Amendement de M. Potier (SOC) · art. 1er

52 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 28 voix non atteint. 10 abstentions.
Disputé
Participation 11 %

Amendement n° 716 · ART. PREMIER, déposé par M. Potier SOC +29 cosignataires.

L'essentiel : Cet amendement voulait soumettre à l’approbation préalable de l’autorité publique les indicateurs de prix utilisés entre parties, sauf ceux issus d’organismes publics ou d’accords interprofessionnels, afin d’en garantir la sincérité et l’objectivité.

Texte exact de l'amendement

Après la première phrase de l’alinéa 15, insérer la phrase suivante : « Sauf s’ils sont définis par toute structure régionale, nationale ou européenne leur conférant un caractère public ou déterminés par des accords interprofessionnels mentionnés au présent titre, les indicateurs utilisés par les parties doivent préalablement être approuvés par l’autorité publique, selon les modalités fixées par décret, après avis de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

S’inscrivant dans la droite ligne de la loi Sapin 2, le texte de ce projet de loi ne va toutefois pas assez loin et ne garantit en rien que les indicateurs proposés par les producteurs seront in fine retenus. Aussi, il convient de préciser cette disposition afin d’assurer la sincérité et l’objectivité dans la détermination des coûts de production, par un avis extérieur et avisé. Cet amendement propose que ces indicateurs puissent être définis par une autorité publique ou par l’interprofession. A défaut, ils devront être soumis pour avis à l’Observatoire des prix et des marges avant d’être validés par l’autorité administrative.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 1er février 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 2 juillet 2018 1re lecture Sénat Modifié
  3. 11 juillet 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 25 septembre 2018 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 25 octobre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi réécrit les règles de contractualisation entre producteurs agricoles et acheteurs dans le code rural et de la pêche maritime, en remplaçant l'article relatif aux contrats de vente de produits agricoles par plusieurs articles nouveaux. Il porte à 75 000 euros par an le plafond de l'amende administrative sanctionnant les manquements à ces règles et confie leur constatation à des agents énumérés par décret en Conseil d'État. Il modifie les clauses types que les organisations interprofessionnelles peuvent définir, notamment sur la détermination des prix, les calendriers de livraison, la durée des contrats et le principe d'un prix plancher, ainsi que la clause de renégociation que le code de commerce impose à certains contrats de vente, et étend certaines dispositions à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il comporte également des habilitations à légiférer par ordonnance sur les dispositions du code rural relatives à la coopération agricole. L'extrait disponible s'arrête aux premiers articles et ne couvre pas le volet du texte consacré à l'alimentation.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR30SOC46MODEM312LREM31UDI103LR21NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise200
Gauche démocrate et républicaine300
Socialistes et apparentés500
Mouvement Démocrate et apparentés210
La République en Marche0323
UDI, Agir et Indépendants400
Les Républicains407
Non inscrit100

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 716 en séance (Équilibre dans le secteur agricole et alimentaire), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Guillaume Garot SOC
« Cet amendement concerne lui aussi les indicateurs de coûts de production. J’ai écouté très attentivement vos arguments, monsieur le ministre, et vous rejoins sur l’idée de placer chacun face à ses responsabilités. Les filières doivent en effet s’organiser, se structurer et assumer leur rôle. Mais l’État, de son côté, doit aussi assumer le sien. Je ne puis me contenter, à cet égard, d’un État qui froncerait les sourcils, ferait les gros yeux en disant : « Ce n’est pas bien ! », et s’en tiendrait là. C’est ainsi que l’on a procédé par le passé. »
M. Jean-Baptiste Moreau (rapporteur)
« Dès lors que l’autorité publique est appelée à valider un indicateur, celui-ci devient public ; et de toute façon, il ne pourra en aucun cas être imposé à des entreprises privées qui entretiennent des relations commerciales. En admettant même que l’on enfreigne ainsi le règlement européen et la loi française, le premier acheteur, s’il n’a pas validé l’indicateur, s’arrangera pour le marginaliser à l’extrême dans le contrat, si bien que l’effet sera nul pour le prix payé au producteur : le système que l’on connaît aujourd’hui perdurera. »
M. Stéphane Travert (ministre)
« Le cadre communautaire, vous le savez, interdit toute intervention de l’État en matière de fixation des prix. Aussi avons-nous souhaité que l’interprofession, en cas de blocage dans la négociation des indicateurs, puisse se retourner vers l’Observatoire de la formation des prix et des marges. Celui-ci pourra alors donner des indications précises et apporter son aide dans l’élaboration des indicateurs. Nous souhaitons en rester à ce cadre, sur un problème qui est de la responsabilité des interprofessions. L’État, lui, joue parfaitement son rôle, d’abord en exerçant la pression suffisante quand c’est nécessaire, ensuite en offrant un cadre aux interprofessions. »
M. Dominique Potier SOC
« Monsieur le rapporteur, monsieur le ministre, nous avons parfaitement intégré les contraintes européennes : nous avons nous-mêmes avoué que nous avions été trop timides pour les bousculer, malgré toute notre bonne volonté. Ce que nous avons recherché, avec Guillaume Garot et l’ensemble du groupe Socialistes et apparentés, c’est une voie fine, médiane, permettant d’appuyer une très forte demande de l’interprofession. C’est donc avec beaucoup de finesse et de pragmatisme que nous sommes intervenus. »
M. André Chassaigne GDR
« Monsieur le ministre, ce n’est pas la première fois que vous répondez à ce type d’amendements de façon un peu caricaturale. Vous dites que l’on ne peut pas fixer un prix plancher. Mais ce n’est pas l’objet de l’amendement ! […] Vous l’avez dit, vous le dites en toute occasion. Certes, personnellement, je souhaiterais qu’il existe un prix plancher – j’ai même déposé des propositions de loi en ce sens. […] Que l’on parle de prix plancher ou de prix de référence, on sait les difficultés que cela pose vis-à-vis des règles de l’Union européenne ; on peut pourtant faire bouger les choses en faisant preuve de volontarisme politique. Mais il ne s’agit pas de cela ! »
M. Thierry Benoit LC
« Je soutiens l’amendement de nos collègues Socialistes et apparentés, et tutti quanti . J’ai souvenir qu’à l’époque où le cours du porc était très bas – c’était, je crois, du temps de Stéphane Le Foll, et Manuel Valls était Premier ministre – on en accusait le ministre de l’agriculture, qui, naturellement, fait et défait les marchés... Comme si une nouvelle crise se déclenchait dans quelques jours et que l’on disait : « Que fait Travert ? Le prix du porc, ce n’est pas un prix ! C’est scandaleux ! Et Travert ne fait rien ! […] Voilà pourquoi je soutiens l’amendement de nos collègues socialistes, au nom du groupe UDI, Agir et indépendants. »

9 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Équilibre dans le secteur agricole et alimentaire), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. André Chassaigne GDR
« Madame la présidente, monsieur le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, « Au commencement était le Verbe. » À moins que ce ne soit : « Au commencement était le Rêve. »
M. Matthieu Orphelin EDS
« Madame la présidente, monsieur le ministre, chers collègues, la loi agriculture et alimentation, c’est d’abord offrir plus de valeur à nos agriculteurs, mais c’est aussi accélérer la transformation vers une alimentation plus saine et une agriculture plus écologique. »
M. Julien Dive LR
« Madame la présidente, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, chers collègues, nous voici donc à l’heure de la nouvelle lecture, qui entérine plus d’une année de travaux entamés ici même à l’été 2017. »
M. Nicolas Dupont-Aignan NI
« Monsieur le ministre, je mesure la difficulté de votre position, tant le Gouvernement fait preuve d’hypocrisie. Vous vous agitez dans le cadre du travail incontestablement très important qui a été engagé, alors que de l’autre main, vous signez le CETA – accord économique et commercial global – et re… »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Madame la présidente, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, chers collègues, en cette rentrée parlementaire, je constate que les mauvaises habitudes ont la peau dure. »
M. Gilles Lurton LR
« Nous sommes donc à nouveau réunis pour examiner en nouvelle lecture le projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable. »
M. Richard Ramos MODEM
« ...et d’autres députés encore, car, sur tous les bancs, nous devons co-construire de la dignité pour des agriculteurs et des agricultrices que nous devons sortir de la pauvreté. »
M. David Habib NG
« J’ai envie de croire M. Ramos, mais, en comparant les propositions qui nous sont faites et les discours qui sont tenus, je suis plus calme que lui et, parfois, je suis même abattu. »
M. François Ruffin FI
« Il y a quelques années, j’ai rencontré Régis Aubenas, qui est arboriculteur à Chateauneuf-sur-Isère. Cette année-là, il avait fait 75 000 euros de déficit. Je lui ai demandé si c’était parce que les Français n’aimaient plus les pêches et les abricots. Il m’a répondu non. »
M. Thierry Benoit LC
« Nous voulons renforcer la notion de contractualisation. Du reste, depuis dix ans, les ministres de l’agriculture successifs – Bruno Le Maire, Stéphane Le Foll et vous-même, monsieur Travert – ont demandé aux agriculteurs de se réunir en organisations de producteurs, afin de confier aux responsables… »

Pour aller plus loin

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