Amendement n° 433 · ART. 26, déposé par M. Gouffier-Cha LAREM +17 cosignataires.
L'essentiel : Les victimes de violences sexistes ou sexuelles portant plainte par voie électronique auraient, selon cet amendement de M. Gouffier-Cha, reçu immédiatement des informations sur les possibilités de prise en charge psychologique et médicale.
Texte exact de l'amendement
Après l’alinéa 4, insérer l’alinéa suivant : « Lorsque la plainte adressée par voie électronique porte sur des faits de violences sexistes ou sexuelles et selon des modalités prévues par décret, la victime est immédiatement destinataire d’informations sur les possibilités de prise en charge psychologique et médicale. »
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Ce dispositif de plainte en ligne permettra sans aucun doute d’offrir aux victimes de violences sexistes et sexuelles un espace d’expression rendant ainsi plus facile la démarche du dépôt de plainte. Ces violences ont toutefois des conséquences spécifiques et doivent faire l’objet de messages d’avertissement adaptés à destination des victimes qui déposent plainte de manière électronique. Doivent ainsi être transmis les numéros d’écoute, d’information et d’orientation ou encore les adresses de lieu d’accueil des femmes victimes de violences et des acteurs locaux susceptibles de leur fournir une assistance matérielle et psychologique. Par ailleurs, lorsqu’une agression sexuelle vient d’avoir lieu, la victime doit immédiatement être alertée sur sur la nécessité de procéder à des constatations et à des prélèvements auprès d’une unité de médecine légale.
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 20 avril 2018 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
- 23 octobre 2018 1re lecture Sénat Adopté
- 11 décembre 2018 1re lecture Assemblée Modifié
- 13 décembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
- 23 janvier 2019 Nouvelle lecture Assemblée Adopté
- 12 février 2019 Nouvelle lecture Sénat Modifié
- 18 février 2019 Lecture définitive Assemblée Adopté
- 21 mars 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme
- 23 mars 2019 Promulgation loi n° 2019-222
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
L'article 1er approuve le rapport annexé définissant les orientations et la programmation des moyens de la justice pour la période 2019-2022 et fixe l'évolution des crédits de paiement de la mission « Justice », hors charges de pensions. L'article 1er bis fixe un calendrier de progression du nombre de conciliateurs de justice entre 2019 et 2022, et l'article 1er ter prévoit que, jusqu'en 2022, le Gouvernement présente chaque année au Parlement un rapport sur l'exécution de la loi, avant le débat sur les orientations des finances publiques. L'article 3 encadre les services en ligne de conciliation, de médiation ou d'autres modes de règlement des différends, proposés à titre gratuit ou rémunéré, en insérant de nouveaux articles dans la loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle. L'article 4 ouvre, dans certaines matières et en raison de leur nature, une dérogation aux règles posées par l'article 4 de la loi du 31 décembre 1971 sur la représentation des parties. L'article 5 modifie l'article 317 du code civil pour confier au notaire, à la place du juge du tribunal d'instance, la démarche qui y est prévue.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise | 3 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine | 2 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés | 1 | 0 | 0 |
| Libertés et Territoires | 0 | 0 | 0 |
| Mouvement Démocrate et apparentés | 1 | 1 | 0 |
| La République en Marche | 4 | 24 | 6 |
| UDI, Agir et Indépendants | 2 | 0 | 0 |
| Les Républicains | 4 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 1 | 0 | 0 |
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 433 en séance (Programmation 2018-2022 et réforme de la justice), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« L’amendement n o 433 émane de la délégation aux droits des femmes. Il vise à informer la victime, lorsqu’elle dépose une plainte en ligne, sur les possibilités de prise en charge psychologique et médicale. Le dispositif de dépôt de plainte en ligne permettra en effet de mettre à disposition des victimes de violences sexistes et sexuelles un nouvel espace d’expression. Il faut que la parole se libère, et ce dispositif le permet. Il faut tout de même rappeler que les cas de violences sexistes et sexuelles sont complexes : nous devons donc accompagner au mieux ces victimes. C’est l’objet de cet amendement, qui vise à leur adresser un message adapté à leur situation. »
« Nous avons évidemment débattu de ce sujet en commission, où nous avons d’ailleurs repoussé un amendement de ce type. Ce n’est pas que nous soyons en désaccord sur le fond ou sur l’objectif poursuivi, mais nous avons considéré que l’alinéa 7 de l’article 26 permettait d’intégrer l’ensemble des éléments que vous avez évoqués. Je ne répéterai pas les indications que j’ai données s’agissant de la prise en charge des victimes par des services spécialisés, par des unités médico-judiciaires, qui fonctionnent déjà depuis un certain temps. Comme vous, nous sommes très sensibles à l’accompagnement des plaintes que vous évoquiez. »
« Même avis. Nous partageons évidemment votre préoccupation, madame Couillard, mais votre amendement ne relève pas du domaine de la loi. Soyez certaine que, lorsque nous construirons ces plateformes, nous prévoirons la manière dont nous allons communiquer ce type d’informations. C’est tout à fait essentiel ! Cependant, je le répète, cette disposition ne relève vraiment pas du domaine de la loi. »
« Si cette disposition ne relève pas du domaine de la loi, de quel domaine relève-t-elle ? Comment pourrons-nous prévoir l’affichage des numéros d’écoute et des adresses des lieux d’accueil lorsqu’une personne portera plainte ? Si l’on m’assure de la bonne communication de ces informations, aucun problème ! Mais la délégation aux droits des femmes tient beaucoup à cet amendement de bon sens. Il ne relève peut-être pas du domaine législatif, mais nous voulons simplement nous assurer que les dispositions réglementaires seront prises. […] En effet, la délégation aux droits des femmes souhaite le maintien de cet amendement. »
« Je partage totalement la préoccupation de nos collègues. Encore une fois, nos échanges montrent notre volonté de travailler dans la même direction et d’être au plus près des victimes. Cela ne fait aucun doute, et c’est peut-être l’enseignement le plus intéressant de nos échanges de la soirée. Cependant, nous sommes législateurs et, sans vouloir être pédant, je rappelle qu’une petite révolution juridique a eu lieu en 1958 : les articles 34 et 37 de la Constitution délimitent les domaines de la loi et du règlement. Or, en donnant autant de détails, l’amendement n o 433 écrit un cahier des charges de la plateforme. »
« Mon interprétation est un peu différente de celle de M. Gosselin. Un grand nombre d’amendements ont été déclarés irrecevables : nous ne pouvons donc pas les défendre dans le cadre de l’examen de ce projet de loi, au motif qu’ils n’auraient qu’un lien indirect avec le texte. En théorie, nous ne pouvons pas non plus défendre les amendements relevant du domaine réglementaire. Si l’amendement n o 433 est soumis à notre discussion ce soir, c’est donc bien qu’il y a toute sa place. D’ailleurs, si nous levons tous la main, il finira par être adopté et intégré dans le projet de loi. »
5 autres prises de parole ont suivi dans cette discussion, à lire dans le compte rendu.
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Programmation 2018-2022 et réforme de la justice), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« Il vise la suppression de l’alinéa 6 de l’article 12. Le cas dit de divorce accepté interdit aux époux de revenir en arrière, donc de retirer leur consentement pendant la procédure dès lors qu’ils ont accepté « le principe de la rupture du mariage sans considération des faits à l’origine de celle-ci… »
« Je propose également de supprimer cet alinéa. Lorsque les époux acceptent « le principe de la rupture du mariage sans considération des faits à l’origine de celle-ci », cette acceptation n’est pas susceptible de rétractation. »
« Il est proposé en premier lieu de réduire de deux à un an le délai caractérisant l’altération définitive du lien conjugal – qui était de six ans il y a quelques années. »
« C’est exactement le même amendement ; je me joins donc aux propos qui viennent d’être tenus. Ayant manqué le débat sur l’article 12, je profite de l’occasion, madame la ministre, pour vous reposer la question que je vous adressais en discussion générale, s’agissant des divorces contentieux, désormai… »
« Nous souhaitons alerter sur l’importance de préserver, avant tout recours, la tenue d’une audience de conciliation obligatoire pour les personnes souhaitant entamer une procédure de divorce. »
« Issu de la recommandation 8 du rapport de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, cet amendement propose qu’avant l’audience introductive de fixation des mesures provisoires, chacun des deux époux puisse, à sa demande, être entendu individuellem… »
« De nombreux débats dans cet hémicycle – qui me semblent légitimes – ont démontré que l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas au rendez-vous dans cette société. »
« Nous sommes inquiets du devenir de la justice d’instance, notamment dans le cadre de la réorganisation des tribunaux de grande instance, en raison de la pression, notamment médiatique, qui se portera sur les magistrats, en particulier sur le président du TGI, pour que le tribunal correctionnel trait… »
« Le groupe Socialistes et apparentés n’a jamais dit qu’il était contre la dématérialisation. Nous avons toujours considéré qu’il fallait la dématérialisation et la présence humaine, comme Mme la garde des sceaux l’a d’ailleurs rappelé régulièrement et fort opportunément. »
« Mon collègue Aurélien Pradié a très bien expliqué ce que nous percevons de votre logique, madame la ministre, une logique qui tend à déshumaniser notre justice. Vous nous expliquez que nous n’avons pas la même lecture du texte, notamment sur la dématérialisation des injonctions de payer. »
« Je suis très sensible aux arguments de MM. Jumel et Hetzel. J’ai présidé une association d’insertion et j’ai croisé des personnes en situation d’endettement. »