Amendement de M. Saintoul (LFI-NUPES) · après art. 10 BIS A

70 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 12 voix non atteint.
Majoritaire
Participation 4 %

Amendement n° 676 · APRÈS ART. 10 BIS A, déposé par M. Saintoul LFI-NUPES +74 cosignataires.

L'essentiel : Les données bancaires sensibles auraient été protégées, selon cet amendement, contre tout accès d’un État tiers, avec hébergement dans l’Union européenne et plafonds sur la détention du capital des prestataires cloud retenus.

Texte exact de l'amendement

I. – Les entités de traitement des données bancaires prennent toutes les mesures techniques et organisationnelles nécessaires pour empêcher tout accès d’un État tiers, non-autorisé par les autorités publiques, direct ou indirect, par l’intermédiaire de toute personne physique ou morale, aux données de sécurité des personnes physiques stockées dans des systèmes d’informatique en nuage. II. – En cas de recours à une offre commerciale sur le marché de l’informatique en nuage pour l’hébergement ou le traitement des données mentionnées au présent article, les autorités publiques s’assurent que le prestataire de services d’informatique en nuage respecte les obligations mentionnées au dudit I et que son siège statutaire, son administration centrale ou son principal établissement est établi sur le territoire d’un État membre de l’Union européenne. Les autorités publiques s’assurent également que le capital et les droits de vote dans la société du prestataire retenu ne sont pas, directement ou indirectement, individuellement détenus à plus de 24 % et collectivement détenus à plus de 39 % par des entités tierces possédant leur siège statutaire, leur administration centrale ou leur principal établissement en dehors de l’Union européenne. Ces entités tierces ne peuvent pas, individuellement ou collectivement, en vertu d’un contrat ou de clauses statutaires, disposer d’un droit de véto ou…

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, les députés du groupe LFI-NUPES un meilleur encadrement des entités de traitement des données bancaires, en matière de stockage données de sécurité des personnes physiques, entendues au sens du règlement 2016/679. En 2019, le Ministre de l’économie et des finances a confié au Conseil général de l’économie une mission visant à étudier la mise en œuvre d’une politique de localisation des données de paiement en Europe. L’une de ses recommandations vise notamment « {l’institution} à l’échelle de l’Espace économique européen {d’une} obligation de localisation sur le sol européen des données relatives à des paiements intra-européens, lorsque ces données sont liées aux données de sécurité personnalisées d’une personne physique. » C’est pourquoi nous proposons une solution dans ce sens. Nous pensons par ailleurs que la France devrait être en mesure de proposer un espace de stockage souverain pour ces données.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 mai 2023 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 5 juillet 2023 1re lecture Sénat Adopté
  3. 2 avril 2024 Commission mixte paritaire Adopté
  4. 10 avril 2024 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 17 mai 2024 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le texte réécrit l'article 10 de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique et charge l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique de veiller aux contenus pornographiques mis à la disposition du public par un service de communication en ligne. Il impose aux personnes qui éditent un tel service d'afficher un message avant l'accès à ces contenus. Il oblige les fournisseurs de services d'hébergement à agir promptement pour retirer les contenus pornographiques mentionnés par un nouvel article 6-1-1 A de la même loi. Il complète l'article 226-8 du code pénal en punissant des mêmes peines que l'infraction existante le fait de publier, par quelque voie que ce soit, un contenu visuel ou sonore répondant aux critères qu'il fixe. L'extrait disponible s'arrête aux premiers articles du texte.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Imposer la vérification d'âge sur les sites pornographiques Adopté

    L'Arcom fixe les exigences techniques des systèmes de contrôle de l'âge et peut faire bloquer les sites laissant les mineurs accéder à du contenu pornographique.

  • Bannir des réseaux sociaux les auteurs de cyberharcèlement Adopté

    Une peine complémentaire permet de suspendre, pour six mois et jusqu'à un an en cas de récidive, les comptes ayant servi au harcèlement en ligne.

  • Créer un filtre anti-arnaque Adopté

    Un dispositif national avertit l'internaute avant l'accès à un site frauduleux (hameçonnage).

  • Créer un délit d'outrage en ligne Censuré

    Le texte punissait la diffusion en ligne de contenus portant atteinte à la dignité ou à caractère dégradant ou humiliant.

    Censuré par le Conseil constitutionnel comme une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression (décision n° 2024-866 DC du 17 mai 2024).

  • Généraliser une identité numérique gratuite Censuré

    Un article prévoyait de rendre une identité numérique accessible à toutes et tous d'ici 2027.

    Censuré par le Conseil constitutionnel comme « cavalier législatif » (sans lien avec le texte), même décision.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM170RE30HOR62LR88RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale300
Gauche démocrate et républicaine - NUPES000
Écologiste - NUPES000
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Démocrate (MoDem et Indépendants)020
Renaissance0100
Horizons et apparentés040
Les Républicains000
Rassemblement National400
Non inscrit000

Ce qui s'est dit juste avant le vote

Le compte rendu de la séance (Sécuriser et réguler l’espace numérique) n'ouvre pas de discussion en nommant cet amendement : il ne le nomme qu'en le mettant aux voix. Voici les prises de parole qui ont précédé immédiatement sa mise aux voix, depuis la dernière déclaration du compte rendu qui la précède : annonce de la présidence, sort d'un amendement, suspension de séance, rappel au règlement, ouverture du tour des amendements ou changement de point à l'ordre du jour. Elles peuvent donc porter sur plusieurs amendements discutés ensemble. Reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées.

Mme Anne Le Hénanff (rapporteure de la commission spéciale)
« Madame Chikirou, nous avons longuement débattu de la rédaction de l’article 10 bis A mercredi soir. Il ne prend pas en compte les données bancaires. Je vous invite donc à retirer l’amendement ; à défaut, mon avis sera défavorable. »
Mme Sophia Chikirou LFI
« Il est regrettable que ce projet de loi visant à sécuriser et réguler l’espace numérique – un texte relativement dense – ne traite pas de sujets fondamentaux en matière de souveraineté numérique. Ces sujets sont évacués alors qu’ils sont centraux et décisifs pour la protection des Français. Depuis le début de l’examen du texte, je n’ai cessé de le souligner et je le répéterai : nous avons le sentiment que le projet de loi n’a pas comme objectif sincère, réel et précis de sécuriser l’espace numérique et de protéger les Français, les entreprises et les collectivités territoriales. Si c’était le cas, vous auriez intégré une mesure comme celle que nous proposons ici. »
Mme Anne Le Hénanff (rapporteure)
« Je l’ai dit mercredi soir : le texte nous fait faire un grand pas vers la souveraineté numérique qui vous est chère, madame Chikirou, tout comme à nous tous ici. L’article 10 bis A traite des données publiques. Nous allons bientôt aborder les données de santé. Quant aux données bancaires, ce sont des données privées. Pour les sauvegarder sur un cloud souverain, il est d’abord nécessaire de les hiérarchiser selon leur sensibilité. Nous avançons progressivement. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 7 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Sécuriser et réguler l’espace numérique), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Sophia Chikirou LFI
« Cet amendement des députés du groupe La France insoumise vise à mieux encadrer les entités de traitement des données bancaires, en matière de stockage des données de sécurité des personnes physiques. »
Mme Anne Le Hénanff (rapporteure de la commission spéciale)
« Madame Chikirou, nous avons longuement débattu de la rédaction de l’article 10 bis A mercredi soir. Il ne prend pas en compte les données bancaires. Je vous invite donc à retirer l’amendement ; à défaut, mon avis sera défavorable. »
M. Philippe Latombe DEM
« L’amendement de Mme Le Hénanff ne correspond pas à celui que j’avais déposé en commission spéciale. Le véritable problème auquel nous sommes confrontés est la protection des données de santé, en base active comme en archivage. »
M. Frédéric Zgainski DEM
« Après l’examen du projet de loi en commission spéciale, j’ai été alerté par des entreprises de ma circonscription au sujet du délai très court accordé à l’industrie pour se mettre en conformité avec la loi. »
M. Jean-Noël Barrot (ministre délégué)
« Mme Le Hénanff a eu raison de saluer votre travail, monsieur Latombe : avec celui d’autres députés et de plusieurs sénateurs, il a conduit à l’adoption mercredi soir d’un amendement sous-amendé de Mme la rapporteure relatif à la protection des données sensibles détenues par les administrations. »
M. Aurélien Lopez-Liguori RN
« Nous voulons revenir à la version initiale de l’article 10 bis – totalement réécrit en commission spéciale. Beaucoup plus stratégique à l’origine, il obligeait notamment les fournisseurs d’informatique en nuage à une transparence concernant les mesures techniques prises pour éviter les risques d’acc… »
M. Denis Masséglia (rapporteur de la commission spéciale)
« Bonjour à toutes et à tous ! Nous abordons l’examen du titre IV, qui comporte les très beaux articles 15 et 15 bis . Comme je l’ai dit lors de la présentation du projet de loi, de nombreux travaux ont été menés entre l’examen du texte en commission et sa discussion en séance publique. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue