Amendement de M. Davi (LFI-NUPES) · art. 1er

77 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 28 voix non atteint. 1 abstention.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 10 %

Amendement n° 5 · ART. PREMIER, déposé par M. Davi LFI-NUPES +74 cosignataires.

L'essentiel : Cet amendement du groupe LFI-NUPES voulait supprimer l’article étendant à toutes les danses, dont le hip-hop et les danses régionales, l’obligation de diplôme d’État, ses auteurs y voyant un risque d’exclusion des danseurs autodidactes.

Texte exact de l'amendement

Supprimer cet article.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Par cet amendement, le groupe LFI-NUPES propose la suppression de l’article 1 er , qui étend à toute les danses l’obligation de détenir un diplôme d’État pour enseigner la danse, y compris le hip-hop, les danses régionales de France, les danses baroques et danses anciennes, ou encore les danses du monde. Aujourd’hui, l’obligation de détention du diplôme d’État ne s’applique qu’à l’enseignement de la danse classique, contemporaine et jazz. La mesure proposée par l’article 1 er présente un risque majeur d’exclusion des danseurs souhaitant enseigner leur pratique artistique. L’allongement d’un an de la durée du diplôme participe d’autant plus à l’augmentation du coût de ces études. Certaines danses, et notamment le hip hop, sont issues de la culture populaire. Ce sont des personnes vivant dans les quartiers populaires et n’ayant souvent pas accès à l’enseignement supérieur, qui ont développé et fait rayonner cette danse. Cette mesure apparaît d’autant plus injuste qu’elle privera d’emploi et de revenu ces personnes. Par ailleurs, toutes les danses ne peuvent pas être mises sur le même plan et appellent à des formations différentes. Certaines se sont fondées sur une organisation autonome de création et de transmission, s’inscrivant dans des formes d’éducation populaire et autodidactes. Le contrôle de la transmission de ces savoirs par des institutions peut être trop éloigné du fon…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 25 avril 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 7 mars 2024 1re lecture Assemblée Adopté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce texte modifie le cadre juridique régissant le diplôme d’État de professeur de danse, en précisant les conditions d’exercice de la profession et en renforçant les normes applicables aux locaux d’enseignement. Il instaure des dispositions encadrant l’activité des enseignants, notamment en interdisant l’exercice de la profession sans qualification reconnue et en définissant des règles pour les établissements d’enseignement de la danse. Des sanctions sont prévues en cas de non-respect des obligations liées à la sécurité, à l’hygiène ou aux conditions d’exercice de la profession.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR22EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE30HOR62LR88RN6NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale900
Gauche démocrate et républicaine - NUPES100
Écologiste - NUPES200
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)001
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires020
Démocrate (MoDem et Indépendants)060
Renaissance0240
Horizons et apparentés020
Les Républicains030
Rassemblement National060
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 5 en séance (Professionnaliser l’enseignement de la danse en tenant compte de la diversité des pratiques), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Hendrik Davi LFI
« Nous ne sommes pas opposés à l’idée que certaines communautés artistiques, décidées à se professionnaliser davantage, puissent disposer d’un diplôme d’État. Ce n’est toutefois pas le seul objet de la proposition de loi : si elle est votée, toutes les danses, pour pouvoir être enseignées, devraient l’être par le titulaire d’un diplôme d’État, et toute contravention serait passible d’une amende de 15 000 euros. Cela, ça ne va pas. C’est pourquoi nous défendons un amendement de suppression de l’article 1 er . Lors de l’examen du texte en commission, nous avons débattu du caractère obligatoire de ce diplôme. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Professionnaliser l’enseignement de la danse en tenant compte de la diversité des pratiques), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Fabienne Colboc (rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« La proposition de loi visant à professionnaliser l’enseignement de la danse en tenant compte de la diversité des pratiques a été adoptée en commission la semaine dernière. Elle s’inscrit dans la continuité d’une mission flash menée en 2021 avec ma corapporteure, Mme Valérie Bazin-Malgras. »
Mme Valérie Bazin-Malgras (rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Après l’introduction générale de ma corapporteure, que je remercie pour notre excellente collaboration, je vais maintenant vous présenter un peu plus en détail le dispositif de notre proposition de loi. L’article 1 er vise à réécrire l’article L. »
Mme Rachida Dati (ministre de la culture)
« La proposition de loi qui nous réunit est un texte pragmatique, qui apporte des réponses aux besoins exprimés par tout le secteur de la danse en France. Aujourd’hui, on peut apprendre et pratiquer un grand nombre de danses, ce qui est une chance. »
M. Arthur Delaporte SOC
« « Ils dansent », nous chante MC Solaar : « Ça break, ça danse, on est dans la street Les groupes se forment, y’a des gars, des filles Y’a du hop-rock et y’a des défis Et puis y’a c’mec en apesanteur Moitié condor et moitié breaker Un performeur, j’te le jure, j’insiste […] Ici on s’fout des vuvuzela… »
Mme Béatrice Bellamy HOR
« La danse est une émotion et un langage à part entière, une véritable littérature du corps. Elle est mouvement, dynamique et engagement de soi. C’est pourquoi la danse est la passion de plusieurs millions de nos compatriotes. »
Mme Sabrina Sebaihi ECOS
« Je voudrais commencer mon intervention en citant Akhenaton, lui-même opposé à cette proposition de loi : « la vie, c’est pas blanc ou noir, c’est un joyeux bordel ». »
M. Stéphane Lenormand LIOT
« Enseigner la danse, c’est transmettre une passion, un art. C’est apprendre à user de son corps pour transmettre une émotion, un message. C’est aussi une exigence physique et même sportive. »
Mme Sophie Blanc RN
« La danse, forme d’expression artistique riche et diversifiée, reflète les cultures, les traditions et les identités à travers le monde. Pourtant, son enseignement est mal reconnu et manque souvent de normes professionnelles. »
M. Carlos Martens Bilongo LFI
« La proposition de loi que nous examinons vise à imposer aux enseignants de toutes les danses la possession d’un diplôme d’État pour exercer leur activité. »
M. Laurent Esquenet-Goxes DEM
« Si j’osais, je vous dirais : yo ! Plus sérieusement, la danse est un art qui exprime des idées, suscite des émotions et raconte très souvent une histoire, mais aussi un sport, qu’un certain nombre de nos concitoyens pratiquent dans le cadre de leurs activités hebdomadaires. »
M. Elie Califer NI
« Ce texte est présenté comme un progrès. Je peux l’entendre. Néanmoins, dans les outre-mer, il suscite de nombreuses inquiétudes. Il est bon que nous puissions les évoquer. »
M. Yannick Monnet GDR
« Pour notre part, nous sommes convaincus que l’instauration de ce diplôme d’État renforcera la sélection sociale car, en raison de son coût et de sa durée, la formation ne sera pas accessible à tous. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue