L'essentiel

Amendement n° I-775, APRÈS ART. 2, déposé par M. Chenu et les membres du groupe Rassemblement National RN

La déduction fiscale forfaitaire réservée aux journalistes aurait été supprimée, un avantage jugé injustifié par le Rassemblement National dans le contexte actuel de hausse du coût de la vie.

Texte exact de l'amendement

Le premier alinéa du 1° de l’article 81 du code général des impôts est ainsi modifié : 1° La deuxième phrase est supprimée ; 2° Au début de la troisième phrase, les mots : « Il en est de même des »sont remplacés par le mot : « Les » ; 3° La dernière phrase est supprimée.

Exposé des motifs

Au regard de la situation que vivent beaucoup de Français, notamment avec l’augmentation du coût de la vie quotidienne, l’explosion des prix de l’énergie, et de la crise budgétaire que connaît le pays, cet avantage fiscal au profit des journalistes apparaît comme injuste et injustifié. La « niche fiscale des journalistes » n’a aujourd’hui plus lieu d’être.

Comment chaque groupe a voté

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GroupeRépartitionPour, contre, abstention
0 pour, 4 contre, 2 abst.
0 pour, 4 contre, 0 abst.
0 pour, 19 contre, 0 abst.
0 pour, 35 contre, 0 abst.
0 pour, 3 contre, 0 abst.
0 pour, 18 contre, 1 abst.
0 pour, 38 contre, 3 abst.
2 pour, 1 contre, 9 abst.
0 pour, 4 contre, 23 abst.
6 pour, 0 contre, 0 abst.
74 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 2 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi de finances autorise la perception des impôts existants pendant l’année 2026 et fixe les prévisions de solde structurel et de solde effectif des administrations publiques. Il proroge la contribution différentielle sur les hauts revenus et instaure une taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales. Il proroge en 2026 la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises en divisant ses taux par deux, et supprime ou rationalise plusieurs dépenses fiscales, dont les dispositifs d’amortissement des articles 39 AH et 39 AI du code général des impôts. Il crée un abattement forfaitaire en faveur des personnes retraitées, en remplaçant la condition d’âge de plus de soixante-cinq ans aujourd’hui prévue à l’article 157 bis, et double l’incitation fiscale aux dons des particuliers aux organismes d’aide aux plus démunis. Il réforme également l’aide fiscale à l’investissement productif outre-mer, modernise la réduction d’impôt sur le revenu dite Madelin en portant de 15 millions à 16,5 millions d’euros un plafond applicable, et ajuste des dispositifs de soutien au secteur agricole.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 775 en séance (Projet de loi de finances pour 2026), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Sébastien Chenu RN
« Il concerne la fameuse niche fiscale des journalistes, sujet qui revient chaque année. Nous nous y opposons évidemment, parce qu’elle représente une perte de recettes pour l’État – 35 millions d’euros par an –, mais surtout parce qu’elle est totalement anachronique, voire archaïque. À l’origine, il s’agissait d’une allocation pour frais d’emploi qui visait à rembourser les frais professionnels des journalistes. On imagine que quand Thomas Portes et Patrick Cohen invitent à déjeuner des socialistes, ils sont remboursés, puisqu’ils font prétendument leur métier… […] Il n’y a pas de raison que ce soient les Français qui payent ça ! Nous demandons donc la suppression de cette niche fiscale. »
M. Philippe Juvin (rapporteur général)
« Je comprends votre volonté de supprimer des abattements que vous considérez comme historiquement dépassés. Toutefois, j’appelle votre attention sur le fait que si quelques journalistes gagnent très bien leur vie, d’autres se trouvent dans une situation de grande précarité. Vous risquez donc de manquer l’objectif. Il faut prendre en compte les bas salaires et l’insécurité de l’emploi, pour un niveau de qualification plutôt élevé. La commission a donné un avis défavorable sur cet amendement. »
Mme Sophie Taillé-Polian ECOS
« C’est l’un des délires du Rassemblement national : tous les journalistes sont très riches et très à gauche. Évidemment, ce n’est pas le cas. Je rappelle que 40 % des détenteurs d’une carte de presse arrêtent leur carrière au bout de sept ans. Pourquoi ? Parce que 66 % des journalistes de moins de 30 ans sont en situation de précarité. Cette mesure conduirait à détériorer leurs conditions de travail, notamment celles des jeunes journalistes qui s’engagent dans la presse indépendante – heureusement qu’ils sont là pour développer une information de qualité ! Il serait plus raisonnable de voter l’amendement n o 2157 de M. »
M. Sébastien Chenu RN
« Permettez-moi de corriger mes propos : tout à l’heure, j’ai parlé de Thomas Portes au lieu de Thomas Legrand. Je pensais évidemment au déjeuner de Thomas Legrand et de Patrick Cohen avec des responsables socialistes. Pendant ce temps-là, M. Portes, lui, devait être en cuisine. Madame Taillé-Polian, vous n’avez rien compris ! Cette niche fiscale permet de justifier la mauvaise rémunération de certains journalistes. C’est grâce au maintien de telles dispositions qu’on explique aux gens pourquoi ils sont mal payés. Encore une fois, aveuglée par votre haine, vous n’avez rien compris ! »
M. Nicolas Ray DR
« Le débat autour de cette niche est assez ancien. Au départ, elle a été conçue pour tenir compte des frais professionnels des journalistes, qui se déplacent souvent et ne peuvent pas toujours produire des états de frais détaillés. Mais attention : il y a journaliste et journaliste. D’un côté, il y a les journalistes célèbres des grandes chaînes de télévision, qui touchent des revenus intéressants. Dans leur cas, la niche paraît peu justifiée. De l’autre, il y a les journalistes de la presse quotidienne régionale, qui sont en tournée toute la journée. On peut sans doute trouver une solution intermédiaire entre le maintien de la disposition et sa suppression. »
M. Gérault Verny UDDPLR
« Je vous regarde, les hypocrites, et qu’est-ce que je rigole ! S’il faut s’inquiéter de la précarité des journalistes, pourquoi ne s’en inquiète-t-on pas aussi pour les infirmières, les ouvriers, les aides-soignantes, pour tous les autres métiers touchés par la précarité ? Pourquoi ne vote-t-on pas des niches fiscales pour toutes ces professions ? Qu’est-ce qui vous intéresse, en réalité, dans cette niche ? Le papier qu’on va écrire sur vous ! Il faut choyer les journalistes car vous avez besoin d’eux : ce sont eux qui vous servent la soupe ! […] La presse de gauche n’a aucune raison d’être encore une fois subventionnée – je le rappelle, une niche fiscale est une subvention. »

2 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

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