Amendement de M. Vallaud (NG) · art. 6

82 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 23 voix non atteint.
Majoritaire
Participation 8 %

Amendement n° 208 · ART. 6, déposé par M. Vallaud NG +30 cosignataires.

L'essentiel : M. Vallaud proposait d’abroger l’article du code du travail consacré au contrat de chantier, jugé dans l’exposé plus précaire qu’un CDD faute de terme connu et d’indemnité de précarité.

Texte exact de l'amendement

Après l’alinéa 2, insérer l'alinéa suivant : « 1° bis l’article L. 1223‑8 est abrogé. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

L’article élargit le champ d’application du contrat de chantier. Ce contrat est facteur de plus de précarité qu’un contrat à durée déterminée (CDD) puisque son terme n’est pas connu et qu’il ne donne pas lieu au versement d’une indemnité de précarité. Je rappelle qu’un tiers des CDD européens de moins d’un mois sont conclus en France. Ce n’est pas la création d’un énième contrat précaire qui mettra fin à la spirale de la précarité contractuelle que connaît le marché du travail et que vous n’affrontez pas. Nous demandons donc la suppression de l’article.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 27 septembre 2017 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 24 janvier 2018 1re lecture Sénat Modifié
  3. 1er février 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 6 février 2018 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 14 février 2018 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 21 mars 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte ratifie les ordonnances prises sur le fondement de la loi d'habilitation du 15 septembre 2017, à commencer par l'ordonnance n° 2017-1385 du 22 septembre 2017 relative au renforcement de la négociation collective et l'ordonnance n° 2017-1386 du même jour relative à la nouvelle organisation du dialogue social et économique dans l'entreprise. L'exposé des motifs rappelle le champ de cette habilitation : donner une place centrale à la négociation collective, notamment d'entreprise, favoriser les conditions de sa mise en œuvre et son développement, réorganiser le dialogue social dans l'entreprise et faciliter l'implantation syndicale, renforcer la prévisibilité de la relation de travail et des effets de sa rupture, et modifier les règles de prise en compte de la pénibilité au travail. L'énumération des ordonnances ratifiées se poursuit au-delà de l'extrait disponible.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM312LREM35LC100LR18NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise300
Gauche démocrate et républicaine200
Nouvelle Gauche200
Mouvement Démocrate et apparentés010
La République en Marche0300
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants010
Les Républicains040
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 208 en séance (Renforcement du dialogue social), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Jean-Louis Bricout NG
« L’article L. 1223-8 élargit le champ d’application du contrat de chantier. Ce contrat est facteur de plus de précarité qu’un contrat à durée déterminée – cela a été rappelé par mon collègue Boris Vallaud –, puisque son terme n’est pas connu et qu’il ne donne pas lieu au versement d’une indemnité de précarité. Je rappelle que la France est championne des CDD puisqu’un tiers des CDD européens de moins d’un mois sont conclus en France. Ce n’est pas la création d’un énième contrat précaire qui mettra fin à la spirale de la précarité contractuelle que connaît le marché du travail et que vous n’affrontez pas. La seule situation de précarité que vous avez supprimée, ce sont les contrats aidés. »
M. Laurent Pietraszewski (rapporteur)
« Mon intervention sera brève puisque nous avons déjà eu ce débat tout à l’heure – même si je reconnais une qualité à votre amendement, cher collège : sa créativité légistique, puisque vous avez réécrit autrement ce qui avait été écrit précédemment par un autre groupe. Cela étant, votre amendement poursuit exactement le même objectif, et je ferai donc exactement la même réponse ; nous ne sommes pas d’accord sur ce sujet. »
Mme Muriel Pénicaud (ministre)
« Défavorable également. Je souhaite en profiter pour revenir sur certains des points évoqués. Tout d’abord, l’entreprise ne peut pas décider seule de signer des contrats de chantier : ce n’est possible que s’il y a un accord de branche. Cela concernera non pas la boulangerie ou le commerce de détail, mais les grands projets pluriannuels : voilà de quoi il s’agit. […] Et voilà, rebelote ! Pour ma part, je fais confiance aux partenaires sociaux. Imaginez-vous des organisations syndicales signer des contrats de chantier pour emballer des cadeaux de Noël ? C’est ridicule ! […] Seuls quelques secteurs sont concernés, comme la construction navale ou l’industrie cinématographique, dans lesquels on n… »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 7 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Renforcement du dialogue social), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jean-Paul Lecoq GDR
« Cet amendement concerne les transferts conventionnels de contrats de travail par lesquels, dans le cadre de marchés publics ou de délégations de service public, le personnel est maintenu lors de l’arrivée de nouveaux gestionnaires. L’article L. »
M. Adrien Quatennens FI
« C’est souvent quand ils ont réussi à instaurer un rapport de forces qui leur est favorable que les salariés parviennent à obtenir des avancées, notamment en matière de rémunération. »
M. Laurent Pietraszewski (rapporteur de la commission des affaires sociales)
« Avis défavorable. En invoquant le principe : « à travail égal, salaire égal » M. Lecoq reprend à son compte une inquiétude exprimée en commission par Pierre Dharréville. »
M. Boris Vallaud NG
« Nous proposons d’améliorer l’indemnité allouée aux salariés en cas de non-respect par l’employeur de ses obligations relatives à la protection de la grossesse et de la maternité : celle-ci ne pourrait être inférieure aux salaires des douze derniers mois. »
Mme Danièle Obono FI
« L’amendement vise à revenir sur les dispositions introduites par l’ordonnance du 22 septembre, que nous jugeons dangereuses, relatives au périmètre de reclassement obligatoire du salarié au sein de l’entreprise ou des entreprises du groupe – à entendre dans sa définition restreinte de groupe capital… »
M. Bruno Bilde NI
« Si vous le permettez, monsieur le président, je défendrai en même temps l’amendement n o 111. Les deux amendements concernent les obligations de l’employeur en matière de reclassement pour inaptitude de certains salariés. »
M. Gérard Cherpion LR
« On se trouve là dans le cas de licenciements sans cause réelle et sérieuse : ce sont les seuls qui sont concernés par la barémisation. Tout le monde ici est très attaché à l’égalité et à l’équité des décisions de justice – c’est évident. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue