Amendement de M. Aviragnet (NG) · après art. 30

78 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 25 voix non atteint. 3 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 9 %

Amendement n° 1286 · APRÈS ART. 30, déposé par M. Aviragnet NG +29 cosignataires.

L'essentiel : Dans certaines zones et pour trois ans à titre expérimental, cet amendement voulait conditionner le conventionnement d’un nouveau médecin libéral au départ d’un confrère, une piste présentée comme une réponse aux inégalités d’accès aux soins.

Texte exact de l'amendement

I. – À titre expérimental et pour une durée de trois ans, dans des zones définies par les agences régionales de santé, en lien avec les conseils territoriaux de santé mentionnés à l’article L. 1434‑10 du code de la santé publique et en concertation avec les organisations syndicales représentatives des médecins au plan national, le conventionnement à l’assurance maladie d’un médecin libéral peut être limité aux seuls cas où ce conventionnement intervient en concomitance avec la cessation d’activité libérale d’un médecin. II. – Les modalités d’application de l’expérimentation sont définies par décret en Conseil d’État. III. – Au plus tard six mois avant la fin de l’expérimentation, le Gouvernement remet au Parlement un bilan de cette expérimentation, qui porte notamment sur l’opportunité de la généralisation du dispositif.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Les derniers chiffres publiés le 12 octobre 2017 par l’Ordre des Médecins concernant la démographie médicale sont particulièrement alarmants, notamment pour la médecine générale. La situation est également inquiétante pour certaines spécialités médicales. Si les zones rurales sont particulièrement en souffrance, la désertification médicale touche également les zones péri-urbaines, et le cœur de certaines villes. Rapportée aux variations de la population, l’Atlas 2017 démontre également que ces disparités territoriales peuvent être plus graves qu’il n’y parait : alors que dans 45 départements la population générale est en hausse, le nombre de médecins est en baisse. Un récent rapport de la Cour des Comptes établit un diagnostic sans appel sur l’inégalité d’accès aux soins. Il met en lumière les impasses que connait notre système de santé, et démontre que tous les instruments incitatifs à la disposition de l’assurance maladie et de l’État n’ont pas permis de lutter suffisamment contre les disparités territoriales, qui ne cessent de s’aggraver. Des disparités territoriales qui seraient de plus, très coûteuses, pour les patients, mais aussi pour l’assurance maladie. Dans l’objectif de lutter contre l’aggravation de ce phénomène, le présent amendement propose d’expérimenter un dispositif de régulation à l’installation des médecins libéraux qui existe déjà pour plusieurs autres prof…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 octobre 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 20 novembre 2018 1re lecture Sénat Modifié
  3. 20 novembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 29 novembre 2018 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 21 décembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale approuve les comptes de l'exercice 2017, dont le tableau d'équilibre par branche de l'ensemble des régimes obligatoires de base, qui fait apparaître un solde de - 4,9 milliards d'euros pour la branche maladie et de 1,2 milliard d'euros pour les accidents du travail et maladies professionnelles, ainsi que le rapport sur la situation patrimoniale au 31 décembre 2017. Il rectifie pour 2018 les prévisions de recettes, les objectifs de dépenses et l'objectif national de dépenses d'assurance maladie et ses sous-objectifs, dont celui des soins de ville fixé à 89,5 milliards d'euros. Il porte de 105 à 125 millions d'euros la dotation destinée à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux. Ses articles suivants simplifient le mode de financement des médicaments remboursés et exonèrent de cotisations salariales le recours aux heures supplémentaires et complémentaires. L'exposé des motifs indique que le déficit du régime général et du fonds de solidarité vieillesse est passé de 7,8 milliards d'euros en 2016 à 5,1 milliards d'euros en 2017.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC16LT46MODEM308LREM28UDI104LR12NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise100
Gauche démocrate et républicaine200
Socialistes et apparentés300
Libertés et Territoires010
Mouvement Démocrate et apparentés110
La République en Marche0312
UDI, Agir et Indépendants120
Les Républicains050
Non inscrit001

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1286 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 (suite)), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Ericka Bareigts NG
« Nous proposons que le dispositif de conventionnement sélectif visant à réguler l’installation des médecins libéraux soit expérimenté pendant trois ans, dans des zones définies par les ARS et en concertation avec les syndicats médicaux et les conseils territoriaux de santé. Le conventionnement par l’assurance maladie d’un médecin s’installant en zone sur-dense serait réservé au cas où un médecin libéral de la même zone cesserait son activité. Une telle expérimentation préserverait donc la liberté d’installation tout en instaurant un conventionnement territorialisé. Nous proposons en outre qu’à l’issue de cette période l’expérimentation fasse l’objet d’un rapport d’évaluation au Gouvernement. »
M. Olivier Véran (rapporteur général)
« Je n’entrerai pas dans un débat de fond sur une proposition que l’on nous soumet chaque année, tant en commission qu’en séance. Cela dit sans aucune volonté de provocation, y-a-t-il ici un parlementaire qui considère qu’il y a trop de médecins dans sa circonscription ? Avant de dire qu’on va les empêcher de s’installer dans certains territoires pour les envoyer là où on en manque, j’aimerais bien savoir où il y en a trop ! […] À l’Assemblée nationale ? Ce n’est pas complètement faux : il y a 20 médecins sur près de 600 députés ! […] Ce cas mis à part, je ne crois pas qu’un seul député considère qu’il y a trop de médecins dans sa circonscription et que l’on doit lui en enlever pour qu’ils s’i… »
Mme Agnès Buzyn (ministre)
« Je m’exprimerai une fois pour toutes sur ces propositions de coercition, de conventionnement sélectif – appelez-les comme vous voulez : elles fleurissent à chaque PLFSS et tous les ministres de la santé s’y opposent, non pour faire plaisir aux médecins mais parce que ce système ne fonctionne pas. […] Non, monsieur Aviragnet. Pas de mauvais procès, je vous prie ! Dans les pays qui l’ont essayé, les médecins se sont installés en périphérie des zones sur-dotées. Mais ce que dit le rapporteur général est exact : il n’y a pas de zones sur-dotées en France, sauf peut-être quelques villes de PACA s’agissant des cardiologues. »
M. Joël Aviragnet NG
« Je connais vos arguments, madame la ministre, pour avoir déjà débattu du sujet avec vous. Je vous ferai simplement observer qu’en Occitanie, région que je connais bien, les médecins se concentrent à Toulouse, Montpellier et sur le littoral méditerranéen ; on pourra en former autant que vous voulez, c’est là qu’ils s’installeront. […] Je veux bien que la mesure proposée ne soit pas bonne, mais alors dites-moi comment faire ! Aucune mesure incitative n’a suffi jusqu’à présent. Ne faudrait-il pas envoyer des étudiants en médecine faire leur stage en zone rurale ? […] …mais elle n’a pas été retenue par la commission. Cela nous permettrait pourtant de parler de réalités concrètes. »
M. Francis Vercamer UDI
« Ces amendements me poussent à m’interroger, surtout la proposition d’expérimentation. Au début de ce débat, on nous a dit – je ne sais plus si c’était le rapporteur général ou le Gouvernement – qu’il n’y avait jamais eu autant de médecins en France. Soit ; je veux bien le croire, même si la courbe de la démographie médicale est plutôt décroissante ; mais, dans ce cas, comment se fait-il qu’il n’y ait jamais eu autant de déserts médicaux ? Il y a là un vrai problème, qu’il faut résoudre. Faut-il aller pour autant jusqu’au déconventionnement ? Je n’en suis pas sûr ; mais pourquoi ne pas expérimenter le dispositif proposé ? On le fait bien dans d’autres domaines. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 (suite)), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jean-Pierre Door LR
« Madame la présidente, madame la ministre de la santé et des solidarités, monsieur le secrétaire d’État auprès du ministre de l’action et des comptes publics, nous voilà réunis pour une quatrième journée de débats et je ne sais pas jusqu’à quelle heure – vous non plus, je suppose. »
Mme Valérie Rabault NG
« Comme le rapporteur général l’indique dans son rapport, page 162 : « Cet article de neuf pages est le rendez-vous annuel que se donnent le Gouvernement et le Parlement dans le labyrinthe du financement de la sécurité sociale. »
M. Meyer Habib UDI
« Madame la ministre, mes chers collègues, je suis un récidiviste, un multirécidiviste : cette année encore, je suis contraint de prendre la parole pour dénoncer le scandale que représentent les prélèvements CSG et CRDS sur les revenus du patrimoine des non-résidents. »
M. Gilles Lurton LR
« L’article 19 est lourd de conséquences pour la politique familiale de notre pays et je dirais même qu’il lui porte un coup fatal pour les années à venir. »
M. Pierre Dharréville GDR
« La Constitution en son article 34 prévoit que « les lois de finances déterminent les ressources et les charges de l’État » et que « les lois de financement de la sécurité sociale déterminent les conditions générales de son équilibre financier et, compte tenu de leurs prévisions de recettes, fixent s… »
M. Francis Vercamer UDI
« Je voudrais dire quelques mots sur le problème de la non-compensation par le budget de l’État des exonérations sociales votées dans le cadre du PLFSS. Il s’agit d’un vrai sujet de société, d’un vrai sujet politique. »
M. Joël Aviragnet NG
« Par cet article, vous ouvrez une brèche qui n’est pas près de se refermer. Le groupe Socialistes et apparentés s’oppose fermement à cette mesure, qui n’est pas cohérente avec le retour à l’équilibre des comptes de la sécurité sociale. C’est la raison pour laquelle nous demandons sa suppression. »
Mme Caroline Fiat FI
« Madame la présidente, madame la ministre, monsieur le secrétaire d’État, monsieur le rapporteur général, alors que les comptes de la sécurité sociale sont repassés au vert et que nous étions en droit d’attendre la fin de la logique austéritaire qui prédomine depuis des années, le Gouvernement semble… »
M. Olivier Véran (rapporteur général de la commission des affaires sociales)
« L’article 19 relatif aux relations entre l’État et la sécurité sociale transfère des crédits du budget de l’État vers celui de la sécurité sociale ; il prévoit également des règles de non-compensation d’un certain nombre d’exonérations votées dans le cadre du PLFSS. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Je partage les craintes que vient d’exposer mon collègue Stéphane Viry. Il est important de constater que les indicateurs actuellement utilisés dans le cadre de la dotation d’incitation financière à l’amélioration de la qualité et de la qualité des soins, dite dotation IFAQ, sont pour l’essentiel de… »
Mme Sylvia Pinel LT
« L’article, cela a déjà été dit, tend à développer le financement par la qualité. Par cet amendement, nous proposons de l’améliorer sur deux points : cela nous semble important. »
M. Brahim Hammouche MODEM
« Je ne suis pas intervenu tout à l’heure lorsque nous avons abordé la question de la psychiatrie, car il y aurait beaucoup de choses à dire à ce propos. La psychiatrie est un enjeu de santé publique qui dépasse les clivages politiques. Nous aurons probablement l’occasion d’en reparler. »

Pour aller plus loin

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