Amendement de M. Dharréville · art. 6

79 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 29 voix non atteint. 1 abstention.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 10 %

Amendement n° 343 · ART. 6, déposé par M. Dharréville +15 cosignataires.

L'essentiel : En repli, M. Dharréville proposait d’apprécier au niveau européen, et non plus national, les difficultés économiques d’une entreprise appartenant à un groupe, afin selon lui d’éviter des difficultés créées artificiellement.

Texte exact de l'amendement

Après l’alinéa 4, insérer l’alinéa suivant : « 2° bis Au douzième alinéa de l’article L. 1233‑3, le mot : « national » est remplacé par le mot « européen ». »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Amendement de repli. Afin d’éviter des pratiques de création artificielle de difficultés économiques au sein des multinationales, le présent amendement vise à apprécier les difficultés économiques au niveau européen lorsque l’entreprise appartient à un groupe.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 27 septembre 2017 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 24 janvier 2018 1re lecture Sénat Modifié
  3. 1er février 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 6 février 2018 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 14 février 2018 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 21 mars 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte ratifie les ordonnances prises sur le fondement de la loi d'habilitation du 15 septembre 2017, à commencer par l'ordonnance n° 2017-1385 du 22 septembre 2017 relative au renforcement de la négociation collective et l'ordonnance n° 2017-1386 du même jour relative à la nouvelle organisation du dialogue social et économique dans l'entreprise. L'exposé des motifs rappelle le champ de cette habilitation : donner une place centrale à la négociation collective, notamment d'entreprise, favoriser les conditions de sa mise en œuvre et son développement, réorganiser le dialogue social dans l'entreprise et faciliter l'implantation syndicale, renforcer la prévisibilité de la relation de travail et des effets de sa rupture, et modifier les règles de prise en compte de la pénibilité au travail. L'énumération des ordonnances ratifiées se poursuit au-delà de l'extrait disponible.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM312LREM35LC100LR18NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise501
Gauche démocrate et républicaine200
Nouvelle Gauche300
Mouvement Démocrate et apparentés010
La République en Marche0370
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants020
Les Républicains050
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 343 en séance (Renforcement du dialogue social), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Jean-Paul Dufrègne GDR
« Le Gouvernement opère une réduction drastique du périmètre d’appréciation des difficultés économiques des entreprises multinationales en matière de licenciement économique : elles ne seront plus appréciées dans leur globalité mais à l’aune de leur seule situation nationale. Cela nous apparaît profondément anachronique. C’est un parfait contresens historique, alors que l’emprise des grands groupes sur notre société n’a jamais été aussi forte. »
M. Laurent Pietraszewski (rapporteur)
« Ce matin, c’était M. Jumel qui tentait d’influencer les avis que je donne en tant que rapporteur ; cet après-midi, c’est M. Lecoq ! C’est comme si j’avais un assistant, qui m’indiquait quel avis donner : je vous remercie, cher collègue, de votre diligence ! […] Je vais à présent répondre aux orateurs ayant présenté ces amendements en discussion commune. Tous visent à revenir sur la limitation du périmètre d’appréciation des difficultés économiques au seul territoire national. […] …mais aux attentes des 3,5 millions de nos concitoyens qui aimeraient pouvoir vivre de leur travail ! »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« Puisque vous m’y invitez, monsieur le rapporteur, je vais vous répondre ! Ce que nous voulons, par ces amendements, c’est garder des emplois en France. Si ce n’est pas cela, le meilleur moyen de donner du travail aux 3,5 millions de chômeurs, alors je n’y comprends plus rien ! […] Notre idée, c’est d’abord de conserver les emplois localisés en France, puis d’en faire venir d’autres. Vous créez les conditions pour que les multinationales puissent retirer leurs emplois : ce n’est pas pour cela qu’elles investiront plus sur notre territoire. Vous l’avez dit vous-même : elles peuvent très bien décider d’investir dans d’autres pays, plus rentables. Nous savons bien comment elles fonctionnent ! »
M. Gérard Cherpion LR
« Concernant la situation de nos entreprises, nous regrettons tous qu’il y ait des fermetures de sites liés à des grands groupes. Dans l’état actuel de notre législation, nous ne pouvons pas empêcher la fermeture de sites, en France, appartenant à des groupes qui se portent plutôt bien à l’échelle mondiale. Mais peut-être y a-t-il d’autres raisons à ces fermetures ; peut-être sont-elles dues à ce que notre législation du travail est trop contraignante ! Par ailleurs, dans le même temps, des entreprises étrangères cherchent à s’implanter en Europe mais écartent la France en raison de la rigidité de ses règles en matière de licenciement et de fermeture de sites. »
Mme Bénédicte Taurine FI
« Nous entendons beaucoup de choses dans cet hémicycle. Mais prétendre que ce que vous faites, par ce projet de loi de ratification, vous le faites pour les chômeurs… Vous franchissez un seuil ! C’est impensable, de telles inepties ! Je trouve cela scandaleux. Imaginez les gens qui vous écoutent ! Certes vous avez des arguments, mais celui-là n’est pas acceptable. […] Allez voir les chômeurs et demandez-leur s’ils sont d’accord avec ce que vous êtes en train de faire ! »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Renforcement du dialogue social), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jean-Paul Lecoq GDR
« Cet amendement concerne les transferts conventionnels de contrats de travail par lesquels, dans le cadre de marchés publics ou de délégations de service public, le personnel est maintenu lors de l’arrivée de nouveaux gestionnaires. L’article L. »
M. Adrien Quatennens FI
« C’est souvent quand ils ont réussi à instaurer un rapport de forces qui leur est favorable que les salariés parviennent à obtenir des avancées, notamment en matière de rémunération. »
M. Laurent Pietraszewski (rapporteur de la commission des affaires sociales)
« Avis défavorable. En invoquant le principe : « à travail égal, salaire égal » M. Lecoq reprend à son compte une inquiétude exprimée en commission par Pierre Dharréville. »
M. Boris Vallaud NG
« Nous proposons d’améliorer l’indemnité allouée aux salariés en cas de non-respect par l’employeur de ses obligations relatives à la protection de la grossesse et de la maternité : celle-ci ne pourrait être inférieure aux salaires des douze derniers mois. »
M. Bruno Bilde NI
« Si vous le permettez, monsieur le président, je défendrai en même temps l’amendement n o 111. Les deux amendements concernent les obligations de l’employeur en matière de reclassement pour inaptitude de certains salariés. »
M. Christophe Naegelen UDI
« Il faudrait rappeler à mes collègues ce qu’est la procédure de la rupture conventionnelle : premièrement, elle est à la demande du salarié ; deuxièmement, dès lors qu’il y a accord entre le salarié et l’employeur, elle doit être contrôlée dans un délai de quinze jours par l’administration qui vérifi… »
Mme Muriel Pénicaud (ministre)
« Précision importante, je vous confirme ce que j’avais indiqué en commission, que le nouveau dispositif offrira, en matière de reclassement, un vrai plus. Jusqu’à présent, on ne demandait à l’employeur qu’une photographie, à un instant t, des postes disponibles en France et à l’étranger. »
M. Gérard Cherpion LR
« On se trouve là dans le cas de licenciements sans cause réelle et sérieuse : ce sont les seuls qui sont concernés par la barémisation. Tout le monde ici est très attaché à l’égalité et à l’équité des décisions de justice – c’est évident. »

Pour aller plus loin

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