Amendement de Mme Loir (RN) · après art. 1ER QUATER

69 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 69 voix non atteint. 1 abstention.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 24 %

Amendement n° 138 · APRÈS ART. 1ER QUATER, déposé par Mme Loir RN +123 cosignataires.

L'essentiel : Avec l’accord exprès du patient, l’infirmier aurait eu accès à l’ensemble de son dossier médical selon cet amendement, sa signataire y voyant une condition de sécurité à l’heure de la prescription infirmière.

Texte exact de l'amendement

Après le premier alinéa de l’article L. 1111‑7 du code de la santé publique, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : « Sous réserve de l’accord exprès du patient, l’infirmier, dans le cadre de ses compétences prévues à l’article L. 4311‑1, a accès à l’ensemble du dossier médical du patient afin de garantir une prise en charge complète et sécurisée du patient. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

La présente proposition de loi vise à élargir le pouvoir de prescription des infirmiers. Sous réserve de l’accord exprès des patients, il apparaît nécessaire d'adapter l'accès aux informations médicales du patient par l’infirmier. L'accès à l'ensemble du dossier médical est essentiel pour garantir une prise en charge de qualité, assurant la continuité des soins et la sécurité des patients. Actuellement, l'accès des infirmiers au dossier médical est limité à ce qui est strictement nécessaire pour leur mission de soins. Toutefois, lorsque les infirmiers auront la capacité de prescrire des médicaments, il est indispensable qu'ils puissent disposer de l'ensemble des informations contenues dans le dossier médical du patient. Cela leur permettra de prendre des décisions éclairées et d'éviter des erreurs pouvant survenir par manque de connaissance des traitements antérieurs du patient.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 3 décembre 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 10 mars 2025 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 5 mai 2025 1re lecture Sénat Modifié
  4. 10 juin 2025 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Accord
  5. 19 juin 2025 Commission mixte paritaire Adopté

Ce que change ce texte

Ce texte de loi modifie le code de la santé publique afin de préciser les responsabilités et les obligations des infirmiers dans certaines situations. Il supprime une mention relative aux infirmiers dans un article concernant les vaccinations, et ajoute une disposition relative à l'information du conseil départemental par les infirmiers titulaires de certains diplômes. En outre, il introduit des dispositions concernant le rôle des infirmiers au sein d'une équipe pluridisciplinaire dans un service départemental de protection maternelle et infantile.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensemble
  • Sortir la consultation infirmière du champ de l'exercice illégal de la médecine

    Au dernier alinéa de l'article L. 4161-1 du code de la santé publique, les mots « ou aux infirmiers » sont supprimés et une mention est insérée pour les infirmiers qui effectuent des consultations infirmières dans des conditions prévues par décret en Conseil d'État, ou qui prescrivent les produits de santé et examens ou effectuent les actes et soins figurant sur les listes prévues à l'article L. 4311-1.

  • Réécrire la définition légale du métier

    L'article L. 4311-1 du code de la santé publique est réécrit : l'infirmier exerce son activité dans le respect du code de déontologie, en application de son rôle propre.

  • Élargir les terrains d'exercice de la pratique avancée

    À l'article L. 4301-1 du code de la santé publique, des 2° bis et 2° ter sont insérés pour l'équipe pluridisciplinaire d'un service départemental de protection maternelle et infantile coordonnée par un médecin et pour l'équipe pluridisciplinaire en santé scolaire, et un 5° est ajouté pour l'assistance d'un médecin référent au sein d'un service départemental de l'aide sociale à l'enfance ou en établissement d'accueil du jeune enfant.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS66SOC23LIOT36DEM94EPR33HOR47DR16UDR123RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire0120
Gauche Démocrate et Républicaine000
Écologiste et Social050
Socialistes et apparentés0120
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires010
Les Démocrates030
Ensemble pour la République0380
Horizons & Indépendants0120
Droite Républicaine090
UDR600
Rassemblement National3501
Non inscrit030

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 138 en séance (Profession d’infirmier), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Christine Loir RN
« Les infirmières n’ont actuellement accès qu’aux informations strictement nécessaires aux soins qu’elles prodiguent, ce qui les empêche de prendre connaissance du parcours médical du patient dans sa globalité. L’élargissement de leur pouvoir de prescription nécessite de lever cette limitation, avec l’accord du patient : elles éviteraient ainsi les erreurs, notamment celles qui sont liées à un manque d’information sur les traitements antérieurs. »
Mme Nicole Dubré-Chirat (rapporteure)
« L’accès au DMP – dossier médical partagé – est en effet très contrôlé et limité aux données du patient strictement nécessaires à sa prise en charge, avec l’accord de celui-ci. En fonction des évolutions ultérieures des référentiels de compétence, que je ne peux prévoir aujourd’hui, des révisions seront sans doute nécessaires ; mais nous devons rester prudents. On ne peut laisser tous les professionnels de santé accéder à ces données. Les droits d’accès informatique – droit de lecture, droit d’écriture, droit de modification – sont très contrôlés et je ne peux, pour l’heure, que donner un avis défavorable à cet amendement. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 5 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Profession d’infirmier), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Nicole Dubré-Chirat (rapporteure de la commission des affaires sociales)
« C’est avec beaucoup de plaisir et d’émotion que je défends un texte attendu depuis longtemps. Cette proposition de loi apporte une réponse aux 650 000 infirmières qui font fonctionner notre système de soins dans tous leurs lieux d’exercice, que ce soit à l’hôpital, en ville, en Ehpad, dans les école… »
M. Yannick Neuder (ministre)
« Ce sera avant l’été. Ensuite, si l’expérimentation autorisant les infirmiers à signer des certificats de décès est encore en cours jusqu’au 25 avril, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 a inscrit cette extension de compétence dans la loi et l’a étendue à l’ensemble du territoire. »
M. Jean-François Rousset EPR
« Je tiens à remercier notre collègue Nicole Dubré-Chirat, qui a placé au cœur de nos débats le sujet de la profession d’infirmier. Ayons bien en tête que les infirmières et les infirmiers offrent souvent aux patients leur premier et leur seul contact avec le monde du soin. »
Mme Karen Erodi LFI
« Je salue les infirmiers et infirmières présents ce soir en tribune. Les quelque 600 000 infirmières que compte notre pays ont été présentées comme des soldates. Il s’agit surtout de femmes, qui sont en effet des combattantes de la santé. »
Mme Sandrine Runel SOC
« Soigner, prendre soin, accompagner, soutenir, prévenir : le métier d’infirmière est essentiel. Les infirmières jouent un rôle central dans la prise en charge des patients, du fait des soins préventifs, curatifs, palliatifs qu’elles dispensent. »

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Pour aller plus loin

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