Amendement de M. Lauzzana (LAREM) · art. 1ER BIS

61 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 80 voix non atteint. 1 abstention.
Disputé
Participation 28 %

Amendement n° 3374 · ART. 1ER BIS, déposé par M. Lauzzana RE.

L'essentiel : L’article instaurant un droit opposable aux soins palliatifs aurait été largement réécrit, selon cet amendement, son auteur jugeant qu’un tel droit, comme celui au logement, n’ouvrirait qu’à des indemnisations sans créer de places.

Texte exact de l'amendement

I. – Supprimer l’alinéa 3. II. – En conséquence, au début de l’alinéa 4, ajouter la mention : « Art. L. 1110‑9 . – ». III. – En conséquence, après le même alinéa, insérer l’alinéa suivant : « La stratégie décennale vise à permettre à toute personne malade dont l’état le requiert d’accéder à des soins d’accompagnement dont des soins palliatifs. » IV. – En conséquence, supprimer les alinéas 5 à 7.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

L’article 1er bis organise un droit opposable aux soins palliatifs et une obligation de résultat de garantir une telle prise en charge dont seraient responsables les Agences régionales de santé. Lorsqu’il existe une telle obligation de résultat, la carence des pouvoirs publics constitue une faute qui engage leur responsabilité et qui ouvre droit à une indemnisation financière. La reconnaissance d’un droit opposable se traduit donc uniquement par une sanction financière de l’administration. En revanche, elle ne conduit pas nécessairement à un accès effectif de la personne à la prestation demandée. Pour le dire autrement : s’il n’y a pas de place, le recours contentieux ne va pas permettre d’en créer. Il conduira juste à une indemnisation financière de la personne. Les crédits publics répareront le préjudice subi par la personne, mais ils ne pourront pas être utilisés pour financer des prises en charge. Il est illusoire de croire la consécration d’un droit opposable va agir comme un aiguillon pour créer des places en soins palliatifs. Cela n’a pas été le cas pour le droit au logement opposable (DALO). L’expérience montre qu’un tel dispositif est : - Coûteux (astreintes, fonctionnement des commissions de médiation, des juridictions etc.) ; - Illisible pour les citoyens car il ne leur propose pas nécessairement un logement alors même qu’ils ont été reconnus prioritaires, s’il n’ex…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 avril 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce texte de loi vise à renforcer l'accompagnement des personnes en fin de vie en clarifiant les droits des patients en matière de refus de soins, de directives anticipées et de sédation profonde. Il prévoit la création de maisons d’accompagnement pour mieux répondre aux souhaits des personnes souhaitant mourir à leur domicile. Il institue un plan personnalisé d’accompagnement après un diagnostic grave. Il établit des conditions précises pour l’aide à mourir, qui nécessite une demande formulée par une personne majeure, atteinte d’une maladie grave et incurable, et vérifiée par un médecin indépendant. L’aide à mourir consiste à mettre à disposition une substance létale, sous certaines conditions, afin que la personne puisse s’administrer elle-même ce produit.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR21EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE31HOR61LR88RN7NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale0160
Gauche démocrate et républicaine - NUPES020
Écologiste - NUPES080
Socialistes et apparentés1120
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires020
Démocrate (MoDem et Indépendants)1110
Renaissance4221
Horizons et apparentés710
Les Républicains0150
Rassemblement National0370
Non inscrit010

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 3374 en séance (Accompagnement des malades et de la fin de vie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Agnès Firmin Le Bodo (présidente de la commission spéciale)
« Je soutiens l’amendement de M. Lauzzana, adopté par la commission spéciale réunie en application de l’article 88. Comme je l’ai indiqué avant la suspension de séance, il conforte ce que M. Turquois souhaitait faire, c’est-à-dire retirer du texte le droit opposable aux soins palliatifs et le risque de judiciarisation afférent, tout en confirmant notre volonté commune, réitérée à de nombreuses reprises, d’inscrire dans la loi la stratégie décennale des soins palliatifs. L’amendement de M. Lauzzana supprime deux alinéas de l’article 1 er bis sans supprimer l’article lui-même. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Accompagnement des malades et de la fin de vie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Patrick Hetzel LR
« Rendez-vous compte : le Gouvernement nous dit que tout cela se fera sur une période de dix ans, ce qui engagera, de fait, trois présidents de la République successifs, l’actuel et les deux suivants. Tout cela n’est pas très sérieux. »
M. Jérôme Guedj SOC
« Au moment de la reprise de notre discussion, je ne crois pas inutile de faire le point, notamment pour vous, madame la présidente, qui n’avez peut-être pas pu suivre nos débats passionnants. (Mme la présidente rit.) »
Mme Geneviève Darrieussecq DEM
« Bien qu’en discussion commune, il diffère du précédent. Il s’agit d’un amendement de cohérence : dans la mesure où nous avons décidé de conserver à l’article 1 er l’expression « soins palliatifs et d’accompagnement », je propose de modifier les alinéas 3, 4, 6 et 7 de l’article 1 er bis . »
M. Marc Le Fur LR
« Oui, si ce n’est qu’il va à l’opposé de ce que vient de dire notre excellente collègue ! Nous, nous n’aimons pas le mot « accompagnement », nous lui préférons l’expression « soins palliatifs ». »
M. Didier Martin (rapporteur de la commission spéciale)
« Mon avis est défavorable sur l’ensemble de ces amendements. Nous avons besoin de nous projeter sur le temps long. Quant aux apports des amendements ne traitant pas de la stratégie décennale, ils ne semblent pas indispensables. »
Mme Catherine Vautrin (ministre du travail, de la santé et des solidarités)
« Je suis défavorable à l’ensemble de ces amendements. Nous évoquerons tout à l’heure la loi de programmation. Ce sera pour moi l’occasion de vous répondre, monsieur Guedj. »
M. Sébastien Peytavie ECOS
« Le groupe Écologiste ne votera pas ces amendements, car nous sommes favorables et à une stratégie décennale et à une loi de programmation. Nous défendrons un amendement en ce sens, le n o 2115, après l’article 1 er bis . »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Monsieur le rapporteur, madame la ministre, souvenez-vous de notre discussion à l’article 1 er et du débat sémantique qui nous a opposés sur l’usage des expressions « soins palliatifs » et « soins d’accompagnement ». »
M. Hadrien Clouet LFI
« Tout d’abord, un point de droit qui me paraît important : il y a évidemment des lois qui créent des lois, on l’a fait de très nombreuses fois. Prenez, monsieur Le Gendre, la loi « climat et résilience » : elle prévoit que le gouvernement déposera un projet de loi de programmation énergie-climat. »
M. Pierrick Berteloot RN
« L’approche administrative et financière des agences régionales de santé (ARS) a pris le pas sur les questions médicales en faisant peser sur les soignants le poids permanent de la dictature des indicateurs chiffrés, au détriment du temps passé à soigner les patients. »
M. Pierre Dharréville GDR
« Ils visent à ce que les objectifs de développement des soins palliatifs soient déterminés, pour les investissements et les budgets, de manière distincte de ceux des soins palliatifs. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue