L'essentiel

Amendement n° I-1022, ART. 11, déposé par Mme Duby-Muller DR

La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises aurait été supprimée dès le 1er janvier 2026, plutôt qu’au terme d’une suppression progressive, selon ses auteurs pour garantir un cadre fiscal stable et lisible aux entreprises.

Texte exact de l'amendement

Rédiger ainsi cet article : « I. – L’article 1586 ter du code général des impôts est abrogé. « II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre I er du livre III du code des impositions sur les biens et services. »

Exposé des motifs

L’article 11 du projet de loi de finances pour 2026 prévoit une suppression progressive de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), avec une baisse du taux en 2026 et en 2027 avant une suppression totale en 2028. La loi de finances pour 2023 avait prévu la suppression définitive de cet impôt de production en 2024. Celle-ci a, depuis, été maintes fois reportée. Si l’article 11 propose, effectivement, un calendrier de suppression plus rapide que celui qui était prévu par la loi de finances pour 2025, le caractère progressif de celui-ci est générateur d’incertitudes pour les entreprises. En effet, elles craindront, immanquablement, un nouveau report. Afin de garantir un cadre fiscal clair, stable et lisible aux entreprises, élément essentiel à la réalisation d’investissements et à la planification de leurs activités sur le long terme, il est proposé de supprimer définitivement la CVAE au 1er janvier 2026.

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0 pour, 24 contre, 2 abst.
0 pour, 11 contre, 0 abst.
14 pour, 1 contre, 2 abst.
4 pour, 0 contre, 0 abst.
77 pour, 0 contre, 0 abst.
1 pour, 3 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte (L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi de finances autorise la perception des impôts existants pendant l’année 2026 et fixe les prévisions de solde structurel et de solde effectif des administrations publiques. Il proroge la contribution différentielle sur les hauts revenus et instaure une taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales. Il proroge en 2026 la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises en divisant ses taux par deux, et supprime ou rationalise plusieurs dépenses fiscales, dont les dispositifs d’amortissement des articles 39 AH et 39 AI du code général des impôts. Il crée un abattement forfaitaire en faveur des personnes retraitées, en remplaçant la condition d’âge de plus de soixante-cinq ans aujourd’hui prévue à l’article 157 bis, et double l’incitation fiscale aux dons des particuliers aux organismes d’aide aux plus démunis. Il réforme également l’aide fiscale à l’investissement productif outre-mer, modernise la réduction d’impôt sur le revenu dite Madelin en portant de 15 millions à 16,5 millions d’euros un plafond applicable, et ajuste des dispositifs de soutien au secteur agricole.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1022 en séance (Projet de loi de finances pour 2026), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Virginie Duby-Muller DR
« La suppression de la CVAE est un engagement ancien, partagé sur tous les bancs… […] …car il s’agit d’un impôt de production qui pèse lourdement sur l’activité, avant même la réalisation de bénéfices. Depuis 2023, cette suppression a été plusieurs fois annoncée, repoussée, puis reprogrammée. D’abord envisagée pour 2024, elle devait finalement intervenir d’ici à 2027, avant d’être reportée à 2030. Ces changements successifs ont créé un climat d’incertitude qui fragilise la confiance des entreprises dans la parole publique. L’article 11 propose un nouveau calendrier par rapport à celui adopté l’an dernier, avec un rythme plus rapide mais toujours progressif. »
M. Philippe Juvin (rapporteur général)
« Tous ces amendements ont reçu un avis défavorable de la commission même s’ils sont de nature différente. Les amendements n os 2195, 2217, 2275, 2276 et 2937 visent, d’une manière ou d’une autre, à revenir sur la disparition de la CVAE en jouant sur plusieurs paramètres. Les amendements n o 3337 de M. Tanguy et n o 1022 de Mme Duby-Muller visent à accélérer la mise en œuvre de cette suppression, avec une différence notable : l’amendement de M. Tanguy propose de gager la suppression par la création d’une taxe additionnelle sur les transactions financières. Je le confirme : la CVAE est un impôt nocif. »
M. Éric Coquerel (président de la commission des finances)
« Ce qui pose question, c’est moins l’augmentation de la TVA que ce à quoi elle sert. En 2017, de mémoire, 70 % des recettes de la TVA allaient au budget de l’État ; aujourd’hui, c’est moins de 50 %, tout simplement parce qu’elles servent à compenser les exonérations, la CVAE ou encore la taxe d’habitation. Nous sommes de plus en plus biberonnés à la TVA, l’impôt le plus injuste qui soit. Ces recettes manquent à l’État, et c’est particulièrement problématique en période de reflux de la TVA – lorsqu’elle est dynamique, comme elle l’a été pendant quelques années, ce manque est relativement indolore. Cette compensation est donc un vrai problème. »
M. Benjamin Lucas-Lundy ECOS
« Il se fonde sur l’article 27 de la Constitution, qui dispose que tout mandat impératif est nul. Or la presse a révélé ce matin que les amendements de notre collègue Duby-Muller étaient des copier-coller des propositions du Medef. […] Je trouve qu’aux yeux de la France qui travaille, cela constitue une drôle de conception du travail parlementaire… »
M. Roland Lescure (ministre)
« Plusieurs des amendements présentés visent à revenir sur la baisse de la CVAE que nous proposons pour l’année 2026, certains proposant même un large retour en arrière, au niveau qui prévalait avant qu’on amorce la baisse ; d’autres, au contraire, envisagent plutôt d’accélérer le mouvement. Ils sont donc de nature très différente. Je ne reviendrai pas sur les raisons pour lesquelles nous sommes convaincus que cette baisse est une bonne chose pour les territoires, l’industrie et l’emploi, en particulier pour les petites et moyennes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire. »
M. Pierre-Yves Cadalen LFI
« Dans ces débats autour de la CVAE, l’extrême droite, avec son amendement déposé par Jean-Philippe Tanguy, montre son vrai visage, son visage historique, un visage souriant pour la bourgeoisie et le capital. Le visage de l’extrême droite, c’est celui du parti de l’argent,… […] …qui vient d’essayer d’accélérer la réalisation d’une promesse d’Emmanuel Macron, la suppression de la CVAE, pour le bénéfice de moins de 10 % de nos entreprises. Et lorsque je vous entends dire que 500 000 euros, c’est le chiffre d’affaires d’une petite boulangerie, je me dis que nous ne devons pas fréquenter les mêmes, car le chiffre d’affaires moyen des boulangeries de ce pays est de l’ordre de 300 000 euros. »

6 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Pour aller plus loin

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