Amendement n° 176 · ART. 34, déposé par Mme Thomin SOC +31 cosignataires.
L'essentiel : Cet amendement socialiste voulait permettre à l’ANSSI d’infliger aux entreprises une pénalité pouvant atteindre 1 % de leur chiffre d’affaires mondial lorsqu’elles omettent de lui signaler une vulnérabilité ou un incident informatique majeur.
Texte exact de l'amendement
Après l’alinéa 6, insérer les deux alinéas suivants : « Les entreprises qui méconnaissent l’obligation prévue au premier alinéa du présent article peuvent se voir appliquer par l’autorité nationale de sécurité des systèmes d’information une pénalité dans la limite de 1 % du chiffre d’affaires annuel mondial au titre de l’année précédant celle durant laquelle l’obligation est méconnue. « Pour les entreprises, quelle que soit leur forme, qui sont liées, directement ou indirectement, au sens du II de l’article L. 233‑16 du code de commerce, le seuil mentionné à l’alinéa précédent s’apprécie au niveau du groupe qu’elles constituent. »
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Cet amendement du groupe socialistes et apparentés vise à rendre obligatoire et sanctionnable l’obligation de communication à l’ANSSI de vulnérabilité significative et d’incident informatique. En l’état, le dispositif n’est pas sanctionné et l’autorité ne dispose pas de pouvoirs de vérification particuliers. Il apparaît donc nécessaire d’assoir cette obligation sur une nouvelle sanction à la disposition de l’ANSSI et dont le pouvoir réglementaire pourra prévoir le modalités concrètes.
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 4 avril 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 7 juin 2023 1re lecture Assemblée Adopté
- 29 juin 2023 1re lecture Sénat Modifié
- 11 juillet 2023 Commission mixte paritaire Accord
- 12 juillet 2023 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
- 13 juillet 2023 Commission mixte paritaire Adopté
- 28 juillet 2023 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 1 août 2023 Promulgation loi n° 2023-703
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Le projet de loi fixe les objectifs de la politique de défense et la programmation financière associée pour la période 2024-2030, et approuve le rapport annexé qui en précise les orientations, y compris en matière d’équipement des armées à l’horizon 2035. Il évalue à 413,3 milliards d’euros le montant des besoins programmés sur la période et fixe l’évolution des ressources budgétaires de la mission « Défense », hors charges de pensions et à périmètre constant. Il porte la provision annuelle au titre des opérations extérieures et des missions intérieures à 800 millions d’euros en 2024 puis à 750 millions d’euros chaque année jusqu’en 2030, et prévoit, en cas de hausse durable du prix des carburants opérationnels, l’ouverture de crédits supplémentaires en loi de finances initiale. Il programme une augmentation nette des effectifs du ministère de la défense de 700 équivalents temps plein en 2024 et en 2025, 800 en 2026, 900 en 2027, 1 000 en 2028 et en 2029 et 1 200 en 2030. Il prévoit une actualisation de la programmation avant la fin de l’année 2027 et la transmission au Parlement, avant le 30 avril de chaque année, d’un rapport sur l’exécution de l’année passée.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale | 5 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine - NUPES | 1 | 0 | 0 |
| Écologiste - NUPES | 2 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES) | 3 | 0 | 0 |
| Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires | 1 | 0 | 0 |
| Démocrate (MoDem et Indépendants) | 1 | 8 | 0 |
| Renaissance | 0 | 31 | 0 |
| Horizons et apparentés | 0 | 2 | 0 |
| Les Républicains | 0 | 0 | 0 |
| Rassemblement National | 0 | 0 | 13 |
| Non inscrit | 0 | 1 | 0 |
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 176 en séance (Programmation militaire 2024-2030), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Cet amendement de bon sens vise à rendre obligatoire la communication à l’Anssi de tout incident informatique au sein d’une entreprise. En effet, on peut considérer qu’en l’absence de sanction, le monde de l’entreprise aura tendance à ne pas respecter l’obligation. Nous proposons donc que l’Anssi puisse sanctionner son non-respect en infligeant à l’entreprise concernée une pénalité d’un montant limité à 1 % du chiffre d’affaires, ce qui est tout à fait raisonnable – nos collègues du groupe LFI proposent un montant plus élevé. Quoi qu’il en soit, le dispositif ainsi consolidé inciterait davantage les entreprises à jouer le jeu. »
« Je tiens à souligner que nous nous efforçons, depuis le début de notre discussion, de maintenir un équilibre entre, d’une part, la sécurité nationale et, d’autre part, nos libertés fondamentales, notamment la liberté d’agir et d’entreprendre, qui nous incite à limiter les contraintes pesant sur nos entreprises. En l’espèce, je souhaite que nous nous en tenions au dispositif prévu dans le texte, à savoir qu’en cas de non-respect de l’injonction de communiquer les vulnérabilités constatées à l’Anssi, celle-ci pratiquera le fameux name and shame . Au demeurant, aucune entreprise n’a intérêt à les dissimuler : son intérêt commercial est que le produit qu’elle vend fonctionne. »
« Je suis de l’avis de la rapporteure pour avis : l’article 34 enrichi par les travaux en commission permettra d’atteindre l’objectif poursuivi. Je ne crois pas que les sanctions proposées renforceraient le dispositif, et ce pour deux raisons. Premièrement, compte tenu du pouvoir conféré à l’Anssi de diffuser l’information concernant la vulnérabilité d’un logiciel, l’entreprise s’exposerait à une sanction réputationnelle très lourde. […] Elle n’est donc pas entourée de suffisamment de précautions pour prononcer de telles sanctions. L’équilibre trouvé durant les travaux en commission est le bon. Avis défavorable, donc. »
« En matière de communication des anomalies logicielles, des failles informatiques, il existe deux approches. La première, dogmatique, vient d’être défendue du côté gauche de l’Hémicycle. […] Les tenants de cette approche considèrent qu’il faut adopter une posture anticapitaliste vis-à-vis des éditeurs de logiciels. Elle est dogmatique, et M. Bernalicis l’a démontré lorsqu’il a évoqué, dans un lapsus, les logiciels libres. De très nombreuses failles logicielles, y compris celles qui sont intégrées dans des logiciels d’éditeurs capitalistes, si je puis dire, proviennent en fait de développements de la communauté du logiciel libre. »
« Eh bien, nous voilà dans le vif du sujet ! Ce n’est pas dogmatique de défendre la sécurité nationale, c’est patriote, et quand nous disons que le capitalisme peut être un problème pour la sécurité nationale, c’est n’est pas sur la base d’un dogme mais de faits avérés. Je vous ai rappelé que des entreprises capitalistiques mues par des logiques de rentabilité avaient déjà posé des problèmes à la sécurité nationale, et nous pouvons d’ailleurs remercier chaleureusement MM. Assange et Snowden qui, pour avoir révélé un certain nombre de ces problèmes, ont ensuite subi des attaques d’une extrême violence. »
« Madame la rapporteure pour avis, vous prétendez vouloir trouver une solution équilibrée entre la sécurité et les libertés individuelles, mais nous regrettons que, lorsque nous faisons des propositions en ce sens, vous ne vous préoccupiez pas de cet équilibre, qu’il s’agisse de la définition du périmètre ou des voies de recours, mais seulement de ne pas nuire aux entreprises. En réalité, ce n’est pas le sujet. La question est que l’on crée une obligation, mais sans sanction, ce qui revient à annuler cette obligation. Pour l’entreprise, ce n’est pas une question de bonne volonté, c’est une question d’intérêts économiques : elle n’a pas intérêt à rendre ses failles publiques. »
6 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 7 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Programmation militaire 2024-2030), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« Il vise à demander un rapport sur l’opportunité de relocaliser une filière de production de petits calibres en France, un enjeu majeur de souveraineté selon nous. Vincent Bru et moi-même avions rédigé un rapport d’information sur ce sujet qui, vous le savez, nous tient à cœur. »
« Nous avons déjà eu ce débat et nous le poursuivrons dans le cadre des travaux parlementaires. Demande de retrait et, à défaut, avis défavorable. »
« Cet amendement est satisfait par l’article 8 relatif à la remise au Parlement d’un rapport sur le bilan de l’exécution de l’année passée de la programmation militaire, lequel inclut la question de la filière des petits calibres. Avis défavorable. »
« Ce projet de loi de programmation militaire – LPM – entend mettre l’accent sur plusieurs domaines dans lesquels la France enregistre un retard par rapport à ses partenaires et concurrents. »
« Je ne sais évidemment pas s’il sera adopté, mais il vise à rappeler que l’un des défis des armées en matière de gestion des ressources humaines (RH) est celui de la fidélisation des personnels. »
« Déposé par ma collègue Estelle Youssouffa, il vise à obtenir un rapport sur le statut spécifique d’apprenti militaire. L’apprentissage est une véritable opportunité pour les jeunes et permettra de mieux fidéliser les effectifs des armées. »
« J’interviens au nom de la commission de la défense puisque notre président, Thomas Gassilloud, est en déplacement à Évreux, sans doute dans une sorte de double hommage, l’un à l’amitié franco-allemande, l’autre au ministre. »