Proposition de loi relative à la mise en place et au fonctionnement de la commission d’évaluation de l’aide publique au développement instituée par la loi n° 2021-1031 du 4 août 2021

89 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 47 voix franchi. 11 abstentions.
Quasi unanime
Participation 18 %

Le parcours du texte

  1. 10 mai 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 18 janvier 2024 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 26 mars 2024 1re lecture Sénat Modifié

Ce que change ce texte

Le 18 janvier 2024, l'Assemblée adopte en première lecture la proposition de loi relative à la mise en place et au fonctionnement de la commission d'évaluation de l'aide publique au développement, par 93 voix, aucune contre et 11 abstentions.

  • RattachementTransfère de la Cour des comptes au ministère des affaires étrangères le rattachement de la commission d'évaluation de l'aide publique au développement. art. unique
  • MissionLui confie d'évaluer la pertinence des projets d'aide publique au développement de leur élaboration à leur mise en œuvre, et d'en examiner les résultats sur le plan financier comme au regard des priorités extérieures de la France. art. unique

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 18 janvier 2024 : 93 voix pour, aucune contre, 11 abstentions. Neuf groupes ont voté pour et un s’est abstenu.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM170RE29HOR62LR88RN5NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale400
Gauche démocrate et républicaine - NUPES200
Écologiste - NUPES400
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)200
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires200
Démocrate (MoDem et Indépendants)3800
Renaissance3300
Horizons et apparentés500
Les Républicains300
Rassemblement National0010
Non inscrit001

Les avis, pour et contre

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 3
Maud GatelDEMrapporteure de la commission des affaires étrangères

Justifie le texte par la non-installation de la commission créée par la loi du 4 août 2021 : « plus de deux ans et demi après le vote du projet de loi, la commission d’évaluation de l’aide publique au développement n’a pas vu le jour ». Elle met en cause la publication par le Gouvernement, en mai 2022, de mesures d’application « en décalage avec l’intention du législateur », qui a créé « une situation de confusion, voire de blocage ».

Jean-Louis BourlangesDEMprésident de la commission des affaires étrangères

Désigne l’élection du président de la commission par ses membres comme « l’objet fondamental du litige » : « Nous sommes très heureux que la commission d’évaluation puisse avoir un président élu dans ses rangs, par elle-même, librement ». Sur le rattachement au ministère de l’Europe et des affaires étrangères, il rappelle : « il ne s’agit pas d’exercer une tutelle sur la commission d’évaluation, mais simplement de l’accueillir ».

Ont voté pour : tous les groupes qui expriment une voix sauf le Rassemblement national, et le scrutin ne comporte aucune voix contre.

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Réserves et nuances, 1

S'abstient et fournit dix des 11 abstentions du scrutin.

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Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Dans sa revue par les pairs de 2024, l'OCDE constate que l'aide publique au développement française a augmenté de 37 % depuis 2018, mais que la France a réduit son budget d'aide de plus de 10 % en 2024 et qu'« une feuille de route » vers la cible de 0,7 % du revenu national brut « renforcerait sa crédibilité ». L'OCDE estime surtout que l'efficacité de la nouvelle gouvernance de l'aide « dépendra de sa clarté et de l'achèvement des travaux sur la transparence et la mesure des résultats ».

Revue par les pairs de la coopération au développement : France 2024

Cour des comptes ↗ Sujet connexe

Dans un rapport de 2023, la Cour des comptes relève que la France fait transiter une faible part de son aide au développement par les organisations de la société civile (7 % en 2021, contre plus de 14 % en moyenne dans les pays du Comité d'aide au développement de l'OCDE). Elle constate surtout que les bénéfices attendus de ce canal « demeurent mal connus et presque jamais mesurés », faute d'un cadre de mesure de la performance.

L'Agence française de développement et les organisations de la société civile, observations définitives (2023)

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Commission d’évaluation de l’aide publique au développement), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Maud Gatel (rapporteure de la commission des affaires étrangères)
« La présente proposition de loi vise à mettre fin à plus qu’une anomalie : il s’agit en effet de remédier à l’absence d’application de la volonté du législateur. »
Mme Marie Lebec (ministre déléguée chargée des relations avec le Parlement)
« Le niveau inédit de nos efforts en matière de solidarité internationale – l’APD a représenté 15,2 milliards d’euros en 2022, ce qui fait de la France le quatrième bailleur à l’échelle mondiale – nous oblige plus que jamais à rendre compte de notre action et à l’évaluer. »
M. Jean-Louis Bourlanges (président de la commission des affaires étrangères)
« Mme la rapporteure et Mme la ministre déléguée ont tout dit : il m’appartient donc de dire le reste. Et le reste, ce sont d’abord des remerciements. Je dois remercier le groupe MODEM, que je connais bien et dont je salue le président. »
Mme Laurence Vichnievsky DEM
« Une fois n’est pas coutume, je monte à la tribune pour prononcer une explication de vote – je crois que cela ne m’est jamais arrivé –, mais un peu de solennité s’impose quand il s’agit de redonner au Parlement les prérogatives qui sont tout simplement les siennes. »
M. Dominique Potier SOC
« Je ne pouvais pas être moins solennel que Mme Vichnievsky ; une fois n’est donc pas coutume, je me tiens à la tribune pour une explication de vote. »
M. Xavier Batut RE
« Il est essentiel que le Parlement et les spécialistes de la politique de développement jouent pleinement leur rôle dans l’évaluation de l’efficacité, de la cohérence, de l’impact et de la durabilité des politiques françaises de développement. »
M. Jean-Paul Lecoq GDR
« Vous avez raison, monsieur le président, on ne sait jamais ! L’objectif de la présente proposition de loi n’est plus à démontrer ; il a été largement décortiqué par nos collègues et par le président de la commission des affaires étrangères. »
M. Philippe Guillemard RE
« La proposition de loi que nous examinons permet, enfin, de doter notre politique d’aide au développement d’un outil d’évaluation performant. Initialement prévue par la loi du 4 août 2021, l’instauration de la commission d’évaluation de l’aide publique au développement a souffert d’un retard. »
Mme Laurence Robert-Dehault RN
« Mardi soir, pendant plus de deux heures, l’audiovisuel public a été kidnappé par Emmanuel Macron qui s’est lancé dans une énième représentation théâtrale jupitérienne. »
Mme Nadège Abomangoli LFI
« Les discussions du jour ont déjà eu lieu il y a trois ans : en juillet 2021, notre assemblée s’est exprimée sur le projet de loi relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales. Nul n’avait voté contre ce texte. »
M. Michel Herbillon LR
« Vous l’avez rappelé, le 4 août 2021 le Président de la République a promulgué la loi de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales. »

Le passage en commission

9 amendements examinés en commission, dont 0 adopté.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires étrangères

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires étrangères. 9 amendements y ont été déposés, aucun n'a été adopté.

9 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

Deux groupes ont déposé des amendements en commission : LFI-NUPES (3 déposés, 0 adopté) et SOC-A (6 déposés, 0 adopté).

La commission n'a adopté aucun amendement : le texte est arrivé en séance tel qu'elle l'avait reçu.

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

1 article

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2017 ↗

L'article unique du texte adopté, replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article unique Place auprès du ministère des affaires étrangères, au lieu de la Cour des comptes, la commission d'évaluation de l'aide publique au développement, chargée d'en juger pertinence et efficacité. 99 com. / 0 séance

    Place auprès du ministère des affaires étrangères, au lieu de la Cour des comptes, la commission d'évaluation de l'aide publique au développement, chargée d'en juger pertinence et efficacité.

    9 amendements déposés sur cet article : 9 en commission.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue