Amendement de Mme Ménard · art. 9

66 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 79 voix non atteint. 16 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 30 %

Amendement n° 2 · ART. 9, déposé par Mme Ménard +2 cosignataires.

L'essentiel : La réserve parlementaire aurait survécu, son auteure demandant le retrait de l’article qui la supprime et jugeant qu’elle répond déjà à des règles d’équité renforcées.

Texte exact de l'amendement

Supprimer cet article.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

La réserve parlementaire répond déjà à des règles d’équité et de transparence renforcées lors de la précédente législature. La supprimer reviendrait à priver le député d’un de ses rôles : celui de participer à la réalisation de projets locaux. Cette amputation partielle de ses prérogatives emporterait des conséquences négatives sur le développement de la vie locale.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 14 juin 2017 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 13 juillet 2017 1re lecture Sénat Adopté
  3. 28 juillet 2017 1re lecture Assemblée Modifié
  4. 1er août 2017 Commission mixte paritaire Accord
  5. 4 août 2017 Nouvelle lecture Sénat Modifié
  6. 8 septembre 2017 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le projet de loi organique resserre les règles applicables aux parlementaires en matière d'activités de conseil. Il interdit à tout député de commencer une fonction de conseil qui n'était pas la sienne avant le début de son mandat, de poursuivre une telle activité engagée dans les douze mois précédents et d'acquérir le contrôle d'une société ou d'un organisme dont l'activité consiste principalement à fournir des prestations de conseil. Il ajoute à la liste des fonctions incompatibles avec le mandat les sociétés qui fournissent des prestations de conseil aux organismes déjà visés, étend le champ des entreprises publiques concernées aux sociétés publiques locales et aux sociétés d'économie mixte, et complète la déclaration d'intérêts par les participations conférant le contrôle d'une société de conseil. Le texte modifie par ailleurs la loi du 6 novembre 1962 sur l'élection présidentielle, en ajoutant une déclaration au pli scellé remis par les candidats, et prévoit que l'indemnité versée aux anciens membres du Gouvernement cesse dès lors que l'intéressé a repris une activité rémunérée. Les extraits des articles sont tronqués et ne permettent pas de restituer l'ensemble du dispositif, notamment le nouvel article L.O. 136-4 du code électoral.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Interdiction des emplois familiaux Adopté

    Interdiction, pour les parlementaires, ministres et exécutifs locaux, d'employer des membres de leur famille proche comme collaborateurs, sous peine de sanctions pénales (jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende).

    En vigueur.

  • Peine d'inéligibilité pour manquement à la probité Adopté

    Peine complémentaire d'inéligibilité pour les personnes condamnées pour des crimes ou certains délits, notamment les atteintes à la probité.

    Validée, sauf son caractère obligatoire pour les délits de presse, censuré par la décision n° 2017-752 DC.

  • Suppression de la réserve parlementaire Adopté

    Suppression de la pratique par laquelle les parlementaires attribuaient des subventions à des collectivités ou des associations de leur choix.

    En vigueur.

  • Remboursement des frais de mandat sur justificatifs Adopté

    Remplacement de l'indemnité représentative de frais de mandat, versée forfaitairement, par une prise en charge des frais réellement engagés, sur justificatifs.

    En vigueur.

  • Décret sur le remboursement des frais des ministres Censuré

    Disposition imposant au Premier ministre de fixer par décret les conditions de remboursement des frais de représentation et de réception des membres du gouvernement.

    Article 23 censuré comme contraire à la séparation des pouvoirs par la décision n° 2017-752 DC.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR31NG47MODEM314LREM35LC100LR17NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise080
Gauche démocrate et républicaine005
Nouvelle Gauche007
Mouvement Démocrate et apparentés1170
La République en Marche3883
Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants811
Les Républicains2700
Non inscrit300

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 2 en séance (Confiance dans la vie publique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Emmanuelle Ménard NI
« Il s’agit aujourd’hui de supprimer la réserve parlementaire, qui représente 0,03 % du budget de l’État, soit « seulement », selon Mme la garde des sceaux, 146 millions d’euros. Mais il s’agit de 146 millions d’euros consacrés aux collectivités locales, ce qui, en ces temps de disette financière, serait sans doute accueilli avec soulagement sur le terrain ; 146 millions qui pourraient être consacrés, n’en déplaise à M. Mélenchon, à des travaux de restauration de notre patrimoine ; 146 millions à investir dans des actions éducatives, ou apportés à des associations locales qui participent au bien-être des Français ; 146 millions qui pourraient contribuer au développement du tourisme. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Confiance dans la vie publique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Martial Saddier LR
« Monsieur le président, madame la garde des sceaux, monsieur le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, madame la rapporteure de la commission des lois, mes chers collègues, cet amendement concerne bien évidemment la réserve parlementaire, laquelle fait l’objet d’un grand nombre de… »
Mme Yaël Braun-Pivet (rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« La commission est défavorable à l’ensemble des amendements qui visent à modifier le titre du chapitre III. Nous discuterons beaucoup plus longuement de ce sujet en examinant l’article 9. »
Mme Isabelle Valentin LR
« Au Sénat, un amendement déposé par le rapporteur, M. Philippe Bas, a proposé un dispositif alternatif qui encadre la réserve parlementaire par des critères pertinents, dans une logique de transparence. »
Mme Cécile Untermaier SOC
« Le titre que nous proposons pour ce chapitre III illustre le nouveau principe de décision publique que nous voulons introduire. Cela intéresse au premier chef ce projet de loi qui vise à rétablir la confiance dans l’action politique et publique. »
Mme Nicole Belloubet (garde des sceaux)
« Monsieur le président Faure, j’ai dit que je ne souhaitais pas répondre sur le fond maintenant et que je répondrai, après que tous les parlementaires se seront exprimés, à l’article 9. C’est là me semble-t-il une règle élémentaire de courtoisie. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Supprimer la réserve parlementaire n’est en aucune façon une affaire de bonne gestion, de lutte contre le clientélisme, de combat contre la gabegie. »
M. Meyer Habib UDI
« Monsieur le président, madame la garde des sceaux, mes chers collègues, je tenais à appeler votre attention sur le cas particulier des Français de l’étranger – 2,5 millions de personnes, tout de même, mais qui, soit dit entre parenthèses, n’ont pas eu le droit à un seul mot du Président de la Républ… »
M. Marc Fesneau MODEM
« « J’ai toujours été contre la réserve parlementaire, c’est un principe archaïque qui place l’élu local en situation de redevoir quelque chose. […] C’est un outil électoraliste, inéquitable et coûteux. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue