles portent sur la taxe sur la valeur ajoutée : aménagement de l'assiette du taux réduit applicable aux services de presse en ligne dans leurs versions numériques, exonération pour certains services à la personne et extension de l'exonération applicable aux psychologues et psychothérapeutes ainsi qu'aux chiropracteurs. L'article 8 proroge et aménage le crédit d'impôt pour la transition énergétique.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM313LREM35LC100LRdivisé18NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise700
Gauche démocrate et républicaine200
Nouvelle Gauche900
Mouvement Démocrate et apparentés0150
La République en Marche0982
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants120
Les Républicains547
Non inscrit100
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Une autre mise au point émane de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 627 en séance (Projet de loi de finances pour), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Jean-Hugues Ratenon FI
« Nous allons poursuivre le débat sur ce sujet, qui est très important. Je vous demanderai, cher collègue, d’écouter l’ex-emploi aidé qui s’adresse à vous ce soir. Après avoir coupé les financements pour réduire le nombre de contrats aidés en 2017, le projet de loi de finances pour 2018 n’en prévoit plus que 200 000. Sur les 200 000 contrats restants, le taux de prise en charge va diminuer de 72,5 % à 50 % et les emplois d’avenir, mis en place par le précédent Gouvernement pour mettre l’accent sur la formation, sont totalement supprimés. »
Mme Marie-Christine Verdier-Jouclas (rapporteure spéciale)
« La diminution du taux de prise en charge, de 72,5 % à 50 % doit être perçue dans le cadre d’une politique économique plus large, qui comprend la transformation du CICE en baisse des cotisations sociales, qui bénéficiera à l’ensemble des associations qui en étaient jusque-là exclues , ainsi que l’application en 2017 du crédit d’impôt sur la taxe sur les salaires, qui bénéficie au secteur non lucratif. Cette baisse du taux de prise en charge permettra aussi de réduire l’effet de substitution que l’on observe parfois, y compris dans les administrations, où l’on préfère attendre un contrat aidé plutôt que de recruter sur un poste. Avis défavorable. »
M. Aurélien Pradié LR
« Madame la ministre, il me semble que vous avez tendance à déporter la temporalité du débat. Il y a quelque chose de curieux dans vos décisions politiques : vous cassez d’abord la machine, avant de réfléchir à la façon dont vous la remplacerez. Ce dont nous vous parlons depuis tout à l’heure, ce n’est pas le fond, la finalité ou l’avenir des contrats aidés, c’est la casse que vous opérez avant même d’avoir trouvé des solutions de substitution. Cette temporalité, que vous n’arrivez pas à percevoir, est invraisemblable ! […] Si vous voulez parler de dignité, pensez à celle que vous faites perdre aux personnes en contrat aidé, pour les mois et les années qui viennent, en cassant le système. »
M. Ugo Bernalicis FI
« Quelqu’un a soulevé le risque d’un effet d’aubaine, au sujet de ces emplois aidés, dans le secteur marchand ou ailleurs, peu importe. […] Cela ne changera rien à mon argumentaire, ne vous inquiétez pas. Il y a bien un effet d’aubaine dans le secteur marchand : le CICE, qui coûte plusieurs milliards d’euros – vingt au bas mot –, mais qui n’a permis de créer ou de sauvegarder que 200 000 emplois, au mieux. Et vous refusez un amendement qui pourrait procurer un emploi à 150 000 personnes pour 1,2 milliard d’euros ! Effet d’aubaine ou pas, peu importe ! Vous vous lancez dans de vagues explications, invoquant des milliards superfétatoires, l’emploi durable, etc. »
M. David Lorion LR
« Vous avez diminué le nombre de contrats aidés de 400 000 à 200 000, mais surtout, vous avez réduit le taux de prise en charge de 76 % à 50 %, ce qui est beaucoup plus dangereux. Vous faites porter une lourde responsabilité aux collectivités qui devront réduire de beaucoup plus que la moitié le nombre d’emplois aidés. En effet, les collectivités ne suivront pas financièrement et les maires devront faire face à la révolte des emplois aidés face à des postes qui existent encore mais ne pourront être pourvus. Madame la ministre, vous allumez la poudrière dans les DOM. D’ici quelques mois, vous devrez revenir au taux de 76 % par la force de la rue, si ce n’est par celle du Parlement. »
M. Jean-Hugues Ratenon FI
« J’ai le droit de m’exprimer ! J’ai été élu démocratiquement, tout comme vous ! Êtes-vous à ce point gênés qu’un ancien emploi aidé s’exprime dans cet hémicycle ? (Mêmes mouvements . ) Madame la ministre, je soutiens les propos de mes collègues de droite : vous enlevez l’échelle avant de construire l’escalier. Vous avez déclaré vous soucier tout particulièrement de l’outre-mer et des personnes handicapées. Or, j’ai rencontré la semaine dernière encore à La Réunion, deux mères de famille. […] On parle de vies humaines, de services rendus à la population : nous devons prendre le temps de nous exprimer ! »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue