Amendement du Gouvernement · art. 4

77 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 32 voix franchi. 2 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 11 %

Amendement n° 2489 · ART. 4, déposé par le Gouvernement.

L'essentiel : Le Gouvernement a supprimé la possibilité d’inscrire dans ses directives anticipées un choix d’aide à mourir, afin que la volonté reste manifestée librement tout au long de la procédure, jusqu’à l’administration de la substance.

Texte exact de l'amendement

Supprimer l’alinéa 7.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement vise à supprimer la possibilité pour la personne d’indiquer dans ses directives anticipées son choix en matière d’aide à mourir, a fortiori dans l’hypothèse d’une perte de conscience irréversible. L’un des équilibres du projet de loi est que le patient doit être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée, non seulement au moment de la demande d’aide à mourir mais également tout au long de la procédure, jusqu’au jour de l’administration de la substance létale. En outre, des directives anticipées opposables en matière d’aide à mourir mettraient à mal la possibilité, prévue par ailleurs dans le projet de texte, de renoncer à tout moment de la procédure à la demande d’aide à mourir Enfin, cette suppression rétablit la cohérence avec les dispositions de l’article 6 relatives au critère d’aptitude à manifester sa volonté libre et éclairée, qui ont été maintenues dans leur rédaction initiale.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 avril 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Ce texte de loi vise à renforcer l'accompagnement des personnes en fin de vie en clarifiant les droits des patients en matière de refus de soins, de directives anticipées et de sédation profonde. Il prévoit la création de maisons d’accompagnement pour mieux répondre aux souhaits des personnes souhaitant mourir à leur domicile. Il institue un plan personnalisé d’accompagnement après un diagnostic grave. Il établit des conditions précises pour l’aide à mourir, qui nécessite une demande formulée par une personne majeure, atteinte d’une maladie grave et incurable, et vérifiée par un médecin indépendant. L’aide à mourir consiste à mettre à disposition une substance létale, sous certaines conditions, afin que la personne puisse s’administrer elle-même ce produit.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR21EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE31HOR61LR88RN7NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale420
Gauche démocrate et républicaine - NUPES001
Écologiste - NUPES040
Socialistes et apparentés130
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Démocrate (MoDem et Indépendants)700
Renaissance1941
Horizons et apparentés200
Les Républicains500
Rassemblement National1100
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 2489 en séance (Accompagnement des malades et de la fin de vie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Catherine Vautrin (ministre)
« Plusieurs d’entre vous proposent de supprimer la possibilité d’exprimer dans les directives anticipées un choix individuel en matière d’aide à mourir dans l’hypothèse d’une perte de conscience irréversible. Comme je l’ai dit en commission, le Gouvernement y est également opposé, car l’un des piliers du texte réside dans la capacité du patient à exprimer sa volonté de manière libre et éclairée non seulement au moment où il demande l’aide à mourir, mais aussi tout au long de la procédure, jusqu’au moment où, le cas échéant, il y recourt. De plus, nous examinons actuellement le titre I er , qui concerne le développement des soins palliatifs et d’accompagnement. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Accompagnement des malades et de la fin de vie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Sandrine Rousseau ECOS
« Les maisons d’accompagnement sont qualifiées de « maisons de la mort » par nos collègues de la droite de l’hémicycle. C’est évidemment faux puisque ces maisons ont une visée humaniste et permettront d’accueillir des personnes isolées, ainsi que leurs proches, qui pourront ainsi les entourer dans leu… »
M. Christophe Bentz RN
« Je commencerai par réagir aux propos de Mme Darrieussecq avant la levée de séance : elle a évoqué « la posture » du Rassemblement national ; nous n’avons de posture, nous avons une position, ce qui est tout à fait différent. »
M. Stéphane Delautrette SOC
« L’apport de l’article 2, qui tend à créer les maisons d’accompagnement, est essentiel. Ces structures complètent l’offre de prise en charge des personnes malades et de leur entourage. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« La création des maisons d’accompagnement constitue, à mes yeux, une réponse réelle aux besoins des malades isolés ou dont les logements ne sont pas adaptés, de leurs proches et des équipes pluridisciplinaires. »
M. Thibault Bazin LR
« L’article 2 propose de créer de nouvelles structures, dont les missions, telles qu’elles sont décrites, paraissent intéressantes, je vous l’accorde. Elles accueilleraient des personnes en fin de vie dont l’état ne permet pas qu’elles restent chez elles, mais qui n’ont pas besoin d’être à l’hôpital. »
Mme Anne Bergantz DEM
« La nécessité de renforcer les soins palliatifs et de multiplier les approches fait consensus, même chez ceux qui n’ont pas voté pour l’article 1 er . »
Mme Catherine Vautrin (ministre du travail, de la santé et des solidarités)
« J’aimerais faire un point sur l’article 2 avant d’aborder la discussion des amendements. Monsieur Bazin, vous avez fait allusion aux SSR, mais il me semble que vous vous méprenez. »
Mme Monique Iborra RE
« J’aimerais souligner les contradictions au sein du groupe Les Républicains. En commission, Mme Genevard soulignait que les services de soins palliatifs refuseraient l’aide à mourir mais que nous pourrions les mettre en œuvre dans les maisons d’accompagnement. »
M. René Pilato LFI
« Je n’ajouterai rien à ce qu’a dit la collègue Rilhac. Je veux seulement réagir à ce mélange entre le titre I er et le titre II que nos collègues de droite et d’extrême droite s’amusent à entretenir depuis le début des débats. »
Mme Lise Magnier HOR
« Le groupe Horizons et apparentés soutient la création de maisons d’accompagnement, à la fois pour les malades et pour leurs proches, qui y trouveront un accompagnement complet. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue