Amendement de M. de Fournas et les membres du groupe Rassemblement National · après art. 1er

82 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 63 voix non atteint.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 21 %

Amendement n° 24 · APRÈS ART. PREMIER, déposé par M. de Fournas et les membres du groupe Rassemblement National.

L'essentiel : Cet amendement voulait que la publication des mauvaises pratiques de paiement soit rendue « aisément accessible » sur le site internet de l’autorité compétente, ses auteurs misant sur le « name and shame » pour dissuader les retards.

Texte exact de l'amendement

Au dernier alinéa du IV de l’article L. 440‑1 du code de commerce, après le mot : « publié », sont insérés les mots : « de manière aisément accessible sur le site internet de l’autorité administrative compétente ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Pour faire appliquer la loi, le législateur dispose d’une arme redoutable : mettre à mal la réputation d’une entreprise en autorisant la publicité de ses mauvaises pratiques. Très en vogue dans les pays anglo-saxons, et notamment en Grande-Bretagne, le « Name & Shame » consiste à déclarer publiquement qu’une personne, un groupe ou une entreprise agit de manière fautive. Le « Name & Shame » apparaît au Royaume-Uni en 2009, lorsque la presse britannique dénonce le comportement de certains députés et ministres qui demandaient le remboursement par l’État de leurs dépenses privées. En 2010, c’est au tour des entreprises qui ne versent pas de salaire minimum à leurs salariés d’être “victimes” de cette pratique. Ces dernières années, le « Name & Shame » s’est fortement développé grâce aux réseaux sociaux qui facilitent la dénonciation publique des comportements. Les mouvements #MeToo ou #Balancetonporc en sont les exemples les plus récents. Dans le cadre des retards de paiement, bien souvent responsables des difficultés de trésorerie des PME et TPE, le Name & Shame se relève particulièrement efficace. Les lois Macron en 2015, Sapin II en 2016 et Pacte en 2018 ont porté ces dispositions en modifiant le Code du Commerce. Il est ainsi prévu à l’alinéa V de l’art.470-2 du code de commerce : « La décision prononcée par l'autorité administrative peut être publiée sur le sit…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 29 novembre 2022 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 18 janvier 2023 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 15 février 2023 1re lecture Sénat Modifié
  4. 21 mars 2023 Commission mixte paritaire Adopté
  5. 22 mars 2023 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le texte propose d'étendre l'application de certaines règles commerciales à toutes les relations commerciales impliquant des produits vendus sur le territoire, de supprimer une disposition existante relative à la simplification de l'action publique, de prévoir un mécanisme de fixation des prix par défaut en cas d'absence d'accord avant mars, et d'introduire une obligation de recourir à un tiers indépendant pour évaluer les évolutions tarifaires par rapport à l'année précédente. Il vise à renforcer la transparence et la stabilité des négociations commerciales, en particulier dans le secteur agricole et alimentaire. Les dispositions s'inscrivent dans un contexte de crise économique et de tensions géopolitiques, avec pour objectif de limiter les effets de la volatilité des prix sur les acteurs de la chaîne de valeur.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
74LFI22GDR23EcoS30SOC20LIOT51DEM170RE29HOR62LR88RN5NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale000
Gauche démocrate et républicaine - NUPES010
Écologiste - NUPES030
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)010
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires010
Démocrate (MoDem et Indépendants)1140
Renaissance0680
Horizons et apparentés070
Les Républicains070
Rassemblement National2000
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 24 en séance (Approvisionnement en produits de grande consommation), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Frédéric Descrozaille (rapporteur)
« Avis défavorable. Cet amendement est satisfait. Les pratiques commerciales sont déjà consultables en ligne, et la DGCCRF pratique déjà le name and shame . »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Approvisionnement en produits de grande consommation), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Richard Ramos DEM
« Dans le monde merveilleux imaginé par le Bisounours Michel-Édouard Leclerc, dit MEL, une comptine pour enfants naïfs nous est rapportée cette semaine à grand renfort d’achats publicitaires. MEL y serait un roi, défenseur de nos agriculteurs et de nos entreprises. »
M. Gérard Leseul SOC
« La présente proposition de loi vise à corriger le déséquilibre structurel dans lequel sont placés les acteurs de l’agroalimentaire vis-à-vis de leurs acheteurs, et tout particulièrement de la grande distribution. Vous me pardonnerez, mais je ne vous raconterai ni fable, ni fabliau. »
M. Thierry Benoit HOR
« Nous voici une nouvelle fois réunis pour évoquer le sujet crucial des négociations commerciales. L’enjeu, depuis 2017 et les premières lois Egalim, c’est la souveraineté alimentaire française ; en 2023, ce qui nous pend au nez, c’est une perte de souveraineté, comme celle que nous subissons dans le… »
M. Yannick Monnet GDR
« Vous nous proposez un texte qui vise à sécuriser l’approvisionnement des Français en produits de grande consommation. L’intitulé est prometteur, mais trompeur. En réalité, l’ambition de votre proposition de loi est louable, mais plus modeste. »
M. Charles de Courson LIOT
« En 2018, nous adoptions la loi Egalim 1 avec pour objectif de rééquilibrer les relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire. »
Mme Nicole Le Peih RE
« Les entreprises du secteur agroalimentaire sont particulièrement exposées à la progression généralisée des coûts. Ainsi, en 2021 et 2022, elles ont dû faire face à l’augmentation des coûts de l’énergie liée à la crise du gaz, mais également à celle des prix du pétrole, entraînant dans son sillage un… »
M. Grégoire de Fournas RN
« Entendez le cri de désespoir des producteurs de fruits, qui la semaine dernière ont médiatisé l’arrachage de nombreux hectares de vergers ! Ils sont étranglés par la grande distribution et par la concurrence étrangère. »
Mme Marie Pochon ECOS
« Alors que les Français sont confrontés à une explosion des prix des denrées alimentaires, qui ont augmenté de près de 13 %, et même de plus de 20 % s’agissant des produits de première nécessité ; alors que la crise sanitaire, l’invasion de l’Ukraine, la spéculation sur les cours, les conséquences de… »
Mme Virginie Duby-Muller LR
« Il vise à étendre à tous les produits de grande consommation l’encadrement des promotions dans les conditions prévues dans l’article 125 de la loi dite Asap. »

Pour aller plus loin

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