Amendement de M. Habert-Dassault · art. 1er

54 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 66 voix non atteint.
Très serré
Participation 23 %

Amendement n° 1039 · ART. PREMIER, déposé par M. Habert-Dassault.

L'essentiel : Le Parlement aurait, avec cet amendement, rendu un avis sur le référentiel de vérification de l’âge établi par l’ARCOM, aux côtés de la CNIL, son auteur y voyant une co-construction législative.

Texte exact de l'amendement

À la première phrase de l’alinéa 3, après le mot : « libertés », insérer les mots : « et du Parlement ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Le référentiel qui sera établi par l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique sera présenté pour avis devant la Commission nationale de l'informatique et des libertés. Dans ce soucis de co-construction, il paraît cohérent que le parlement, après avoir voté cette création dans l'article 1er de ce projet de loi, puisse aussi contrôler la forme que prendra ce référentiel. Cet amendement propose donc de donner aux parlementaires la possibilité de donner un avis sur ce référentiel.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 mai 2023 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 5 juillet 2023 1re lecture Sénat Adopté
  3. 2 avril 2024 Commission mixte paritaire Adopté
  4. 10 avril 2024 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 17 mai 2024 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le texte réécrit l'article 10 de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique et charge l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique de veiller aux contenus pornographiques mis à la disposition du public par un service de communication en ligne. Il impose aux personnes qui éditent un tel service d'afficher un message avant l'accès à ces contenus. Il oblige les fournisseurs de services d'hébergement à agir promptement pour retirer les contenus pornographiques mentionnés par un nouvel article 6-1-1 A de la même loi. Il complète l'article 226-8 du code pénal en punissant des mêmes peines que l'infraction existante le fait de publier, par quelque voie que ce soit, un contenu visuel ou sonore répondant aux critères qu'il fixe. L'extrait disponible s'arrête aux premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Imposer la vérification d'âge sur les sites pornographiques Adopté

    L'Arcom fixe les exigences techniques des systèmes de contrôle de l'âge et peut faire bloquer les sites laissant les mineurs accéder à du contenu pornographique.

  • Bannir des réseaux sociaux les auteurs de cyberharcèlement Adopté

    Une peine complémentaire permet de suspendre, pour six mois et jusqu'à un an en cas de récidive, les comptes ayant servi au harcèlement en ligne.

  • Créer un filtre anti-arnaque Adopté

    Un dispositif national avertit l'internaute avant l'accès à un site frauduleux (hameçonnage).

  • Créer un délit d'outrage en ligne Censuré

    Le texte punissait la diffusion en ligne de contenus portant atteinte à la dignité ou à caractère dégradant ou humiliant.

    Censuré par le Conseil constitutionnel comme une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression (décision n° 2024-866 DC du 17 mai 2024).

  • Généraliser une identité numérique gratuite Censuré

    Un article prévoyait de rendre une identité numérique accessible à toutes et tous d'ici 2027.

    Censuré par le Conseil constitutionnel comme « cavalier législatif » (sans lien avec le texte), même décision.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM170RE30HOR62LR88RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale1500
Gauche démocrate et républicaine - NUPES300
Écologiste - NUPES600
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)300
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires200
Démocrate (MoDem et Indépendants)0170
Renaissance0500
Horizons et apparentés040
Les Républicains400
Rassemblement National2600
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1039 en séance (Sécuriser et réguler l’espace numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Victor Habert-Dassault LR
« Nous partageons l’objectif affiché par le Gouvernement de contrôler davantage les sites pornographiques en formulant cette obligation de moyens. Toutefois, et nous l’avons déjà indiqué, les différentes solutions quant à la forme du référentiel posent problème. En effet, nous ignorons s’il s’agira d’une vérification de la carte d’identité ou du double anonymat, qui semble être d’ailleurs l’exception française puisqu’aucun autre pays n’utilise cette technique à ce jour. C’est un point dont il nous faut véritablement débattre. »
Mme Louise Morel (rapporteure)
« Vous avez raison, monsieur le député, le Parlement doit être informé de la forme que prendra ce référentiel, mais il l’est déjà en réalité. […] En effet, les membres de l’Arcom, que nous avons entendus lors d’une ultime audition, ont indiqué que le référentiel sera soumis à une consultation publique, qui démarrera dans les prochaines semaines – c’est un élément nouveau qui n’avait pas été porté à notre connaissance jusqu’alors. En outre, ils nous ont bien précisé qu’un rapport sera remis au Parlement chaque année et qu’il comprendra des éléments sur le référentiel et ses évolutions. »
M. Jean-Noël Barrot (ministre délégué)
« Même avis. Je précise que c’est bien la commission spéciale qui a ajouté par voie d’amendement l’obligation pour l’Arcom de rendre compte au Parlement chaque année des actualisations du référentiel, des audits et des systèmes de vérification de l’âge mis en œuvre par les services de communication au public en ligne. Le texte, tel qu’il est rédigé, prévoit donc au moins un rendez-vous annuel avec l’Arcom, spécifiquement au sujet du référentiel. Cela n’empêche aucunement les parlementaires ici présents de solliciter l’Arcom à tout moment pour obtenir les explications nécessaires. »
M. Andy Kerbrat LFI
« Je souhaiterais d’abord présenter mes excuses à M. le rapporteur général pour avoir mis en doute son intégrité tout à l’heure au sujet des possibilités d’identification. Mais soyez certains que nous reviendrons plus tard sur la question de l’identification des plateformes, publiques ou privées, qui se trouvent derrière le dispositif. J’abonderai dans le sens des propos de notre collègue Habert-Dassault. Ce soir, ou peut-être demain, nous allons voter l’article 1 er , alors même que nous en ignorons le contenu – c’est bien ce qu’a rappelé mon collègue Saulignac tout à l’heure ! »
M. Aurélien Lopez-Liguori RN
« Pour notre part, nous soutiendrons cet amendement. Monsieur le ministre délégué, vous donnez un blanc-seing à l’Arcom pour la création de ce référentiel et vous refusez les garde-fous qu’on vous propose de mettre en place. En plus, vous avez rejeté l’idée d’un avis conforme de la Cnil. C’est à nous, parlementaires, qu’il revient de contrôler la forme que prendra ce référentiel, puisque vous refusez toutes les autres possibilités. J’insiste : vous ne pouvez pas nous exclure de son élaboration alors qu’il attentera potentiellement à la vie privée des Français et à leur sécurité en ligne. Nous voterons pour cet amendement ! »
M. Jean-Noël Barrot (ministre délégué)
« Mesdames et messieurs les députés, en ce qui concerne le référentiel, je n’ai rien dissimulé (M. Andy Kerbrat s’exclame) , pas plus que le rapporteur général et la rapporteure. D’ailleurs, rien n’obligeait ceux-ci à convoquer les membres de l’Arcom pour présenter le référentiel lors d’une audition ; et si aucune question n’est restée sans réponse, c’est bien qu’il y a quelque chose de fondamentalement crédible et sérieux au fond de cette démarche. Je regrette que ceux qui reviennent à la charge aujourd’hui n’aient pas été présents à cette audition pour poser leurs questions. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Sécuriser et réguler l’espace numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Louise Morel (rapporteure de la commission spéciale)
« Je ne comprends pas les auteurs de ces amendements de suppression. En les défendant, vous affirmez au fond que vous êtes favorables non à une nouvelle obligation de moyens imposée aux sites pornographiques, mais à une obligation de résultat telle qu’elle existe déjà. »
M. Jean-Noël Barrot (ministre délégué chargé du numérique)
« Mme la rapporteure a raison : il faut débattre de l’article 1 er , comme il faudra débattre de l’article 2. Tous ici nous partageons le même constat, et la même ambition d’amener, par la dissuasion, les sites pornographiques à vérifier l’âge de leurs utilisateurs. »
M. Andy Kerbrat LFI
« Je vous remercie, madame la présidente, de respecter la parité. Nous n’aurons hélas pas le temps de débattre du contenu du référentiel, puisque les amendements de suppression de l’article seront adoptés. Je suis donc obligé de rappeler l’histoire qui a conduit à cet article. »
Mme Marie Guévenoux RE
« La défense de ces amendements nous plonge dans la troisième galaxie, le monde merveilleux de la NUPES – un monde merveilleux où il n’y a pas de problème,… »
Mme Francesca Pasquini ECOS
« Pornhub, Xvideos, Xhamster : les sites pornographiques épinglés par l’Arcom parce qu’ils ne vérifient pas l’âge de leurs utilisateurs sont nombreux. Visé par une demande de blocage de l’Arcom, ils mènent une bataille juridique sans relâche pour empêcher l’aboutissement de la procédure. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Ils visent à replacer le juge au cœur du contrôle de la majorité. Incidemment, je vous soumets une proposition susceptible de mettre tout le monde d’accord, comme je l’ai fait dans la discussion générale : il s’agirait de supprimer les sites pornographiques gratuits. »
M. Christophe Naegelen LIOT
« Nos collègues de La France insoumise ont raison, il est problématique que le projet de loi ne prévoie comme seule utilité au référentiel le fait de garantir que les mineurs n’accéderont pas aux sites pornographiques. »
M. Dominique Potier SOC
« Cet amendement poursuit le même objectif que le vôtre, madame la rapporteure. À la suite des travaux en commission, auxquels Hervé Saulignac et Isabelle Santiago ont largement participé, nous avons voulu apporter des précisions. Il s’agit de simplifier la rédaction de l’article 1 er . »
M. Aurélien Lopez-Liguori RN
« Nous soutenons l’amendement de Mme Ménard. Oui, ce référentiel est nécessaire et oui, nous devons empêcher les mineurs d’avoir accès aux contenus pornographiques. »
Mme Emeline K/Bidi GDR
« Il vise à lier les avis de l’Arcom et de la Cnil pour que la Cnil émette un avis conforme et non simplement consultatif. En commission, vous nous avez expliqué que c’était impossible car c’était contraire à la Constitution, puis vous avez ajouté : « Après tout, cela va de soi. »
M. Philippe Gosselin LR
« Je crois qu’il est effectivement impossible d’inscrire dans la loi une hiérarchie entre des autorités administratives indépendantes. Néanmoins, ces autorités croisent déjà régulièrement leurs opinions et certains échanges ont même été institutionnalisés. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue