Amendement de M. Meizonnet (NI) · art. 11

82 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 34 voix non atteint.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 12 %

Amendement n° 236 · ART. 11, déposé par M. Meizonnet RN +87 cosignataires.

L'essentiel : La relance nucléaire viserait explicitement l’ouverture d’au moins dix réacteurs pressurisés européens d’ici 2040, selon cet amendement, dont l’auteur entendait clarifier les ambitions de la filière.

Texte exact de l'amendement

I. – À la première phrase de l’alinéa 2, substituer aux mots : « dans le nouveau contexte de relance nucléaire marqué par des aléas climatiques extrêmes et des événements incertains, les mots : « en vue d’une relance massive du nucléaire qui aurait pour objectif l’ouverture d’au moins 10 réacteurs réacteurs pressurisés européens à l’horizon 2040 ». II. – En conséquence, à l’alinéa 3, substituer aux mots : « le nouveau contexte » les mots : « un contexte de relance massive du ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

L’objectif de cet amendement est de clarifier les ambitions de la filière nucléaire française. La nouvelle autorité de sûreté et de radioprotection va devoir relever un défi majeur en accompagnant la construction d’une dizaine de réacteurs sur le territoire français. Cette nouvelle structure va devoir adapter ses moyens à une charge de travail qui sera, dans les prochaines décennies, bien plus importante qu’elle ne l’a été entre 2002 et aujourd’hui pour l’ASN et l’IRSN.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 20 décembre 2023 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 13 février 2024 1re lecture Sénat Adopté
  3. 4 avril 2024 Commission mixte paritaire Accord
  4. 9 avril 2024 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 17 mai 2024 Conseil constitutionnel Conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte réorganise la gouvernance de la sûreté nucléaire autour d'une Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection et supprime, dans l'intitulé du chapitre concerné du code de l'environnement, la référence à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. Il ajoute aux finalités poursuivies la protection de la santé publique et de l'environnement, et autorise cette autorité à exercer elle-même des activités nucléaires dans le cadre de ses attributions, tout en lui reconnaissant des attributions en matière d'information et de transparence. Il impose, pour le renouvellement des membres désignés par le président du Sénat et par le président de l'Assemblée nationale, que le membre succédant à une femme soit un homme et celui succédant à un homme une femme. Il prévoit que le rapport annuel de l'autorité comporte un compte rendu de l'activité de sa commission des sanctions. Il permet également à l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques de demander à la commission mentionnée à l'article L. 542-3 du code de l'environnement de lui présenter une expertise.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR22EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE30HOR62LR88RN6NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale090
Gauche démocrate et républicaine - NUPES000
Écologiste - NUPES050
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)050
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires030
Démocrate (MoDem et Indépendants)040
Renaissance0270
Horizons et apparentés020
Les Républicains200
Rassemblement National1000
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 236 en séance (Gouvernance de la sûreté nucléaire et de la radioprotection), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Nicolas Dragon RN
« Alors que le plan Messmer vient d’avoir cinquante ans, comme je l’ai rappelé dans la discussion générale, nous avons urgemment besoin d’un nouveau programme de développement massif du nucléaire civil, à l’image du plan Marie Curie que Marine Le Pen proposait durant la dernière campagne présidentielle. Le présent amendement vise à clarifier les ambitions de la filière nucléaire française, en rappelant que l’objectif est de maintenir, voire d’accroître, la puissance du parc nucléaire en construisant une dizaine de réacteurs EPR à l’horizon 2040. »
Mme Delphine Batho ECOS
« Permettez-moi simplement d’observer que l’amendement du Rassemblement national tend à supprimer les mots « aléas climatiques extrêmes », ce qui est à l’image de l’obscurantisme dont ce groupe fait preuve dans le domaine de la lutte contre le changement climatique. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Gouvernance de la sûreté nucléaire et de la radioprotection), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Gérard Leseul SOC
« Il vise à renforcer la séparation de l’expertise et de la décision qui caractérise notre système dual. Celui-ci a fait ses preuves jusqu’à présent ; il est un gage d’intégrité, de crédibilité et de confiance pour l’ensemble de nos concitoyens. »
M. Philippe Bolo DEM
« Notre collègue Gérard Leseul a parfaitement défendu son amendement, qui est assez proche de celui déposé par Jean-Louis Bourlanges. Les GPE sont en effet un exemple illustrant la nécessité d’être très prudent s’agissant de la distinction entre l’expertise et la décision. »
M. Jean-Luc Fugit (rapporteur de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire)
« Je ferai deux observations relatives au fonctionnement actuel du système dual. D’une part, les services de l’ASN réalisent déjà de nombreuses expertises, indépendamment de la décision finalement prise par le collège de l’ASN. »
M. Roland Lescure (ministre délégué)
« …dont 1 650 des 2 000 décisions rendues annuellement – dont certaines sont très importantes – le sont sur la base d’expertises internes, les 350 restantes reposant sur l’expertise de l’IRSN. »
M. Benjamin Saint-Huile LIOT
« Dans son excellent rapport sur les conséquences d’une éventuelle réorganisation de l’ASN et de l’IRSN sur les plans scientifique et technologique ainsi que sur la sûreté nucléaire et la radioprotection,… »
M. Maxime Laisney LFI
« Cet amendement vise à préciser que la séparation entre l’expertise et la décision doit s’appliquer également à la validation de l’expertise. »
Mme Delphine Batho ECOS
« Soit vous distinguez les responsables de l’expertise d’une part, et de la décision d’autre part, soit vous organisez leur interaction. En mêlant ces deux notions, vous nourrissez une confusion ; la loi y perd en clarté et en intelligibilité. »
M. Nicolas Dragon RN
« Il n’y a aucun retournement de veste. En commission, j’ai expliqué la position du groupe Rassemblement national. Mardi dernier, le ministre n’était pas là. Nous avons posé des questions, sans obtenir de réponses. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue