Amendement de M. Taverne (RN) · art. 1er

73 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 26 voix non atteint. 2 abstentions.
Majoritaire
Participation 9 %

Amendement n° 786 · ART. PREMIER, déposé par M. Taverne RN +32 cosignataires.

L'essentiel : Dans la formation initiale des policiers, cet amendement voulait inscrire une forte augmentation des heures consacrées aux techniques de défense, d’interpellation et d’intervention, jugées insuffisantes par son auteur.

Texte exact de l'amendement

Après la deuxième phrase de l’alinéa 390, insérer la phrase suivante : « Les heures consacrées aux techniques de défense et d’interpellation ainsi qu’aux techniques d’intervention seront fortement augmentées. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Depuis plusieurs années, les forces de l’ordre pointent du doigt le manque d’heures de formations proposées, et ce notamment lors de leur formation initiale. Or, c’est bien souvent ce manque de formation qui est à l’origine de comportements inadéquats. Ainsi, si l’augmentation de quatre mois de la durée de formation initiale va incontestablement dans le bon sens, il faut que celle-ci se fasse principalement au profit des heures dédiées à la formation aux techniques de défense et d’interpellation ainsi qu’aux techniques d’intervention. Tel est le sens de cet amendement.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 7 septembre 2022 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 18 octobre 2022 1re lecture Sénat Adopté
  3. 1er décembre 2022 Commission mixte paritaire Accord
  4. 7 décembre 2022 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 14 décembre 2022 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 19 janvier 2023 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le texte approuve un rapport annexé sur la modernisation du ministère de l'intérieur et fixe, pour la période 2023-2027, l'évolution des crédits de paiement du ministère et des plafonds des taxes qui lui sont affectées, hors charges de pensions. Il crée dans le code des assurances un chapitre consacré à l'assurance des risques de cyberattaques, qui encadre le versement d'une somme au titre d'une clause couvrant le paiement d'une rançon par l'assuré. Il élargit les possibilités d'enquête sous pseudonyme en autorisant, dans les mêmes conditions d'autorisation que celles déjà prévues, l'acquisition de tout contenu, produit, substance, prélèvement ou service, y compris illicite. Il permet à un officier de police judiciaire d'être autorisé par tout moyen par le procureur de la République ou le juge d'instruction pour certaines saisies, et introduit dans le code des postes et des communications électroniques la notion de communications mobiles critiques à très haut débit. Il crée en outre dans le code pénal une section consacrée à l'outrage sexiste, puni de 3 750 euros d'amende.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • 15 milliards d’euros sur cinq ans Adopté

    La loi fixe une trajectoire de 15 milliards d’euros de moyens supplémentaires pour le ministère de l’intérieur sur la période 2023-2027.

    Validé par le Conseil constitutionnel.

  • 8 500 postes de policiers et gendarmes Adopté

    Recrutement de 8 500 policiers et gendarmes supplémentaires sur la durée de la programmation.

    Validé.

  • Transformation numérique et lutte anti-cyber Adopté

    Engagement de la transformation numérique du ministère, renforcement de la lutte contre la cybercriminalité et amélioration de l’accompagnement des victimes.

    Validé.

  • Répression des violences contre les élus et de délits routiers Censuré

    L’article 15 aggravait la répression des violences commises contre les élus et de certains délits routiers.

    Censuré comme cavalier législatif : le Conseil constitutionnel a jugé cette disposition sans lien, même indirect, avec le texte déposé (article 45 de la Constitution).

  • Nouveau régime des menaces de mort Censuré

    L’article 26 modifiait la répression des menaces de mort.

    Censuré comme cavalier législatif (absence de lien avec le projet initial).

  • Enquête sous pseudonyme élargie Censuré

    L’article 10 étendait les possibilités d’enquête sous pseudonyme des agents ; une partie de la mesure a été retirée.

    Censure partielle : les mots autorisant l’acquisition ou la transmission d’un objet illicite ont été jugés contraires au droit à un procès équitable.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC20LIOT51DEM170RE30HOR62LR89RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale000
Gauche démocrate et républicaine - NUPES001
Écologiste - NUPES001
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Démocrate (MoDem et Indépendants)260
Renaissance0290
Horizons et apparentés030
Les Républicains100
Rassemblement National900
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 786 en séance (Orientation et programmation du ministère de l’intérieur), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Michaël Taverne RN
« Il vise à augmenter le nombre d’heures de formation consacrées aux gestes techniques professionnels et aux techniques d’intervention. Lorsque nous avons eu l’occasion d’en discuter, monsieur le ministre, je vous ai dit que j’étais très inquiet de voir de jeunes policiers sortir de leur formation sans avoir le niveau. Dans un large consensus, les formateurs estiment que l’on envoie les jeunes policiers au carnage, car ils ne sont pas suffisamment formés aux techniques et gestes professionnels pour affronter ce que nous observons tous les jours : une violence décomplexée qui se radicalise. »
M. Ugo Bernalicis LFI
« Je suis assez surpris d’entendre le Rassemblement national émettre des critiques envers la police. Je sens poindre une petite haine antiflics pas bien formés. Si c’est de la haine antiflics pas bien formés, on pourrait presque tomber d’accord. Vous avez raison : il y a un souci de formation initiale et continue en ce qui concerne notamment les gestes techniques professionnels et les techniques d’interpellation. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Orientation et programmation du ministère de l’intérieur), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Ugo Bernalicis LFI
« Madame la présidente, hier j’ai fait un rappel au règlement pour demander s’il était possible d’ouvrir des séances supplémentaires samedi, c’est-à-dire demain. Comme nous sommes vendredi soir, il est urgent de statuer sur cette question. »
Mme Élisa Martin LFI
« Le premier directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) avec lequel j’ai eu l’occasion de travailler, en 2014, m’a dit que le travail de la police était de garantir le droit de manifester et que la stratégie était de montrer la force pour ne pas l’utiliser. »
M. Florent Boudié (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« À ce stade, nous n’avons accepté aucun amendement portant sur la doctrine d’emploi ou les techniques d’interpellation. En revanche, lorsque nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’il y avait débat et qu’il fallait explorer un sujet, nous avons accepté des rapports ou des mises en situation. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« Nous proposons de supprimer dans le rapport annexé la sous-section intitulée « Mieux piloter le continuum de sécurité », qui est directement issue de la loi du 25 mai 2021 pour une sécurité globale préservant les libertés. »
Mme Delphine Lingemann DEM
« Il vise à mentionner le renforcement des liens entre gendarmerie nationale et polices municipales mais également rurales. Sur la base de partenariats locaux, plusieurs conventions entre gendarmeries et polices rurales se sont formalisées. »
Mme Sandra Regol ECOS
« Il vise à supprimer l’alinéa 212 du rapport annexé, lequel propose de tripler les budgets alloués à la vidéosurveillance, dont – comme nous l’avons répété plusieurs fois – l’efficacité n’est pas prouvée. »
Mme Marie-Agnès Poussier-Winsback HOR
« Nous considérons, nous – cela ne vous étonnera pas –, que la vidéoprotection est un outil essentiel pour garantir la sécurité de nos concitoyens. Or le traitement humain des milliers d’heures d’images enregistrées par ces caméras a ses limites. »
M. Emeric Salmon RN
« Les caméras de vidéoprotection sont de très bons moyens de dissuasion et d’élucidation des affaires de dégradation de biens privés, de tentative de vol de véhicules et d’incendie de véhicules. »
M. Ian Boucard LR
« Cet amendement de Pierre Cordier prévoit que d’ici 2024, les véhicules effectuant des contrôles radar puissent être clairement identifiés par les conducteurs. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue