Amendement de Mme Obono (FI) · après art. 1er

79 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 93 voix non atteint. 11 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 34 %

Amendement n° 337 · APRÈS ART. PREMIER, déposé par Mme Obono FI +16 cosignataires.

L'essentiel : Le Conseil de défense et de sécurité nationale n’aurait plus pu être réuni pour planifier la réponse à une menace sanitaire, son autrice estimant que la santé relève du Premier ministre, non du secret défense.

Texte exact de l'amendement

Après l’article L. 3131‑1 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 3131‑1-1 ainsi rédigé : « Art. L. 3131‑1-1. - Le Conseil de défense et de sécurité nationale, de même que ses formations restreintes ou spécialisées, mentionnés à l’article L. 1121‑1 du code de la défense, ne peuvent être convoqués ou réunis en vue de planifier des réponses à menace sanitaire grave appelant des mesures d’urgence, notamment en cas de menace d’épidémie, ou à une catastrophe sanitaire mettant en péril, par sa nature et sa gravité, la santé de la population »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, le groupe parlementaire de la France Insoumise propose de prohiber les réunions du conseil de défense en matière sanitaire. Le conseil de défense est une instance initialement prévue pour planifier la réponse à des crises majeures de l'ordre de la défense ou la sécurité. La sensibilité de ces questions peut éventuellement justifier qu'elles fassent l'objet de délibérations en comité restreint, frappées par le sceau du secret défense. Rien de tel en revanche en matière sanitaire. La réunion régulière d'un conseil de défense sanitaire aux allures de conseil du roi, renforce la présidentialisation du régime, avec des décisions sont prises en secret, du seul fait du monarque présidentiel et de ses proches conseillers, pour faire peser la menace de poursuites pénales à tout participant de ce Conseil qui oserait en révéler les discussion. Comme le relève Michel Lascombe, professeur de droit public spécialisé de la Constitution, « dans notre système politique, la santé est une compétence qui relève du Premier ministre. Avoir recours au Conseil de défense permet à Emmanuel Macron de s’occuper de la sécurité sanitaire ». Un tel dévoiement illustre bien, selon lui, « l’hyper-présidentialisation ou la monarchisation progressive de la Ve République » Il s'agit donc bien d'un dévoiement du conseil de défense, qui baffoue nos institutions démocratiquement instituées, à s…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 27 décembre 2021 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 5 janvier 2022 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 12 janvier 2022 1re lecture Sénat Modifié
  4. 13 janvier 2022 Commission mixte paritaire Accord
  5. 15 janvier 2022 Nouvelle lecture Sénat Modifié
  6. 21 janvier 2022 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le projet de loi modifie la loi du 31 mai 2021 relative à la gestion de la sortie de crise sanitaire, en prévoyant notamment que la réglementation applicable est proportionnelle à la capacité d’accueil des établissements. Il prolonge, jusqu’à une date fixée par décret et au plus tard jusqu’au 31 juillet 2022, un dispositif dérogatoire de prise en charge d’actes prévu par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021, et permet aux établissements de santé de bénéficier, jusqu’au 30 juin 2022, d’une garantie de financement par dérogation aux règles de tarification. Il impose au Gouvernement de transmettre chaque trimestre, jusqu’au 31 décembre 2022, aux commissions parlementaires chargées du financement de la sécurité sociale les prévisions de consommation des crédits de chaque sous-objectif de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie. Il permet au syndic de copropriété, jusqu’au 31 juillet 2022, de prévoir que les copropriétaires ne participent pas à l’assemblée générale selon les modalités de droit commun. Il reporte en outre au 31 mars 2023 l’entrée en vigueur de l’article 22 de la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail et ajuste des dispositifs d’exonération prévus par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Transformation du passe sanitaire en passe vaccinal Adopté

    Subordination de l'accès à certains lieux (restaurants, loisirs, transports interrégionaux) à un schéma vaccinal complet, un test ne suffisant plus, pour les personnes de 16 ans et plus.

    Validé par le Conseil constitutionnel (décision n° 2022-835 DC), sous réserve que le dispositif prenne fin dès qu'il n'est plus nécessaire et sans discrimination entre les personnes.

  • Accès à une réunion politique conditionné à un passe Censuré

    Possibilité de subordonner l'accès à une réunion politique à la présentation d'un passe sanitaire.

    Censuré par le Conseil constitutionnel (décision n° 2022-835 DC) : cette restriction, non justifiée par un motif sanitaire proportionné, portait atteinte au droit d'expression collective des idées et des opinions.

  • Vérification d'identité par les exploitants Adopté

    En cas de doute sérieux, possibilité pour les exploitants de certains lieux de demander un justificatif d'identité au détenteur d'un passe.

  • Renforcement des sanctions contre la fraude aux passes Adopté

    Durcissement des sanctions en cas de détention d'un faux passe ou d'usage du passe d'autrui.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI15GDR29SOCdivisé18LT57DEM268LREM22AGIR19UDI103LR22NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise1100
Gauche démocrate et républicaine800
Socialistes et apparentés211
Libertés et Territoires000
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés0220
La République en Marche01020
Agir ensemble040
UDI et Indépendants060
Les Républicains0209
Non inscrit801

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 337 en séance (Outils de gestion de la crise sanitaire), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Éric Coquerel FI
« Nous protestons vivement contre l’état d’exception permanent en train de s’installer depuis deux ans. Il donne tous les pouvoirs au chef de l’État par l’intermédiaire d’un conseil de défense sanitaire qui, contrairement au Gouvernement, a la particularité de ne pas être responsable devant le Parlement et dont les discussions sont tenues au secret. Il n’est pas admissible que nous basculions progressivement dans un tel état d’exception. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Outils de gestion de la crise sanitaire), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Marc Fesneau (ministre délégué)
« Je souhaite simplement rendre compte de la discussion que j’ai eue à la fois avec la présidence de l’Assemblée nationale et les présidents de groupe. »
M. Damien Abad LR
« Monsieur le ministre délégué, nous demandions dès hier soir que le Premier ministre vienne s’exprimer devant la représentation nationale au sujet des propos du Président de la République, lesquels ont d’autant plus choqué qu’ils ont été rendus publics en plein examen de ce projet de loi relatif à la… »
Mme Mathilde Panot FI
« Monsieur le ministre délégué, avec tout le respect que je vous dois, je ne suis pas d’accord pour que nous reprenions nos travaux comme si rien ne s’était passé, comme si le Président de la République n’avait pas avoué avoir envie d’emmerder une partie des Français, comme s’il n’avait pas dit qu’un… »
M. Christophe Castaner LREM
« Monsieur le ministre délégué, merci pour votre proposition, que nous soutenons. Au cours des dernières vingt-quatre heures, il y a eu 297 morts de la covid-19. Des femmes et des hommes sont au combat pour sauver des vies. »
M. André Chassaigne GDR
« Chers collègues, je voudrais rappeler les raisons pour lesquelles, hier, notre groupe, suivi par d’autres, en est venu à demander que soit auditionné le Premier ministre. »
M. Patrick Mignola MODEM
« …je souhaite livrer une réflexion personnelle : depuis quarante-huit heures – et je veux bien admettre que les responsabilités en soient partagées entre tous –, l’Assemblée nationale ne montre pas une bonne image d’elle-même.. »
M. Jean-René Cazeneuve LREM
« Il vise à étendre aux restaurants d’entreprise l’obligation du passe vaccinal, avec un double objectif : instaurer l’équité – le risque est le même quel que soit le type de restaurant, dès lors que l’on enlève le masque pour manger – et protéger et renforcer la protection des entreprises et de leurs… »
Mme Émilie Cariou EDS
« Nous sommes au cœur de l’emmerdement des Français, si j’ose dire. Les dispositions dont nous parlons interdiraient aux personnes non vaccinées mais potentiellement négatives au covid-19 de voyager, alors que des personnes vaccinées et positives – qui ne le savent pas forcément – pourront le faire. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue