Amendement de M. Bernalicis (FI) · art. 32

93 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 14 voix non atteint. 1 abstention.
Net
Participation 5 %

Amendement n° 602 · ART. 32, déposé par M. Bernalicis FI +16 cosignataires.

L'essentiel : La présence de l’avocat lors d’une perquisition, menée avec ou sans l’accord de la personne, serait devenue obligatoire sous peine de nullité avec cet amendement, son auteur voulant combler une lacune du code de procédure pénale.

Texte exact de l'amendement

I. – Après l’alinéa 6, insérer l’alinéa suivant : « 1°A Le premier alinéa est complété par les mots : « , ni sans la présence de son avocat. » II. – En conséquence, après l’alinéa 8, insérer un alinéa ainsi rédigé : « 2° bis Après la première phrase de l’avant-dernier alinéa, est insérée une phrase ainsi rédigée : « À peine de nullité, la perquisition ne peut se dérouler sans présence de l’avocat de la personne concernée, le cas échéant cet avocat est commis d’office ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement vise à prévoir la présence d’un avocat lors d’une perquisition, que celle-ci soit effectuée avec ou sans l'assentiment de la personne perquisitionnée. Si le code de procédure pénale ne l’interdit pas, il ne prévoit pas non plus l’assistance de l’avocat pendant une perquisition pénale, contrairement aux cas de visites domiciliaires. Il s’agit de mettre fin à cette absence de statut de l’avocat en perquisition et aux incertitudes qui en résultent, notamment au regard de la législation européenne. D’un point de vue pratique, et afin de ne pas retarder l’action des forces de police et de gendarmerie, des conventions locales avec chaque bâtonnier devront être établies afin de permettre la présence d’un avocat dès le début de chaque perquisition. L’objectif est qu’avant toute perquisition (avec ou sans consentement) les services mandatés pour une perquisition adresseront une demande au service de l’accès aux droit qui désigneront, au nom du Bâtonnier, les avocats inscrit à l’aide juridictionnel, devant suivre la perquisition sans assentiment, ou la perquisition avec assentiment si la personne qui a consenti a la perquisition n'a pas choisi son propre avocat.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 20 avril 2018 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 23 octobre 2018 1re lecture Sénat Adopté
  3. 13 décembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 12 février 2019 Nouvelle lecture Sénat Modifié
  5. 21 mars 2019 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

L'article 1er approuve le rapport annexé définissant les orientations et la programmation des moyens de la justice pour la période 2019-2022 et fixe l'évolution des crédits de paiement de la mission « Justice », hors charges de pensions. L'article 1er bis fixe un calendrier de progression du nombre de conciliateurs de justice entre 2019 et 2022, et l'article 1er ter prévoit que, jusqu'en 2022, le Gouvernement présente chaque année au Parlement un rapport sur l'exécution de la loi, avant le débat sur les orientations des finances publiques. L'article 3 encadre les services en ligne de conciliation, de médiation ou d'autres modes de règlement des différends, proposés à titre gratuit ou rémunéré, en insérant de nouveaux articles dans la loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle. L'article 4 ouvre, dans certaines matières et en raison de leur nature, une dérogation aux règles posées par l'article 4 de la loi du 31 décembre 1971 sur la représentation des parties. L'article 5 modifie l'article 317 du code civil pour confier au notaire, à la place du juge du tribunal d'instance, la démarche qui y est prévue.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC16LT46MODEM308LREM28UDI104LR12NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise100
Gauche démocrate et républicaine000
Socialistes et apparentés010
Libertés et Territoires000
Mouvement Démocrate et apparentés020
La République en Marche0180
UDI, Agir et Indépendants000
Les Républicains020
Non inscrit021

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 602 en séance (Programmation 2018-2022 et réforme de la justice), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Ugo Bernalicis FI
« Je n’ai pas souhaité reprendre la parole sur l’amendement précédent, qui tendait à supprimer l’article. Il me semble plus important de présenter la vision qu’a la France insoumise de ce que pourrait être l’action judiciaire en lien avec la police. Nous proposons que l’avocat soit présent lors des perquisitions. Aujourd’hui, dans un certain nombre de cas sur lesquels je ne reviens pas, les enquêteurs demandent au JLD, avant même de procéder à la perquisition, l’autorisation d’entrer, sans le consentement des personnes, à leur domicile ou dans un autre lieu. »
M. Didier Paris (rapporteur)
« Cet amendement important nous permet de revenir sur le rôle de l’avocat. C’est heureux, car certains amendements relatifs à cette question n’ont pas été soutenus. La présence de l’avocat est-elle opportune lors de la perquisition ? Tout d’abord, le droit français s’inscrit dans le cadre du droit européen. En aucune façon, la jurisprudence ni le droit européens n’exigent cette présence, alors qu’ils l’exigent dès lors qu’on procède à des auditions, des confrontations, des éléments de nature à entraîner la responsabilité de la personne suspectée. »
Mme Nicole Belloubet (garde des sceaux)
« Mon avis est également défavorable. Telle qu’elle est prévue, la perquisition est juridiquement encadrée et entourée de garanties. Elle ne peut être réalisée qu’au domicile de personnes suspectées d’avoir commis une infraction ou de détenir des éléments relatifs aux faits reprochés. En préliminaire, elle ne peut être effectuée qu’avec le consentement de la personne concernée ou, à défaut, avec l’autorisation d’un juge aux fonctions spécialisées : le juge des libertés et de la détention. »
M. Gilbert Collard NI
« Merci de votre effort, monsieur le président ! Je peux comprendre qu’on souhaite la présence d’un avocat lors des perquisitions. La préoccupation des auteurs de l’amendement est honorable. Je me demande cependant si l’on peut faire de l’avocat le dépositaire d’une information qu’il devra, par obligation déontologique, celer à son client, alors même qu’elle risque de lui porter préjudice. […] Ce n’est pas un reproche, mais vous n’avez pas la pratique de la relation de confiance unissant l’avocat à son client. L’avocat saurait qu’une perquisition aurait lieu mais ne pourrait pas le dire. »
M. Ugo Bernalicis FI
« Je crois avoir assez bien anticipé ce que vous alliez dire, madame la ministre. Je vous prie d’accorder une attention particulière au JLD et à son rôle dans la procédure. En théorie, si l’on s’en tient aux principes affirmés au cours des débats parlementaires – j’en appelle à la mémoire des plus anciens de nos collègues –, on est censé aller au domicile de la personne – si c’est une perquisition à domicile –, vérifier que celle-ci n’y consent pas, puis demander au JLD de mener la perquisition en l’absence de consentement. Mais cela ne se passe jamais comme cela, car, en réalité, on anticipe le refus de la personne. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Programmation 2018-2022 et réforme de la justice), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Nicole Belloubet (garde des sceaux, ministre de la justice)
« Contrevenant à notre accord de ce matin, je prendrai un peu de temps pour présenter cet amendement qui habilite le Gouvernement à modifier et à compléter les dispositions applicables à la justice pénale des mineurs et à les regrouper dans un code de la justice pénale des mineurs. »
M. David Habib NG
« Oui. Je vous remercie d’organiser nos travaux comme toujours avec calme, sérénité et désir d’y associer l’ensemble des parlementaires. Mme la ministre vient de s’exprimer : il nous faut digérer tout ce qui a été annoncé, y compris d’ailleurs de nouvelles recettes constitutionnelles. »
M. Philippe Gosselin LR
« Vous le constatez : l’exercice sera très contraint. C’est d’ailleurs l’une des grandes difficultés que nous dénonçons. Ce n’est pas l’habilitation à prendre des ordonnances qui nous pose un problème en soi. »
M. Jean-Louis Masson LR
« Madame la garde des sceaux, vous avez annoncé mercredi 23 novembre, lors des questions au Gouvernement, que le Gouvernement allait faire une réforme sur la justice des mineurs par ordonnance. Or vous n’en avez jamais parlé pendant les trente-trois heures de débat en commission des lois. »
M. Ugo Bernalicis FI
« C’est assez extraordinaire ! Après la loi votée dans l’hémicycle, qui est censée être la norme, on nous propose la loi votée en commission ! Mais, la gourmandise ne s’arrêtant pas là, on nous propose aujourd’hui la loi élaborée en mission d’information de coproduction sur une ordonnance ! »
M. Didier Paris (rapporteur de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« J’essaierai de ne pas paraphraser les propos de l’excellent président Lagarde car il a dit beaucoup de choses, presque tout. Pourquoi et comment ? Nous avons tous conscience que l’ordonnance de 1945 peut et doit encore évoluer. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Madame la ministre, je reviendrai sur un point de méthode. Je vous avoue en effet mon étonnement : vous nous avez parlé de « dialogue », de « concertation », vous avez même évoqué, reprenant le mot d’un parlementaire, une « coproduction », mais comment cela peut-il être le cas quand on dépose un ame… »
Mme Laurence Vichnievsky DEM
« Je ne sais pas si j’ai manqué les explications de M. le rapporteur sur les raisons qui s’opposeraient à ce que l’on porte le délai de six mois à trois mois s’agissant de la plainte avec constitution de partie civile après le dépôt initial d’une plainte et pour sa recevabilité devant le juge d’instru… »
Mme Cécile Untermaier SOC
« J’interviendrai très rapidement car j’ai déjà défendu cet amendement en commission, pour dire que je me range complètement aux observations faites par ma collègue Vichnievsky, qui sait quand même de quoi elle parle. »

Pour aller plus loin

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