Amendement de M. Guedj (SOC) · art. 2

68 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 33 voix non atteint.
Majoritaire
Participation 11 %

Amendement n° 3 · ART. 2, déposé par M. Guedj SOC +30 cosignataires.

L'essentiel : La rectification de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie pour 2023 aurait été supprimée par cet amendement, ses auteurs socialistes jugeant sa progression insuffisante face à l’inflation et aux besoins de l’hôpital.

Texte exact de l'amendement

Supprimer cet article.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement des députés socialistes et apparentés vise à supprimer l'article 2 du PLFSS pour 2024, qui rectifie l'ONDAM pour 2023. Une fois retirées les dépenses de crise liées à l’épidémie de Covid-19, l’ONDAM pour 2023 aurait une croissance de 4,8%. Si ce taux peut paraître élevé, il faut rappeler que l’inflation en 2023 est estimée par la Banque de France à 5,6%, et que l’ensemble des fédérations, collectifs et acteurs de la santé demandent une progression annuelle de l’ONDAM de 4% (hors revalorisation exceptionnelle) pour notamment faire face au vieillissement démographique, aux mutations technologiques, et à la croissance des affections longue durée. Pourtant, le Gouvernement se vante d’une telle augmentation qui est – entre autres – liée à la pérennisation insuffisante des primes de nuit et de weekend annoncées cet été, et de la revalorisation du point d’indice. Or cette augmentation ne saurait répondre à la crise de l’hôpital public, au manque d’accès aux soins en ville, au déficit de prise en charge médicale de l’autonomie, et plus largement ne saurait couvrir l’ensemble des besoins de santé, etc. Ainsi, la FHF « alerte sur l’absolue nécessité de moyens supplémentaires pour 2023 » et appelle ainsi à une rectification de l’ONDAM pour 2023 de + 3,2 milliards d’euros (et non de 2,8 milliards d’euros comme proposé par cet article 2) répartis comme suit : • 1,5 milliard…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 27 septembre 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 21 novembre 2023 1re lecture Sénat Modifié
  3. 21 novembre 2023 Commission mixte paritaire Accord
  4. 1er décembre 2023 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 4 décembre 2023 Lecture définitive Assemblée Adopté
  6. 21 décembre 2023 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte rectifie, pour l'année 2023, les prévisions de recettes, les objectifs de dépenses et le tableau d'équilibre par branche de l'ensemble des régimes obligatoires de base, la branche maladie y faisant apparaître 234,1 milliards d'euros de recettes, 243,7 milliards de dépenses et un solde de -9,5 milliards. Il rectifie également, pour la même année, l'objectif national de dépenses d'assurance maladie et ses sous-objectifs. Il relève deux montants fixés à l'article 18 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2023, de 24,6 à 24,9 et de 2,21 à 2,35. Il abaisse de 1,5 % à 1 % le taux mentionné au a de l'article L. 138-2 du code de la sécurité sociale à compter de l'exercice 2023, la perte de recettes correspondante étant compensée. Il modifie par ailleurs les règles de gestion du dispositif simplifié de déclaration et de paiement des organismes de services à la personne et étend à la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole une faculté prévue à l'article L. 114-19-1 du même code.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM170RE30HOR62LR88RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale900
Gauche démocrate et républicaine - NUPES200
Écologiste - NUPES100
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)100
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires300
Démocrate (MoDem et Indépendants)060
Renaissance0370
Horizons et apparentés010
Les Républicains000
Rassemblement National500
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 3 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2024), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Jérôme Guedj SOC
« L’article 2 vise à corriger le montant de l’Ondam pour 2023. Seulement, comme de nombreux acteurs l’ont déjà démontré, l’augmentation prévue n’est pas suffisante. Je ne prendrai qu’un seul chiffre : la FHF estime qu’il faudrait au moins 2,2 milliards d’euros supplémentaires pour porter l’Ondam hospitalier et celui du secteur médico-social – qui finance les objectifs pour les personnes âgées et les personnes handicapées – à la hauteur des besoins remontés par les acteurs de terrain. C’est un chiffre intéressant car, comme le soulignait Pierre Dharréville, les exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires sont les seules à n’être toujours pas compensées par l’État. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2024), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Aurélien Rousseau (ministre de la santé et de la prévention)
« Nous sommes réunis pour la nouvelle lecture de ce projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) et, depuis que je me suis exprimé devant vous, le 24 octobre, peu de choses ont changé. »
Mme Aurore Bergé (ministre des solidarités et des familles)
« Le ministère des solidarités et des familles est au cœur des besoins essentiels de nos concitoyens. Il les accompagne dans leur vie quotidienne, à tous les âges de leur vie, à chaque étape de leur existence. »
Mme Stéphanie Rist (rapporteure générale de la commission des affaires sociales)
« Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2024 comptait initialement 49 articles. Après une lecture dans chacune des deux assemblées, 115 articles restent en discussion, 31 ayant été adoptés conformes. »
Mme Élise Leboucher LFI
« Nous nous retrouvons une nouvelle fois dans cette situation : vous faites de mauvaises lois, personne n’en veut, vous passez par-dessus la représentation nationale et un Insoumis vient vous rappeler à l’ordre. J’y vois une sorte d’acte manqué. »
M. Thierry Frappé RN
« Alors que les impôts vont augmenter de 17 milliards d’euros l’année prochaine, que les problèmes de l’hôpital ne sont pas résolus, laissant ces derniers – mais aussi les Ehpad, les établissements médico-sociaux et les centres d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP) – dans une situation fragi… »
M. Damien Maudet LFI
« Je dois reconnaître une chose, monsieur le ministre de la santé – cela ne m’arrivera pas souvent de le dire : qu’est-ce que j’aimerais être comme vous ! »
M. Cyrille Isaac-Sibille DEM
« Collègues insoumis, cela devient une habitude : examiner une énième motion de rejet déposée par votre groupe. Sincèrement, les Français sont las de votre attitude,… »
M. Jérôme Guedj SOC
« Le groupe Socialistes avait également déposé une motion de rejet, et le tirage au sort a décidé que la présentation en reviendrait à nos collègues de La France insoumise. »
M. Yannick Monnet GDR
« De nombreux arguments ont été évoqués par mes collègues. Pour ma part, je fais part de notre satisfaction de pouvoir nous prononcer sur ce texte par l’intermédiaire de cette motion de rejet préalable , sans laquelle il nous serait de nouveau imposé. »
M. Sébastien Peytavie ECOS
« « Qu’est-ce donc que la sécurité sociale ? Je crois qu’on peut la définir ainsi : la garantie donnée à chacun qu’il disposera en toutes circonstances d’un revenu suffisant pour assurer à lui-même et à sa famille une existence décente, ou à tout le moins un minimum vital. »
M. Laurent Panifous LIOT
« Participer à la discussion générale sur un projet de loi de financement de la sécurité sociale en nouvelle lecture, entre deux 49.3, est un exercice un peu difficile. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue