Amendement de M. Catteau · après art. 1er

70 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 96 voix non atteint. 4 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 34 %

Amendement n° 242 · APRÈS ART. PREMIER, déposé par M. Catteau +87 cosignataires.

L'essentiel : L’indemnisation chômage aurait débuté dès le lendemain de la fin du contrat de travail, cet amendement supprimant le délai de carence de sept jours au nom, selon son auteur, du pouvoir d’achat.

Texte exact de l'amendement

Après l’article L. 5422‑1-1 du code du travail, il est inséré un article L. 5422‑1-2 ainsi rédigé : « Art. L. 5422‑1-2 . – La prise en charge de l’allocation d’assurance commence à partir du lendemain de la fin du contrat de travail. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

L'idée de manœuvre est de permettre aux personnes dont le contrat de travail prend fin de se voir verser à partir du lendemain l'assurance chômage. Aujourd'hui, un délai de carence de sept jours calendaires s'applique. Dans le contexte économique et social fragile dans lequel nous vivons, il est urgent de remédier à cette hérésie. Les personnes dont le contrat de travail prend fin doivent pouvoir être indemnisées sans attendre. Cet amendement permettra de favoriser le pouvoir d'achat des Français.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 7 septembre 2022 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 25 octobre 2022 1re lecture Sénat Modifié
  3. 9 novembre 2022 Commission mixte paritaire Accord
  4. 15 novembre 2022 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 17 novembre 2022 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 15 décembre 2022 Conseil constitutionnel Conforme

Ce que change ce texte

Le projet de loi permet qu’un décret en Conseil d’État, pris après concertation avec les organisations syndicales et patronales représentatives au niveau national et interprofessionnel, fixe les règles d’assurance chômage par dérogation aux dispositions qui confient cette compétence aux partenaires sociaux, et limite à 0,5 point de pourcentage la majoration applicable dans le cadre de la modulation des contributions patronales. Il prévoit que le salarié qui a volontairement abandonné son poste et ne reprend pas le travail après avoir été mis en demeure est présumé démissionnaire, et organise les conséquences du refus, par un salarié en contrat à durée déterminée, d’une proposition de poursuite de la relation de travail. Il ouvre, à titre expérimental et dans des secteurs définis par décret, la possibilité de conclure un seul contrat à durée déterminée ou un seul contrat de mission pour remplacer plusieurs salariés, et écarte la durée maximale du contrat de mission pour les salariés liés par un contrat à durée indéterminée avec l’entreprise de travail temporaire. Il réécrit la définition du corps électoral aux élections professionnelles, en ouvrant le droit de vote à l’ensemble des salariés âgés de seize ans révolus travaillant depuis trois mois au moins dans l’entreprise et n’ayant fait l’objet d’aucune interdiction, déchéance ou incapacité. Il règle par ailleurs la prise en compte des suffrages des personnels enseignants liés à l’État par un contrat de droit public dans les branches des établissements d’enseignement privés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Fixation des règles de l'assurance chômage par décret Adopté

    Autorisation donnée au gouvernement de fixer par décret, à titre transitoire, les règles de l'assurance chômage, ce qui a permis d'instaurer la « contracyclicité » (durée d'indemnisation modulée selon la conjoncture de l'emploi).

    Habilitation validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2022-844 DC).

  • Présomption de démission en cas d'abandon de poste Adopté

    Un salarié qui abandonne volontairement son poste et ne le reprend pas après mise en demeure est présumé démissionnaire, ce qui le prive en principe de l'allocation chômage.

  • Refus de CDI après un CDD ou une mission d'intérim Adopté

    Un demandeur d'emploi qui refuse, à deux reprises en un an, un CDI proposé à l'issue d'un CDD ou d'une mission d'intérim sur un emploi équivalent peut être privé de l'allocation chômage.

  • Réforme de la validation des acquis de l'expérience (VAE) Adopté

    Simplification et élargissement de l'accès à la VAE, avec la mise en place d'un service public dédié.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC20LIOTdivisé50DEM170RE30HOR62LR89RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale000
Gauche démocrate et républicaine - NUPES010
Écologiste - NUPES060
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)040
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires111
Démocrate (MoDem et Indépendants)0271
Renaissance0790
Horizons et apparentés0110
Les Républicains171
Rassemblement National5300
Non inscrit001

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 242 en séance (Fonctionnement du marché du travail), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Victor Catteau RN
« Lorsqu’une personne perd son emploi, l’allocation lui est versée sept jours plus tard. L’amendement vise à supprimer ce délai de carence, afin que les personnes perdant leur emploi perçoivent leur allocation dès le lendemain de la fin du contrat de travail. Dans un contexte économique compliqué pour beaucoup de Français, avec une inflation qui s’accentue, nous voulons favoriser le pouvoir d’achat. La pratique actuelle revient à retirer à des Français un quart de l’allocation qu’ils pourraient percevoir sur un mois. J’appelle donc la NUPES, qui défend le pouvoir d’achat depuis le début de l’examen du projet de loi, à voter pour cet amendement de bon sens. »
M. Marc Ferracci (rapporteur)
« Votre amendement témoigne de votre ignorance des contraintes qu’impose la gestion administrative d’un organisme tel que Pôle emploi. Ce délai d’attente est une nécessité administrative imposée à l’opérateur de longue date pour permettre le suivi et l’ouverture des droits. De plus, dans l’hypothèse où des personnes enchaîneraient de manière rapide des contrats courts, ce délai évite d’ouvrir des droits à quelqu’un qui reprend aussitôt un emploi. Avis défavorable. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Fonctionnement du marché du travail), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Dominique Da Silva RE
« Tendre vers le plein emploi suppose que nous soyons à cheval sur le respect des droits et des devoirs, principe qui doit s’appliquer à tous et auquel notre majorité et moi-même sommes très attachés. »
M. Philippe Vigier DEM
« Il est identique à celui de notre collègue Da Silva, et il a également été repris par nos collègues des groupes Horizons et apparentés et Les Républicains. Il porte sur un sujet récurrent de nos auditions des partenaires sociaux. »
M. François Gernigon HOR
« L’abandon de poste consiste à quitter volontairement son poste de travail ou sa fonction sans préavis ni explications. Aucune raison ne peut justifier cet acte, puisqu’en cas de souci de santé, la médecine du travail existe et qu’un arrêt de travail est toujours possible. »
M. Jean-Louis Thiériot LR
« Tout a déjà été très bien dit par les précédents orateurs. Ces amendements sont effectivement transpartisans – nous avons été plusieurs à y travailler – et sont le fruit de rencontres, après que j’en ai pris l’initiative en commission des affaires sociales, avec toutes les activités du territoire. »
M. Frédéric Descrozaille RE
« Votre lecture du droit social n’est pas vraiment compatible avec la nôtre si vous prétendez que, parce qu’il y a subordination il y a aliénation. Vous semblez considérer que les salariés ne peuvent pas se protéger eux-mêmes, et qu’il faut donc les protéger… »
M. Stéphane Viry LR
« Il était évident que, sur les questions de d’abandon de poste, de refus d’un CDI après un CDD ou d’offre d’emploi raisonnable, nous aurions des positions politiques – des postures idéologiques, pour reprendre l’expression de Pierre Dharréville –, antagonistes. »
Mme Emeline K/Bidi GDR
« Je suis effarée. Vos propositions sont déconnectées de la réalité , du droit du travail, de l’esprit du code du travail. Si celui-ci prévoit des mesures en faveur des salariés, c’est parce que le rapport de forces est déséquilibré. Or toutes vos propositions reposent sur l’idée qu’il s’est inversé. »
Mme Joëlle Mélin RN
« Il concerne les étrangers hors Union européenne dont le titre de séjour est suspendu à un emploi. L’amendement vise à limiter leurs droits au chômage à l’équivalent d’une année pleine, afin de réorienter la solidarité vers les citoyens français. »
Mme Fatiha Keloua Hachi SOC
« Il vise à informer le futur demandeur d’emploi de ses droits à indemnisation dès que survient le fait générateur de sa future recherche d’emploi – plan social, licenciement pour faute, etc. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue