Sous-amendement de Mme Pires Beaune (SOC) · art. 79

75 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 33 voix non atteint.
Majoritaire
Participation 11 %

Sous-amendement n° II-1709 · ART. 79, déposé par Mme Pires Beaune SOC +28 cosignataires.

L'essentiel : Ce sous-amendement voulait annuler la baisse, prévue par le gouvernement, du seuil d’intégration fiscale (de 0,40 à 0,35) ouvrant aux intercommunalités une dotation stable, son autrice y voyant un affaiblissement de la réforme.

Texte exact de l'amendement

Supprimer les alinéas 1 à 4.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Ce sous-amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à supprimer les quatre premiers alinéas de l'amendement du gouvernement qui passe de 0,40 à 0,35 le niveau du coefficient d'intégration fiscale (CIF) des communautés d’agglomération, communautés urbaines et métropoles leur permettant de bénéficier d’une stabilité de leur dotation d’intercommunalité, dans le cas où celle-ci serait spontanément en diminution par rapport au montant par habitant notifié l’année précédente. Un niveau de CIF à 0,35 correspond au niveau moyen de CIF en France. Fixer un seuil à ce niveau revient à affaiblir fortement la réforme, car il sera très facile à de nombreux EPCI à fiscalité propre, dans une intervalle de deux ou trois années, d'atteindre ce niveau. Alors, les effets de la réforme seront totalement bouleversés. L'amendement du gouvernement répond à des préoccupations de court terme aux effets désastreux d'ici 2021.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 24 septembre 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 11 décembre 2018 1re lecture Sénat Modifié
  3. 12 décembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 19 décembre 2018 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 28 décembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi de finances autorise la perception des ressources de l’État et des impositions affectées à d’autres personnes morales pendant l’année 2019, et fixe les prévisions de solde structurel et de solde effectif des administrations publiques. Il indexe le barème de l’impôt sur le revenu et les grilles de taux du prélèvement à la source, en portant notamment de 5 795 euros à 5 888 euros le montant mentionné à l’article 196 B du code général des impôts, et comporte des mesures d’accompagnement du prélèvement à la source. Il abaisse le plafond de la réduction d’impôt sur le revenu applicable dans les départements d’outre-mer, les montants de 5 100 euros et 6 700 euros étant remplacés par 2 450 euros et 4 050 euros, et supprime la taxe sur la valeur ajoutée non perçue récupérable pour les opérations dont la taxe devient exigible à compter du 1er janvier 2019. Il crée des zones franches d’activité nouvelle génération, notamment en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique. Il aménage la taxe d’enlèvement des ordures ménagères et renforce la composante de la taxe générale sur les activités polluantes relative aux déchets.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC16LT46MODEM308LREM28UDI104LR12NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise100
Gauche démocrate et républicaine100
Socialistes et apparentés400
Libertés et Territoires400
Mouvement Démocrate et apparentés050
La République en Marche1410
UDI, Agir et Indépendants020
Les Républicains400
Non inscrit110
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Ce qui s'est dit lors de cette discussion

Le sous-amendement no 1709 n'a pas été présenté séparément en séance : par règlement, il se discute avec l'amendement qu'il modifie. Voici donc les prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 1679 (Projet de loi de finances pour), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel.

M. Sébastien Lecornu (ministre)
« Je vous connais bien, monsieur le député Pupponi, je sais votre engagement militant sur ces questions de politique de la ville. Nous pouvons débattre entre nous de manière vigoureuse, d’autant que nous aimons cela, mais nous devons nous accorder au moins sur un point : vous avez reconnu à plusieurs reprises, ce soir, l’effort du Gouvernement pour la politique de la ville… […] …et vous aurez l’occasion d’y revenir demain avec le ministre Denormandie. […] Ce soir, nous avons fait un pas en avant concernant la DSU, que nous augmentons également bien que vous jugiez cela insuffisant. C’est là que j’ai du mal à comprendre que nous ne nous comprenions pas... »
Mme Christine Pires Beaune SOC
« Nous approuvons la proposition du ministre de diminuer de 1,2 à 1,1 le coefficient appliqué au CIF des métropoles. Par contre, nous proposons de supprimer la réduction de 0,40 à 0,35 du niveau de CIF requis des communautés d’agglomération, des communautés urbaines et des métropoles. En effet, 0,35 est le niveau moyen de CIF. […] Ce chiffre ne sera pas du tout difficile à atteindre par les EPCI. Je vais même vous donner une astuce : on peut faire un transfert de compétences à l’EPCI, après quoi on signe des conventions de mutualisation et on atteint un CIF qui n’est pas le vrai. Un CIF à 0,35 est si faible qu’il faudrait donc absolument rester à 0,40. »
M. Philippe Vigier DEM
« Je vous ai bien écouté, monsieur le ministre. Vous m’accorderez tout de même – et vous serez d’accord car vous connaissez bien la France des territoires – que la fragmentation entre les métropoles – lisez les derniers rapports sur la question, si évocateurs – et les territoires ruraux suburbains – et qui se rurbanisent – a abouti à une accumulation de richesses dans les métropoles. Et si vous le souhaitez, j’y insiste, je pourrai vous transmettre une compilation que j’ai réalisée des travaux sur le sujet. Je suis prêt à apporter la contradiction à tous ceux qui prétendent le contraire. »
M. Jean-René Cazeneuve (rapporteur spécial)
« La commission n’a examiné ni l’un ni l’autre, mais, à titre personnel, je suis défavorable au sous-amendement, et favorable à l’amendement. Je note d’abord que si un écart existe bien entre, d’une part, les métropoles et les communautés urbaines, et, d’autre part, les communautés de communes, il faut bien comprendre que c’est parce que le CIF n’est pas calculé de la même manière, et que ce calcul n’intègre pas les mêmes éléments. On ne peut donc pas vouloir appliquer le même coefficient d’intégration. Ensuite, j’estime que l’on ne peut pas dire que les métropoles ont la belle vie. »
M. Sébastien Lecornu (ministre)
« Défavorable. Madame Pires Beaune, j’entends ce que vous dites, mais si nous voulons mettre en place une transition, j’estime que le niveau de CIF proposé par l’amendement constitue une solution d’équilibre acceptable. Vous constatez d’ailleurs que M. Philippe Vigier, qui est de bonne foi, comme vous l’êtes, s’inquiète, de son côté, que le dispositif ne favorise que les gros ensembles au détriment des petits, alors que du vôtre, vous souhaitez sortir du dispositif certaines communautés d’agglomération ou communauté de communes qui n’ont fait que le minimum. […] Je préfère cela, monsieur le député ! »
M. Gilles Carrez LR
« Monsieur le ministre, je vous avoue que, indépendamment des simulations, j’ai été un peu surpris de trouver, à l’article 79 du projet de loi de finances, un coefficient de pondération de 1,2, compte tenu du potentiel financier moyen des métropoles. Car s’il est vrai que les compétences des métropoles sont opérationnelles, elles s’exercent aussi beaucoup dans le domaine des études et de la programmation, des activités qui ne sont pas très coûteuses. Je pense qu’en repassant à 1,1, nous allons dans la bonne direction. Je suis partagé quant au sous-amendement. »

2 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue