Amendement de Mme Chatelain et les membres du groupe Écologiste - NUPES (ECOLO) · après art. 1er

54 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 51 voix non atteint. 23 abstentions.
Majoritaire
Participation 21 %

Amendement n° 137 · APRÈS ART. PREMIER, déposé par Mme Chatelain et les membres du groupe Écologiste - NUPES ECOLO.

L'essentiel : Cet amendement voulait plafonner, dès 2025, les importations annuelles de textiles et chaussures neufs au niveau de 2023, puis les réduire d’au moins 30 % d’ici 2030, pour limiter leur empreinte carbone.

Texte exact de l'amendement

La section 1 du chapitre V du titre I er du code des douanes est complété par un article 38‑1 ainsi rédigé : « Art. 38‑1 . – À partir du 1 er janvier 2025, le nombre d’unités de produits neufs mentionnés au 11° de l’article L. 541‑10‑1 du code de l’environnement importées chaque année en France ne peut dépasser le nombre d’unités importées en 2023. « Un décret en Conseil d’État fixe une trajectoire de réduction progressive des importations de produits neufs mentionnés au 11° de l’article L. 541‑10‑1 du même code afin d’atteindre, pour l’année 2030, une réduction d’au moins 30 % par rapport à l’année 2023. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement vise à limiter les volumes de produits textiles, linges et chaussures importés en France. D'après l'Union des Industries Textiles, en 2019, un kg de textile consommé en France (dans un vêtement ou linge de maison grand public) génère 54 kg d’équivalent CO2 (avec une production importée à 95,9%). En comparaison, un kg de textile produit en France génère seulement 27,7 kg d’équivalent CO2, soit quasiment la moitié par rapport à celui que nous consommons. Le Haut Conseil pour le Climat insiste sur le frein que représente la localisation étrangère de la production textile dans notre capacité à réduire nos EGES : "Les émissions de certains secteurs comme ceux de l’industrie des équipements électriques et électroniques ou l’industrie textile au sens large – qui représente 8 % de l’empreinte carbone – sont très majoritairement localisées à l’étranger et seront plus difficiles à réduire". Cet amendement propose donc de s'attaquer à l'indispensable réduction de nos importations de TLC.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 30 janvier 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 14 mars 2024 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 10 juin 2025 1re lecture Sénat Modifié
  4. 18 juin 2026 Commission mixte paritaire Accord
  5. 24 juin 2026 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  6. 29 juin 2026 Commission mixte paritaire Adopté

Ce que change ce texte

Le texte de loi insère une définition de « mode ultra express » dans le code de l’environnement, désignant des pratiques industrielles et commerciales qui réduisent la durée d’usage ou de vie des produits textiles. Il modifie les critères d’évaluation environnementale des produits pour inclure l’impact sur la biodiversité et l’empreinte carbone. La publicité des produits commercialisés dans ce cadre est interdite. Des mesures sont également prévues pour intégrer ces dispositions dans les lois sur la consommation et l’éducation, tout en exigeant un rapport sur l’alignement avec des normes européennes en matière d’environnement.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Définir la « mode ultra express » Adopté

    Insertion dans le code de l'environnement d'une définition des pratiques réduisant la durée d'usage ou de vie des produits textiles.

  • Renforcer les critères d'évaluation environnementale Adopté

    Prise en compte de l'impact sur la biodiversité et de l'empreinte carbone dans l'évaluation des produits.

  • Interdire la publicité pour les produits concernés Adopté

    Interdiction de la publicité des produits relevant de ces pratiques ; demande d'un rapport sur l'alignement avec les normes européennes.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR22EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE30HOR62LR88RN6NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale1800
Gauche démocrate et républicaine - NUPES100
Écologiste - NUPES900
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)400
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Démocrate (MoDem et Indépendants)0120
Renaissance0320
Horizons et apparentés0200
Les Républicains020
Rassemblement National1023
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 137 en séance (Réduction de l’impact environnemental de l’industrie textile), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Cyrielle Chatelain ECOS
« Le modèle de la fast fashion, c’est toujours plus : toujours plus de produits, s’engager à acheter toujours plus. Notre amendement vise donc à mettre un terme à cette course à la surproduction et à la surconsommation. Nous proposons la mise en place de quotas afin de limiter le nombre de produits importés. Alors qu’en 2023, leur nombre est déjà beaucoup trop élevé, nous serons tous d’accord, je pense, pour dire qu’il doit s’agir d’un plafond. C’est une nécessité car, si nous poursuivons dans la même voie, 26 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales en 2050 viendront de l’industrie de l’habillement et du textile. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Réduction de l’impact environnemental de l’industrie textile), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Charles Fournier ECOS
« Je partage la position qu’a exprimée ce matin Antoine Vermorel-Marques sur l’article 2 : il est nécessaire de mettre en place un dispositif efficace de bonus-malus, autrement dit un système permettant de s’opposer aux pratiques non vertueuses et de soutenir celles qui le sont, notamment en encourage… »
Mme Anne-Cécile Violland (rapporteure de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire)
« Cher collègue, vous proposez de définir une nouvelle pratique locale et vertueuse et d’introduire une écomodulation des écocontributions pour les produits qui la respecteraient. »
M. Christophe Béchu (ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires)
« Si j’émets moi aussi un avis défavorable sur cet amendement, ce n’est pas parce que je ne partage pas sa philosophie. Je considère seulement que le fait qu’un produit soit fabriqué en Europe ne garantit pas son caractère vertueux – par exemple, en matière de réparabilité. »
M. Michel Castellani LIOT
« Cet amendement de mon collègue Jean-Louis Bricout vise à prendre en compte, dans l’écomodulation des bonus et des malus de la filière REP – responsabilité élargie des producteurs – des textiles, l’« origine des produits déterminée selon les critères d’origine non préférentielle établis par le code d… »
M. Édouard Bénard GDR
« Je ne rappellerai pas encore une fois le drame survenu au Bangladesh en 2013 alors que nous avons déjà débattu ce matin de l’importance de l’affichage social. »
M. Antoine Villedieu RN
« Nous proposons également d’ajouter des critères sociaux aux critères environnementaux. Nous estimons qu’un produit ne peut être considéré comme étant durable que si les conditions d’emploi des personnes qui le fabriquent à l’autre bout du monde sont conformes à certaines exigences sociales. »
M. Antoine Vermorel-Marques
« Si vous me le permettez, madame la présidente, je défendrai en même temps les amendements n os 17 et 18, qui sont comme l’amendement n o 16 des amendements d’appel destinés à nous interroger collectivement sur la notion de circuit court, notamment dans la filière des textiles. »
M. Dominique Potier SOC
« Chers collègues du groupe Horizons, soyez assurés que nous sommes là pour dépolluer la planète et lutter contre les atteintes aux droits humains, mais en aucun cas pour polluer votre niche parlementaire. Nous avons rendu hommage à votre proposition de loi et souhaitons y contribuer. »
Mme Alma Dufour LFI
« Nous proposons le contraire de ce que propose le Rassemblement national, dont il est d’ailleurs difficile de comprendre le programme. Il dit vouloir relocaliser en France l’industrie textile, mais propose de limiter les malus aux produits de l’ ultrafast fashion . »
Mme Maud Gatel DEM
« Reprenant l’idée défendue dans l’article 2 bis , issu de l’adoption d’un amendement en commission, cet amendement de mon collègue Jimmy Pahun tend à viser plus spécifiquement la filière textile, en intégrant un nouveau critère de modulation des contributions financières en fonction de la teneur en f… »
M. Charles Sitzenstuhl RE
« Il s’agit d’une demande de rapport portant sur un sujet important, brièvement abordé au début de l’examen de l’article 1 er . L’industrie textile émet chaque année l’équivalent de 4 milliards de tonnes de CO 2 et sera responsable en 2050 d’un quart des émissions de gaz à effet de serre. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue