Amendement de Mme Pires Beaune et M. Giraud (SOC) · après art. 78

61 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 18 voix non atteint. 1 abstention.
Disputé
Participation 6 %

Amendement n° II-1775 · APRÈS ART. 78, déposé par Mme Pires Beaune et M. Giraud SOC +1 cosignataire.

L'essentiel : Le mode de calcul dérogatoire du potentiel fiscal servant à répartir le fonds de péréquation entre intercommunalités (FPIC) aurait cessé dès 2020 pour les territoires issus d’anciens syndicats d’agglomération nouvelle, selon cet amendement socialiste.

Texte exact de l'amendement

Après l’année : « 2019 », la fin de la première phrase du cinquième alinéa du 5° du I de l’article L. 2336‑2 du code général des collectivités territoriales est supprimée.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement vise à mettre à terme dès l’année 2020 aux modalités de calcul dérogatoires bénéficiant aux ensembles intercommunaux constitués d’une ou plusieurs communautés d’agglomération issues de la transformation d’un syndicat d’agglomération nouvelle (SAN) s’agissant de leur potentiel fiscal agrégé (PFA), qui constitue l’un des critères pris en compte dans le calcul du fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC). Dans sa rédaction actuelle, l’article L. 2336‑2 du code général des collectivités territoriales dispose qu’à titre dérogatoire, le PFA des ensembles intercommunaux constitués d’une ou plusieurs communautés d’agglomération issues de la transformation d’un SAN et de ses communes membres est pondéré, en 2018, par le rapport entre les bases brutes par habitant de cotisation foncière des entreprises des communautés d’agglomération et la somme des bases brutes par habitant de cotisation foncière des entreprises des syndicats d’agglomération nouvelle existant au 1 er janvier 2015 et de ceux d’entre eux qui se sont transformés en communautés d’agglomération avant le 1 er janvier 2015, sous réserve que ce rapport soit inférieur à 1, puis par un coefficient égal à : 60 % en 2019 70 % en 2020 80 % en 2021 et 90 % en 2022. Pour ces ensembles intercommunaux, la pondération s’applique sur la part de leur PFA correspondant au périmètre des…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 27 septembre 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 10 décembre 2019 1re lecture Sénat Modifié
  3. 11 décembre 2019 Commission mixte paritaire Accord
  4. 18 décembre 2019 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 27 décembre 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte autorise la perception, pendant l'année 2020, des ressources de l'État et des impositions de toute nature affectées à d'autres personnes morales. Il baisse l'impôt sur le revenu à compter des revenus de l'année 2020, anticipe cette baisse dans le calcul des taux de prélèvement à la source et indexe le barème applicable aux revenus de 2019. Il supprime la taxe d'habitation sur les résidences principales et réforme le financement des collectivités territoriales. Il place le crédit d'impôt pour la transition énergétique sous condition de ressources avant sa suppression en 2021 et son remplacement par une prime pour les ménages modestes, et abaisse le taux de taxe sur la valeur ajoutée applicable à certains logements locatifs sociaux. Il prévoit aussi la domiciliation fiscale en France des dirigeants des grandes entreprises françaises, la suppression de taxes à faible rendement et la limitation dans le temps de certaines dépenses fiscales.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC19LT46MODEM304LREM28UDI104LR13NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise100
Gauche démocrate et républicaine100
Socialistes et apparentés100
Libertés et Territoires300
Mouvement Démocrate et apparentés010
La République en Marche5210
UDI, Agir et Indépendants100
Les Républicains101
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1775 en séance (Projet de loi de finances pour), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Christine Pires Beaune SOC
« Si je défends cet amendement avec constance, j’ai davantage travaillé sur la question des sept EPCI bénéficiant d’une dérogation. Je vous invite à m’écouter attentivement car la situation que je vais évoquer concerne presque tous les départements et devrait vous faire réfléchir. Il y a quelques années, on a décidé l’application d’une mesure dérogatoire visant à minorer le potentiel fiscal agrégé – PFA – de certains établissements, en l’occurrence sept EPCI issus de la transformation d’un syndicat d’agglomération nouvelle – SAN. »
M. Christophe Jerretie (rapporteur spécial)
« Nous revenons sur un sujet que nous avons évoqué il y a deux ans, si mes souvenirs sont bons. Mme Pires-Beaune et M. Giraud sont constants, en effet, dans leur volonté d’abolir les pondérations – les avantages, même, disons le mot – dont bénéficient les sept communautés d’agglomérations issues de SAN. […] Je préfère le mot « avantages », plus sobre. Si les deux fervents députés que je viens de citer plaidaient pour l’abrogation immédiate de ces avantages, certains souhaitaient une sortie du dispositif en sifflet étalée sur dix ans. J’ai alors proposé – et nous avons adopté – une sortie en quatre ans devant aboutir en 2023. »
Mme Jacqueline Gourault (ministre)
« Sur le fond, nous vous entendons, madame Pires-Beaune, et votre point de vue est tellement justifié que, comme vient de le rappeler le rapporteur spécial, la loi de finances initiale pour 2018 a instauré un mécanisme de sortie de ce régime dérogatoire, le coefficient de pondération passant de 0,7 en 2020, à 0,8 en 2021 et 0,9 en 2022. […] Plutôt qu’une sortie en sifflet du dispositif, vous proposez une sortie immédiate. Or nous devons veiller attentivement à l’équilibre entre la nécessité d’un retour au droit commun, la soutenabilité budgétaire et la visibilité du dispositif pour les territoires concernés. »
M. François Pupponi NG
« Je vais prendre à mon tour un exemple : dans un établissement public territorial du Grand Paris, deux communes, Clichy-sous-Bois et Montfermeil, touchaient 500 000 euros du FPIC et les communes d’à-côté payaient, elles, 8 millions d’euros au titre du même FPIC. On a associé ces communes : les plus riches ne contribuent plus au FPIC alors que celles de Clichy-sous-Bois et de Montfermeil continuent de toucher 500 000 euros. Donc les communes riches ont économisé 8 millions d’euros par an ! On ne leur demande pas de payer plus, mais qu’elles contribuent un minimum ! On peut rectifier ce genre d’anomalies, d’injustices insupportables. »
M. Joël Giraud (rapporteur général)
« Je soutiens l’amendement de Mme Pires-Beaune – je suis en effet assez constant, moi aussi, sur le sujet. M. Pupponi vient de donner l’exemple de communes pauvres de la région Île-de-France, qui, en fin de compte, sont mises à contribution au profit de communes beaucoup plus riches. Nous sommes confrontés à la même situation dans tous les territoires ruraux. Mon département, de montagne à 100 %, compte des petites intercommunalités dont certaines sont prélevées au titre du FPIC tandis que la métropole d’Aix-Marseille-Provence perçoit, toujours au titre du FPIC, 45 millions d’euros. Il faut corriger ces déséquilibres et nous en avons les moyens. »
Mme Nadia Hai LREM
« Je ne comptais pas prendre la parole sur cet amendement, mais je suis obligée de le faire puisqu’il est question de la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines qui constitue une grosse partie de ma circonscription. Je partage entièrement l’avis du rapporteur spécial et de Mme la ministre. Nous ne pouvons pas, sous prétexte que d’autres communes estiment être plus pauvres, asphyxier ces communes en mettant un terme au compromis inventé pour leur permettre une sortie progressive d’un dispositif dérogatoire. Vous dites que ne sont visées que les communautés d’agglomération qui regroupent des communes riches, mais est-ce que Trappes est une commune riche ? »

2 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue