Amendement de Mme Corneloup (LR) · après art. 1ER BIS

57 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 65 voix non atteint. 12 abstentions.
DisputéClivage gauche-droite
Participation 24 %

Amendement n° 1659 · APRÈS ART. 1ER BIS, déposé par Mme Corneloup LR +7 cosignataires.

L'essentiel : Tout patient aurait pu accéder aux soins palliatifs dès l’annonce d’une maladie grave ou incurable, selon son état de santé, si cet amendement avait été adopté, son autrice y voyant une alternative à la fin de vie.

Texte exact de l'amendement

Un patient doit pouvoir bénéficier d’un accès aux soins palliatifs dès la réception d’un diagnostic de maladie grave ou incurable en fonction de son état de santé.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement vise à prioriser l’accès aux soins palliatifs dans un délai optimal afin de garantir au patient une solution alternative à la fin de vie. Le médecin doit s’assurer que le patient a accès aux soins palliatifs avant toute chose et que ce dernier puisse avoir accès aux soins les plus adaptés en fonction de l’évolution de son état de santé.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 avril 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce texte de loi vise à renforcer l'accompagnement des personnes en fin de vie en clarifiant les droits des patients en matière de refus de soins, de directives anticipées et de sédation profonde. Il prévoit la création de maisons d’accompagnement pour mieux répondre aux souhaits des personnes souhaitant mourir à leur domicile. Il institue un plan personnalisé d’accompagnement après un diagnostic grave. Il établit des conditions précises pour l’aide à mourir, qui nécessite une demande formulée par une personne majeure, atteinte d’une maladie grave et incurable, et vérifiée par un médecin indépendant. L’aide à mourir consiste à mettre à disposition une substance létale, sous certaines conditions, afin que la personne puisse s’administrer elle-même ce produit.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR21EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE31HOR61LR88RN7NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale0012
Gauche démocrate et républicaine - NUPES100
Écologiste - NUPES040
Socialistes et apparentés0120
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires100
Démocrate (MoDem et Indépendants)0140
Renaissance0450
Horizons et apparentés050
Les Républicains1300
Rassemblement National3300
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1659 en séance (Accompagnement des malades et de la fin de vie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Philippe Gosselin LR
« Il vise à rendre prioritaire l’accès aux soins palliatifs dans un délai optimal. Le droit opposable à cet accès y contribuera – sans revenir sur les conséquences juridiques de l’opposabilité, notre volonté est de rendre pratique et effectif l’accès aux soins palliatifs. »
M. Didier Martin (rapporteur)
« L’amendement est déjà satisfait ; avis défavorable. Je voudrais mentionner, par respect et pour l’avoir connu, le départ en Belgique d’un citoyen de ma circonscription, qui a été entouré jusqu’au bout de sa sœur, de son fils adoptif et de deux amis. L’aide active à mourir dont il a bénéficié… […] …était un moment d’union familiale – je pourrais donner d’autres exemples dans ma circonscription. Si le moment est toujours tragique, il n’est pas forcément celui d’une rupture familiale, au contraire. L’apaisement procuré par la mise en œuvre d’une décision lentement mûrie – des semaines, parfois des mois – peut favoriser la consolation et la réunion des familles. »
Mme Laure Lavalette RN
« Je suis choquée par le propos du rapporteur, que j’ai trouvé assez gênant. Nous étions nombreux à souhaiter deux projets de loi : l’un sur les soins palliatifs, l’autre sur l’aide à mourir. Le premier aurait dû faire consensus, comme M. Odoul l’a souligné, car chacun ici souhaite renforcer les soins palliatifs. Il manque 400 médecins dans le domaine et 500 personnes meurent chaque jour sans avoir pu bénéficier de ces soins – c’est une honte. Madame la ministre, nous attendons un plan en la matière. […] M. Nicolas Bauer le dit, les faits sont têtus. Les soins palliatifs régressent partout où l’aide à mourir a été légalisée ! »
M. Patrick Hetzel LR
« Monsieur le rapporteur, vous venez d’affirmer que l’amendement n o 1659 était satisfait. Nous aimerions que vous argumentiez : pourquoi le considérez-vous satisfait ? Si cet amendement a été déposé et défendu, c’est précisément parce que nous considérons qu’il ne l’est point. »
Mme Julie Laernoes ECOS
« Je salue la concorde qui règne à propos des soins palliatifs et les propositions concrètes qui sont avancées pour les renforcer. Ils suscitent une inquiétude légitime, puisque la France est mal classée en la matière : 50 % des patients qui auraient dû bénéficier de soins palliatifs n’ont pas pu y avoir recours faute de moyens suffisants. Cependant, le projet de loi est équilibré,… […] …puisqu’il vise tant à développer l’accès aux soins palliatifs qu’à permettre, par l’instauration de l’aide à mourir, de partir de manière apaisée. »
Mme Geneviève Darrieussecq DEM
« Je voudrais revenir à l’amendement. Le rapporteur a indiqué qu’il était satisfait et c’est effectivement le cas : nous avons largement voté l’article 1 er , qui renforce les soins palliatifs et d’accompagnement, dans le but de procurer un accompagnement au patient dès l’annonce de la maladie. »

1 autre prise de parole a suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Accompagnement des malades et de la fin de vie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Patrick Hetzel LR
« Rendez-vous compte : le Gouvernement nous dit que tout cela se fera sur une période de dix ans, ce qui engagera, de fait, trois présidents de la République successifs, l’actuel et les deux suivants. Tout cela n’est pas très sérieux. »
M. Jérôme Guedj SOC
« Au moment de la reprise de notre discussion, je ne crois pas inutile de faire le point, notamment pour vous, madame la présidente, qui n’avez peut-être pas pu suivre nos débats passionnants. (Mme la présidente rit.) »
Mme Geneviève Darrieussecq DEM
« Bien qu’en discussion commune, il diffère du précédent. Il s’agit d’un amendement de cohérence : dans la mesure où nous avons décidé de conserver à l’article 1 er l’expression « soins palliatifs et d’accompagnement », je propose de modifier les alinéas 3, 4, 6 et 7 de l’article 1 er bis . »
M. Marc Le Fur LR
« Oui, si ce n’est qu’il va à l’opposé de ce que vient de dire notre excellente collègue ! Nous, nous n’aimons pas le mot « accompagnement », nous lui préférons l’expression « soins palliatifs ». »
M. Didier Martin (rapporteur de la commission spéciale)
« Mon avis est défavorable sur l’ensemble de ces amendements. Nous avons besoin de nous projeter sur le temps long. Quant aux apports des amendements ne traitant pas de la stratégie décennale, ils ne semblent pas indispensables. »
M. Sébastien Peytavie ECOS
« Le groupe Écologiste ne votera pas ces amendements, car nous sommes favorables et à une stratégie décennale et à une loi de programmation. Nous défendrons un amendement en ce sens, le n o 2115, après l’article 1 er bis . »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Monsieur le rapporteur, madame la ministre, souvenez-vous de notre discussion à l’article 1 er et du débat sémantique qui nous a opposés sur l’usage des expressions « soins palliatifs » et « soins d’accompagnement ». »
Mme Nathalie Bassire LIOT
« Les associations de bénévoles qui accompagnent les personnes en fin de vie regrettent que celles-ci soient parfois adressées trop tardivement aux unités de soins palliatifs (USP). »
M. Pierrick Berteloot RN
« L’approche administrative et financière des agences régionales de santé (ARS) a pris le pas sur les questions médicales en faisant peser sur les soignants le poids permanent de la dictature des indicateurs chiffrés, au détriment du temps passé à soigner les patients. »
M. Pierre Dharréville GDR
« Ils visent à ce que les objectifs de développement des soins palliatifs soient déterminés, pour les investissements et les budgets, de manière distincte de ceux des soins palliatifs. »
Mme Caroline Fiat LFI
« En effet, je ne suis pas certaine que la rédaction proposée permette de faire bouger les lignes. Si j’ai demandé la parole, madame la présidente, c’est pour vous remercier, ainsi que Mme la ministre, d’avoir réservé des places en tribune aux membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue