Proposition de loi visant à la généralisation du contrat à durée indéterminée à des fins d’employabilité

78 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 60 voix franchi. 11 abstentions.
Majoritaire
Participation 22 %

Le parcours du texte

  1. 5 décembre 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 18 janvier 2024 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 6 novembre 2024 1re lecture Sénat Modifié

Ce que change ce texte

Le 18 janvier 2024, l’Assemblée adopte en première lecture la proposition de loi visant à la généralisation du contrat à durée indéterminée à des fins d’employabilité, par 101 voix contre 17 et 11 abstentions.

  • ProlongationProlonge de quatre ans à compter de la promulgation l'expérimentation du contrat de travail à temps partagé aux fins d'employabilité, qui devait s'arrêter le 31 décembre 2023. art. 1er
  • Qui peut en bénéficierRéserve ce contrat aux demandeurs d'emploi inscrits depuis au moins douze mois, à ceux d'au moins cinquante-cinq ans inscrits depuis six mois, aux moins de vingt-six ans peu qualifiés inscrits depuis six mois, aux bénéficiaires de minima sociaux et aux personnes handicapées. art. 1er
  • AnciennetéPrend en compte, lorsque l'entreprise utilisatrice embauche le salarié à l'issue d'une mission, les missions des trois mois précédents pour son ancienneté, et les déduit de la période d'essai. art. 1er ter
  • PréavisDispense le salarié d'exécuter son préavis lorsqu'il rompt son contrat à temps partagé pour être embauché par l'entreprise utilisatrice. art. 1er ter

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 18 janvier 2024 : 101 voix pour, 17 contre, 11 abstentions. Sept groupes ont voté pour, deux ont voté contre et un s’est abstenu.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM170RE29HOR62LR88RN5NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale0160
Gauche démocrate et républicaine - NUPES010
Écologiste - NUPES200
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)200
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires300
Démocrate (MoDem et Indépendants)4300
Renaissance3800
Horizons et apparentés900
Les Républicains300
Rassemblement National0011
Non inscrit100
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Une autre mise au point émane de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Les avis, pour et contre

Ce que disent les partisans et les opposants du texte. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 3
Nicolas TurquoisDEMrapporteur de la commission des affaires sociales

Justifie le choix de la commission de relancer l’expérimentation plutôt que de pérenniser le dispositif : « il serait prématuré de s’engager dans la voie de la pérennisation du dispositif compte tenu de l’insuffisance des données disponibles sur son application ». Il indique qu’elle a préféré, avec son assentiment, « relancer l’expérimentation pour une durée de quatre ans ».

Annonce, « En phase avec ces recommandations » de la mission flash de Fanta Berete et Stéphane Viry, que « le groupe Horizons et apparentés votera cette proposition de loi ». Il motive la prolongation plutôt que la généralisation : « Les données parcellaires dont nous disposons ne nous permettent pas d’envisager sereinement la généralisation du dispositif pour l’instant ».

Ont voté pour, sans une seule voix contre dans aucun de ces sept groupes.

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Contre le texte, 1

Ont voté contre, et fournissent les 17 voix contre du scrutin.

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Réserves et nuances, 1

S’abstient sans exception : ses 11 abstentions sont la totalité de celles du scrutin.

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Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Le Conseil d'analyse économique conclut que les allègements de cotisations ciblés sur les bas salaires (jusqu'à 1,6 SMIC) ont un effet positif avéré sur l'emploi, tandis que les baisses portant sur les salaires plus élevés n'ont pas fait la preuve de leur efficacité, ni sur l'emploi ni sur les exportations.

Baisses de charges : stop ou encore ?, note n°49, 2019

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Généralisation du contrat à durée indéterminée à des fins d’employabilité), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Nicolas Turquois (rapporteur de la commission des affaires sociales)
« Vouloir réduire le chômage est un objectif largement partagé sur ces bancs. Nous pouvons être fiers d’être passés d’un taux de chômage de 9,5 % à 7 % en cinq ans, mais nous ne pouvons ni ne devons nous satisfaire d’en rester là. Or plus le chômage diminue, plus il devient difficile de le réduire. »
Mme Catherine Vautrin (ministre du travail, de la santé et des solidarités)
« Alors que l’Assemblée examine la présente proposition de loi, je tiens tout d’abord à rappeler que le fil conducteur de ma politique en matière de travail s’inscrira bien évidemment dans la ligne des annonces formulées il y a deux jours par le Président de la République : le plein emploi, le plein e… »
Mme Anne Bergantz DEM
« Voilà quelques mois, j’ai eu le plaisir de défendre, avec le rapporteur, pour le groupe Démocrate un texte auquel nous sommes profondément attachés. »
M. Arthur Delaporte SOC
« Reconnaissons-le : l’intérêt de cette proposition de loi est de prolonger une expérimentation, afin d’obtenir les résultats tangibles qui manquent encore. »
M. Paul Christophe HOR
« Nous examinons la proposition de loi relative au travail à temps partagé, aux fins d’employabilité, défendue par notre collègue Nicolas Turquois et le groupe Démocrate à l’occasion de leur journée d’initiative parlementaire. »
Mme Marie-Charlotte Garin ECOS
« Nous examinons un texte proposé par le groupe Démocrate qui vise à prolonger un dispositif expérimenté depuis 2018, le contrat de travail à temps partagé aux fins d’employabilité. Son objectif affiché est de favoriser l’accès d’un public précaire à un emploi stable. »
M. Paul-André Colombani LIOT
« Le groupe LIOT, que je représente, défend l’idée que la question du retour à l’emploi ne doit pas uniquement être pensée de manière quantitative mais surtout de manière qualitative. »
M. Marc Ferracci RE
« La question du travail est au cœur des préoccupations de nos concitoyens. La majorité n’a cessé d’agir, lançant des réformes ambitieuses telles que celles des lycées professionnels, de l’assurance chômage ou de France Travail, qui n’ont qu’un seul objectif : le plein emploi, mais aussi le bon emploi… »
M. Hadrien Clouet LFI
« Nous sommes le 18 janvier. Vous aurez donc tenu à peu près quinze jours avant d’essayer de nous vendre un nouveau contrat précaire – je dis bien « nouveau », puisqu’on parle aujourd’hui du CDI d’employabilité, contrat précaire qui devait disparaître le 31 décembre dernier et au sujet duquel on devai… »
M. Stéphane Viry LR
« Madame la ministre, cette proposition de loi est une manière de saluer votre entrée au Gouvernement dans les fonctions de ministre du travail. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Le contrat à durée indéterminée à des fins d’employabilité est un dispositif totalement innovant dans le paysage social français, mais il est finalement peu connu et assez peu utilisé. »
M. Tematai Le Gayic GDR
« Cet amendement rédigé par mon collègue Dharréville a été très bien défendu par notre président de groupe, André Chassaigne, au cours de la discussion générale. Il vise à réduire à un an la durée de l’expérimentation. »

Le passage en commission

27 amendements examinés en commission, dont 7 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires sociales

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires sociales. 27 amendements y ont été déposés, dont 7 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 7 adoptions qui est arrivé en séance, où 20 amendements de plus ont été discutés.

7 adoptés2 rejetés9 tombés1 retirés8 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI-NUPES aucun sur 1 0 %
  • GDR-NUPES aucun sur 1 0 %
  • SOC-A aucun sur 2 0 %
  • LIOT aucun sur 2 0 %
  • DEM 4 sur 4 100 %
  • RE 2 sur 2 100 %
  • LR 1 sur 2 50 %
  • RN aucun sur 11 0 %
  • ECOLO aucun sur 2 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

3 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2015 ↗

Les 3 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1erart. adopté Prolonge 4 ans l'expérimentation du travail à temps partagé aux fins d'employabilité, fixe ses publics et reporte à 6 mois avant son terme le rapport au Parlement. 3723 com. / 14 séance

    Prolonge 4 ans l'expérimentation du travail à temps partagé aux fins d'employabilité, fixe ses publics et reporte à 6 mois avant son terme le rapport au Parlement.

    37 amendements déposés sur cet article : 23 en commission, dont 3 adoptés, puis 14 en séance, dont 3 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(89 pour, 13 contre, 14 abstentions).

  • Article 1er bisart. adopté Corrige une erreur de rédaction dans un article du code du travail relatif au travail à temps partagé.

    Corrige une erreur de rédaction dans un article du code du travail relatif au travail à temps partagé.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(89 pour, 13 contre, 14 abstentions).

  • Article 1er terart. adopté Compte en ancienneté, et déduit de l'essai, les missions des 3 derniers mois chez l'entreprise utilisatrice qui embauche un salarié à temps partagé, dispensé de préavis sans indemnité.

    Compte en ancienneté, et déduit de l'essai, les missions des 3 derniers mois chez l'entreprise utilisatrice qui embauche un salarié à temps partagé, dispensé de préavis sans indemnité.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(89 pour, 13 contre, 14 abstentions).

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue