Amendement de Mme Amrani (LFI-NUPES) · après art. 1er

51 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 124 voix non atteint. 2 abstentions.
Très serré
Participation 43 %

Amendement n° 304 · APRÈS ART. PREMIER, déposé par Mme Amrani LFI-NUPES +73 cosignataires.

L'essentiel : L’assurance chômage n’aurait pu varier selon le lieu de résidence ou de travail, cet amendement de la France insoumise voulant interdire toute régionalisation du régime pour préserver l’égalité entre les assurés.

Texte exact de l'amendement

L’article L. 5422‑20 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Les mesures d’application ne peuvent avoir pour effet d’entraîner une différence de traitement des travailleurs remplissant les critères prévus à l’article L. 5422‑1 sur la base de leur lieu de résidence ou de travail. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, nous proposons d'interdire la régionalisation du régime de l'assurance chômage. Le ministre du Travail Olivier Dussopt a brandi à plusieurs reprises le système canadien comme exemple à copier pour sa réforme. Régionaliser le régime de l’assurance chômage reviendrait à façonner des indemnisations à géométrie variable et romprait in fine avec l'égalité des chômeurs sur le territoire : les travailleurs financent tous le système de la même manière sans avoir des droits équivalents. Les ruptures d'égalité sont multiples, entre les métropoles et zones moins dynamiques d'une même région par exemple, ou bien entre les salariés d'une même entreprise qui licencie dans plusieurs régions à la fois. Même Justin Trudeau estime que le système n’est pas « digne du XXIème siècle ». Nous proposons d'interdire explicitement toute régionalisation du régime pour préserver l'unité du système d'assurance chômage et l'égalité entre tous les assurés.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 7 septembre 2022 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 25 octobre 2022 1re lecture Sénat Modifié
  3. 9 novembre 2022 Commission mixte paritaire Accord
  4. 15 novembre 2022 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 17 novembre 2022 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 15 décembre 2022 Conseil constitutionnel Conforme

Ce que change ce texte

Le projet de loi permet qu’un décret en Conseil d’État, pris après concertation avec les organisations syndicales et patronales représentatives au niveau national et interprofessionnel, fixe les règles d’assurance chômage par dérogation aux dispositions qui confient cette compétence aux partenaires sociaux, et limite à 0,5 point de pourcentage la majoration applicable dans le cadre de la modulation des contributions patronales. Il prévoit que le salarié qui a volontairement abandonné son poste et ne reprend pas le travail après avoir été mis en demeure est présumé démissionnaire, et organise les conséquences du refus, par un salarié en contrat à durée déterminée, d’une proposition de poursuite de la relation de travail. Il ouvre, à titre expérimental et dans des secteurs définis par décret, la possibilité de conclure un seul contrat à durée déterminée ou un seul contrat de mission pour remplacer plusieurs salariés, et écarte la durée maximale du contrat de mission pour les salariés liés par un contrat à durée indéterminée avec l’entreprise de travail temporaire. Il réécrit la définition du corps électoral aux élections professionnelles, en ouvrant le droit de vote à l’ensemble des salariés âgés de seize ans révolus travaillant depuis trois mois au moins dans l’entreprise et n’ayant fait l’objet d’aucune interdiction, déchéance ou incapacité. Il règle par ailleurs la prise en compte des suffrages des personnels enseignants liés à l’État par un contrat de droit public dans les branches des établissements d’enseignement privés.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Fixation des règles de l'assurance chômage par décret Adopté

    Autorisation donnée au gouvernement de fixer par décret, à titre transitoire, les règles de l'assurance chômage, ce qui a permis d'instaurer la « contracyclicité » (durée d'indemnisation modulée selon la conjoncture de l'emploi).

    Habilitation validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2022-844 DC).

  • Présomption de démission en cas d'abandon de poste Adopté

    Un salarié qui abandonne volontairement son poste et ne le reprend pas après mise en demeure est présumé démissionnaire, ce qui le prive en principe de l'allocation chômage.

  • Refus de CDI après un CDD ou une mission d'intérim Adopté

    Un demandeur d'emploi qui refuse, à deux reprises en un an, un CDI proposé à l'issue d'un CDD ou d'une mission d'intérim sur un emploi équivalent peut être privé de l'allocation chômage.

  • Réforme de la validation des acquis de l'expérience (VAE) Adopté

    Simplification et élargissement de l'accès à la VAE, avec la mise en place d'un service public dédié.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC20LIOT50DEM170RE30HOR62LR89RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale4100
Gauche démocrate et républicaine - NUPES400
Écologiste - NUPES1200
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)900
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires001
Démocrate (MoDem et Indépendants)0220
Renaissance0830
Horizons et apparentés0120
Les Républicains180
Rassemblement National5311
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 304 en séance (Fonctionnement du marché du travail), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Antoine Léaument LFI
« Le présent amendement vise à interdire la régionalisation du régime de l’assurance chômage – tel était également l’objet de certains amendements examinés hier. Pour celles et ceux qui nous écoutent, la régionalisation qui pourrait être appliquée consiste à accorder plus de droits dans les régions où il y a plus de chômeurs et moins de droits dans celles où il y en a moins. Hier, je vous ai présenté des arguments républicains. […] C’est une vieille question. À l’époque, les ennemis étaient les monarchies coalisées contre nous. Aujourd’hui, c’est le chômage et, pour le vaincre, il faut l’unité du peuple et non sa division. »
M. Marc Ferracci (rapporteur)
« Hier, nous avons discuté de la régionalisation de l’assurance chômage. Étant donné qu’il s’agit du même débat, je vous oppose les mêmes arguments et j’émets également un avis défavorable. »
M. Pierre Dharréville GDR
« Le présent amendement exclut toute logique de modulation régionale. Or hier nous avons adopté un amendement de notre collègue Serva visant à tenir compte de la situation particulière de l’outre-mer. Je souhaite donc que M. le ministre confirme que les territoires ultramarins pourront adapter les dispositions prévues. C’est en tout cas mon interprétation, celle qui mériterait peut-être d’être défendue devant le Conseil constitutionnel. »
M. Olivier Dussopt (ministre)
« M. Dharréville revient sur l’amendement qui précise que le décret pourra – formulation qui évite l’injonction – permettre une application différenciée des règles en outre-mer. Tel est notre objectif. Nous sommes absolument convaincus que les règles applicables aux territoires ultramarins doivent être différenciées. En ce qui concerne la territorialisation, certains parlent de régionalisation ou de départementalisation des règles. Il ressort de tous les échanges de vues que j’ai eus sur ce sujet, y compris avec les partenaires sociaux, que les avis sont assez partagés, souvent au sein d’une même organisation ou chez une même personne. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Fonctionnement du marché du travail), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Dominique Da Silva RE
« Tendre vers le plein emploi suppose que nous soyons à cheval sur le respect des droits et des devoirs, principe qui doit s’appliquer à tous et auquel notre majorité et moi-même sommes très attachés. »
M. Philippe Vigier DEM
« Il est identique à celui de notre collègue Da Silva, et il a également été repris par nos collègues des groupes Horizons et apparentés et Les Républicains. Il porte sur un sujet récurrent de nos auditions des partenaires sociaux. »
M. François Gernigon HOR
« L’abandon de poste consiste à quitter volontairement son poste de travail ou sa fonction sans préavis ni explications. Aucune raison ne peut justifier cet acte, puisqu’en cas de souci de santé, la médecine du travail existe et qu’un arrêt de travail est toujours possible. »
M. Jean-Louis Thiériot LR
« Tout a déjà été très bien dit par les précédents orateurs. Ces amendements sont effectivement transpartisans – nous avons été plusieurs à y travailler – et sont le fruit de rencontres, après que j’en ai pris l’initiative en commission des affaires sociales, avec toutes les activités du territoire. »
M. Arthur Delaporte SOC
« Contrairement à ce que disait notre collègue Vigier, le groupe Socialistes et apparentés ne soutient absolument pas ce que vous souhaitez instaurer par ces amendements. Nous cherchons plutôt à pointer l’absurdité de votre démarche et à introduire les garanties minimales qui s’imposent. »
M. Hadrien Clouet LFI
« Nous avons d’abord cru à une blague ! Le phénomène dont vous parlez n’a pas été évalué ; vos arguments consistent surtout à citer la tante de la belle-mère des uns ou des autres qui aurait constaté un abandon de poste. »
M. Pierre Dharréville GDR
« Je ne crois absolument pas que cette mesure soit de nature, comme vous vous en targuez, à résoudre les tensions sur le marché du travail ; cela va même être l’inverse, parce que vous ne vous posez pas la question fondamentale : quelle est la cause de tous ces abandons de postes ? »
M. Stéphane Viry LR
« Il était évident que, sur les questions de d’abandon de poste, de refus d’un CDI après un CDD ou d’offre d’emploi raisonnable, nous aurions des positions politiques – des postures idéologiques, pour reprendre l’expression de Pierre Dharréville –, antagonistes. »
M. Marc Ferracci (rapporteur)
« La question du refus d’une offre de CDI à l’issue d’un CDD a été largement discutée à l’occasion de nos travaux en commission et notamment lors des auditions des parties prenantes, en particulier les organisations patronales. »
M. Aurélien Taché ECOS
« Quand j’entends nos débats sur cette disposition contraignant les salariés à accepter un CDI après un CDD, je me dis, chers collègues, que vous êtes déconnectés non seulement du droit en vigueur, mais également de la vie de millions de travailleurs précaires. »
Mme Joëlle Mélin RN
« Il concerne les étrangers hors Union européenne dont le titre de séjour est suspendu à un emploi. L’amendement vise à limiter leurs droits au chômage à l’équivalent d’une année pleine, afin de réorienter la solidarité vers les citoyens français. »

Pour aller plus loin

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