Le parcours du texte
- 25 avril 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 5 décembre 2023 1re lecture Assemblée Adopté
- 27 mars 2024 1re lecture Sénat Modifié
- 30 avril 2024 Commission mixte paritaire Accord
- 13 mai 2024 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
- 15 mai 2024 Commission mixte paritaire Adopté
- 20 juin 2024 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 23 juin 2024 Promulgation loi n° 2024-582
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Ce texte modifie le code de procédure pénale et le code pénal pour renforcer les dispositifs de saisie et de confiscation des avoirs criminels. Il modifie les règles relatives à la compétence des juridictions pour certaines procédures, précise les conditions de la confiscation ou de la non-restitution des biens, et étend le champ des biens soumis à confiscation. Il introduit également une disposition selon laquelle une décision de confiscation définitive d’un bien immobilier peut servir de titre d’expulsion contre la personne condamnée.
L'enjeu propre à chaque amendement est ajouté progressivement ; le sort politique du texte se joue sur son scrutin solennel.
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale | 4 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine - NUPES | 0 | 0 | 0 |
| Écologiste - NUPES | 3 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES) | 4 | 0 | 0 |
| Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires | 4 | 0 | 0 |
| Démocrate (MoDem et Indépendants) | 3 | 0 | 0 |
| Renaissance | 9 | 0 | 0 |
| Horizons et apparentés | 3 | 0 | 0 |
| Les Républicains | 1 | 0 | 0 |
| Rassemblement National | 11 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 1 | 0 | 0 |
Les avis des experts indépendants
C'est la certitude d'être pris, bien plus que la sévérité de la peine, qui dissuade : augmenter des peines déjà longues n'a, au mieux, qu'un effet dissuasif très modeste, et la présence policière (qui accroît le sentiment d'être pris) pèse davantage qu'un simple durcissement des peines.
synthèse des recherches sur la dissuasion (agence de recherche, États-Unis)
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Saisie et confiscation des avoirs criminels), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« C’est un grand honneur pour moi d’aborder à cette tribune un sujet sur lequel je travaille depuis de nombreuses années. Je suis l’auteur de la loi du 9 juillet 2010 visant à faciliter la saisie et la confiscation en matière pénale. »
« Je suis très heureux de vous retrouver ce soir pour examiner une proposition de loi de votre collègue Jean-Luc Warsmann tendant à renforcer les dispositifs de saisie et de confiscation des avoirs criminels. »
« La proposition de loi que nous étudions vise à améliorer le dispositif de confiscation des biens criminels, plus de dix ans après la loi défendue par le rapporteur, pionnière en matière de saisie des avoirs en France. »
« Le recours aux sanctions pécuniaires en matière pénale, qu’il s’agisse de l’amende ou de la confiscation, s’est considérablement développé depuis plusieurs années. »
« Permettez-moi, cher Jean-Luc Warsmann, de vous remercier pour votre engagement, depuis 2010, sur ce sujet majeur. Vous avez, en 2010, 2019 et aujourd’hui, suivi pas à pas ce bébé qui est le vôtre (M. le rapporteur sourit) . »
« Je veux d’emblée, moi aussi, remercier Jean-Luc Warsmann pour l’intégralité de son œuvre , et pour le travail qu’il mène depuis plusieurs années déjà sur ce sujet important : la saisie et la confiscation des avoirs criminels. »
« La saisie et la confiscation des gains criminels sont une nécessité non seulement pour sanctionner et réparer, mais aussi pour priver la criminalité organisée de ressources qui lui permettent de prospérer. »
« Il faut taper les délinquants au portefeuille : si la maxime est ancienne, l’idée juridique est en réalité assez neuve puisque vous en avez la paternité, monsieur le rapporteur. »
« Cette proposition de loi est fondamentale : elle permet de renforcer l’efficacité de la politique pénale dans la lutte contre la criminalité organisée et tous les trafics. »
« Ce texte est important ; c’est une pierre à l’édifice de l’Agrasc, même s’il existe des marges de progression dans la lutte contre la délinquance économique et financière. »
Le passage en commission
16 amendements examinés en commission, dont 5 adoptés.
Rapporteur·e·s de ce texte
Commissions : Commission mixte paritaire · Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République
Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 16 amendements y ont été déposés, dont 5 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 5 adoptions qui est arrivé en séance, où 52 amendements de plus ont été discutés.
Qui dépose, et qui fait adopter
- LFI-NUPES 1 sur 3 33 %
- LIOT 3 sur 10 30 %
- RE 1 sur 1 100 %
- RN aucun sur 2 0 %
Où la commission a le plus changé le texte
Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.
- Article 3 Rend obligatoire, sauf décision spécialement motivée ou propriétaire de bonne foi, la confiscation des biens saisis liés à l'infraction, et fait d'une confiscation immobilière définitive un titre d'expulsion. 2 adoptés sur 2
- Article 1er Étend à des parcs naturels et fédérations sportives l'affectation de biens saisis et transfère des recours de la chambre de l'instruction au premier président de la cour d'appel. 2 adoptés sur 2
- Après l’article 1er 1 adopté sur 1
Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.
Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).
Le texte en détails
11 articlesLes documents officiels de ce texte :
le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 1911 ↗
Les 11 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).
Le texte reproduit ici est celui que l’Assemblée a adopté le 5 décembre 2023, en première lecture, c’est-à-dire lors d’une séance postérieure à ce vote. Son contenu peut donc différer de la version soumise aux députés ce jour-là.
Article 1er Étend à des parcs naturels et fédérations sportives l'affectation de biens saisis et transfère des recours de la chambre de l'instruction au premier président de la cour d'appel. 62 com. / 4 séance
Étend à des parcs naturels et fédérations sportives l'affectation de biens saisis et transfère des recours de la chambre de l'instruction au premier président de la cour d'appel.
6 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, dont 2 adoptés, puis 4 en séance, dont 3 adoptés.
Article 1er bis A Description : Ajoute au premier alinéa de l'article 17 du code de procédure pénale que ceux qu'il désigne réalisent les enquêtes patrimoniales aux fins d'identification des avoirs criminels.
Description : Ajoute au premier alinéa de l'article 17 du code de procédure pénale que ceux qu'il désigne réalisent les enquêtes patrimoniales aux fins d'identification des avoirs criminels.
Article 1er bis B Ajoute aux obligations que peut imposer une convention judiciaire d'intérêt public, hors matière environnementale, le dessaisissement au profit de l'État de tout ou partie des biens saisis.
Ajoute aux obligations que peut imposer une convention judiciaire d'intérêt public, hors matière environnementale, le dessaisissement au profit de l'État de tout ou partie des biens saisis.
Article 1er bis C Impose de notifier par tout moyen à l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués les décisions pénales de confiscation et des décisions de saisie. 10 com. / 1 séance
Impose de notifier par tout moyen à l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués les décisions pénales de confiscation et des décisions de saisie.
1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance, dont 1 adopté.
Article 1er bis D Ouvre aux collectivités territoriales la mise à disposition, le cas échéant gratuite, d'un bien immobilier confié à l'agence, déjà ouverte aux associations, fondations et organismes agréés.
Ouvre aux collectivités territoriales la mise à disposition, le cas échéant gratuite, d'un bien immobilier confié à l'agence, déjà ouverte aux associations, fondations et organismes agréés.
Article 1er bis E Rend l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués compétente pour suivre l'exécution des décisions de non-restitution et la mise en œuvre d'une autre règle.
Rend l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués compétente pour suivre l'exécution des décisions de non-restitution et la mise en œuvre d'une autre règle.
Article 1er bis Prévoit des actions de formation régulière des magistrats et des services de police judiciaire. 20 com. / 2 séance
Prévoit des actions de formation régulière des magistrats et des services de police judiciaire.
2 amendements déposés sur cet article : 2 en séance, dont 1 adopté.
Article 1er ter Étend à la confiscation en valeur du produit de l'infraction la dispense de motiver le choix de la peine.
Étend à la confiscation en valeur du produit de l'infraction la dispense de motiver le choix de la peine.
Article 2 Permet de payer l'indemnisation des victimes sur les biens non restitués de leur débiteur devenus propriété de l'État, et porte de 2 à 6 un nombre du dispositif. 20 com. / 2 séance
Permet de payer l'indemnisation des victimes sur les biens non restitués de leur débiteur devenus propriété de l'État, et porte de 2 à 6 un nombre du dispositif.
2 amendements déposés sur cet article : 2 en séance, dont 1 adopté.
Article 3 Rend obligatoire, sauf décision spécialement motivée ou propriétaire de bonne foi, la confiscation des biens saisis liés à l'infraction, et fait d'une confiscation immobilière définitive un titre d'expulsion. 72 com. / 5 séance
Rend obligatoire, sauf décision spécialement motivée ou propriétaire de bonne foi, la confiscation des biens saisis liés à l'infraction, et fait d'une confiscation immobilière définitive un titre d'expulsion.
7 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, dont 2 adoptés, puis 5 en séance, dont 3 adoptés.
Article 4 Étend aux recettes de la confiscation, et non plus des seules ventes, la restitution aux populations étrangères des avoirs issus d'infractions de leurs responsables publics.
Étend aux recettes de la confiscation, et non plus des seules ventes, la restitution aux populations étrangères des avoirs issus d'infractions de leurs responsables publics.
Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.