Amendement de Mme Rabault · art. 8

91 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 65 voix non atteint. 1 abstention.
NetClivage gauche-droite
Participation 22 %

Amendement n° 114 · ART. 8, déposé par Mme Rabault +4 cosignataires.

L'essentiel : La transformation du crédit d’impôt CICE en baisse de cotisations, prévue à l’article 8, aurait été supprimée par cet amendement d’appel, son autrice réclamant des évaluations précises sur les gagnants et les perdants de cette bascule.

Texte exact de l'amendement

Supprimer cet article.

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement est un amendement d’appel. Il vise à supprimer la bascule du CICE en baisse de cotisations. Concrètement, il vise à maintenir le CICE (cette partie sera déposée au PLFR 2018) et par conséquent à renoncer aux exonérations prévues à l’article 8. Avec cet article, le Gouvernement acte la bascule du CICE en baisse de cotisations sociales patronales. Vu l’ampleur des sommes en jeu (20 milliards €), il apparaît indispensable de disposer d’évaluations précises sur les « gagnants » et les éventuels « perdants ». En effet, s’il peut sembler « aller de soi » que 20 milliards d’€ de CICE équivalent économiquement à 20 milliards € de baisse de cotisations, les mécanismes inhérents à ces 2 dispositifs peuvent conduire à des différences d’impact pour certains acteurs économiques. Or ces différences d’impact ne sont nullement appréhendées dans l’étude remise par le Gouvernement. Pourtant plusieurs différences majeures apparaissent : 1. Dans la comptabilité « maastrichtienne ». Cette bascule prive le gouvernement de 20 milliards € de marge de manœuvre en 2019, ce qui semble regrettable au moment où la croissance française connaît un faux-plat. a. Le CICE enregistré dans les comptes de l’année N d’une entreprise, est inscrit en comptabilité maastrichtienne (celle qui fait foi pour respecter les 3 % du pacte de stabilité) en année N+1 b. Les baisses de cotisations sociales patron…

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 octobre 2018 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 20 novembre 2018 1re lecture Sénat Modifié
  3. 20 novembre 2018 Commission mixte paritaire Accord
  4. 29 novembre 2018 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  5. 21 décembre 2018 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale approuve les comptes de l'exercice 2017, dont le tableau d'équilibre par branche de l'ensemble des régimes obligatoires de base, qui fait apparaître un solde de - 4,9 milliards d'euros pour la branche maladie et de 1,2 milliard d'euros pour les accidents du travail et maladies professionnelles, ainsi que le rapport sur la situation patrimoniale au 31 décembre 2017. Il rectifie pour 2018 les prévisions de recettes, les objectifs de dépenses et l'objectif national de dépenses d'assurance maladie et ses sous-objectifs, dont celui des soins de ville fixé à 89,5 milliards d'euros. Il porte de 105 à 125 millions d'euros la dotation destinée à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux. Ses articles suivants simplifient le mode de financement des médicaments remboursés et exonèrent de cotisations salariales le recours aux heures supplémentaires et complémentaires. L'exposé des motifs indique que le déficit du régime général et du fonds de solidarité vieillesse est passé de 7,8 milliards d'euros en 2016 à 5,1 milliards d'euros en 2017.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC16LT46MODEM309LREM28UDI104LR12NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise200
Gauche démocrate et républicaine200
Socialistes et apparentés400
Libertés et Territoires201
Mouvement Démocrate et apparentés040
La République en Marche0800
UDI, Agir et Indépendants050
Les Républicains0270
Non inscrit020

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 114 en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 (suite)), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Joël Aviragnet NG
« Il s’agit d’un amendement d’appel, qui vise à revenir sur la transformation du CICE en baisse de cotisations. S’il peut sembler aller de soi que 20 milliards d’euros de CICE équivalent économiquement à 20 milliards d’euros de baisse de cotisations, les répercussions peuvent être différentes pour certains acteurs économiques, en raison des mécanismes inhérents aux deux dispositifs. Or ces différences ne sont nullement indiquées dans l’étude d’impact remise par le Gouvernement. L’impact varie, en particulier, selon le niveau de salaire, du fait de la concomitance de l’allégement général dit « Fillon » et des nouvelles mesures de baisse de cotisations patronales proposées à l’article 8. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Francis Vercamer UDI
« Il vise à supprimer le report au 1 er octobre 2019 de l’inclusion de la contribution patronale d’assurance chômage dans la formule de calcul du coefficient de la réduction générale de cotisations sociales – dite « réduction Fillon ». »
M. Pierre Dharréville GDR
« L’annexe 5 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019, qui rassemble les mesures d’exonération de cotisations sociales, reste très sommaire s’agissant de l’évaluation de ces dispositifs. Le plus souvent, elle se contente d’une ou deux phrases. »
M. Olivier Véran (rapporteur général)
« Le Parlement dispose de moyens de contrôle et d’évaluation en suffisance pour ne pas devoir demander au Gouvernement de lui remettre un rapport sur l’efficacité des allégements de cotisations sociales. La commission des affaires sociales a repoussé l’amendement. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Madame la ministre, l’article 11 fait l’objet d’un profond désaccord entre votre majorité et, je crois, tous les groupes d’opposition de cet hémicycle. Au cours de sa campagne électorale, M. »
M. Gilles Lurton LR
« Avec l’article 11, nous abordons l’augmentation de la contribution sociale généralisée, que vous avez décidé d’infliger aux retraités à faibles ressources – aux autres aussi, mais les plus durement frappés sont ceux dont les ressources sont les plus faibles. »
M. Jean Lassalle LT
« Je suis, comme beaucoup d’entre nous, accablé par la paupérisation de nos concitoyens, et en particulier de nos retraités, puisque c’est d’eux que nous parlons. Ce n’est pas de votre fait : il y a vingt-cinq ans que l’on a laissé dériver tout cela. »
Mme Jeanine Dubié LT
« Cet amendement, qui vise à rétablir l’article dans sa version initiale, améliorera peut-être la situation de 300 000 retraités, mais sans répondre à la majorité des retraités modestes, largement touchés par l’augmentation de la CSG de 1,7 point. »
M. Loïc Prud’homme FI
« Puisque l’amendement de la commission des affaires sociales fera tomber les autres amendements, il me semble important de défendre une disposition qui tend à protéger – la ministre parle souvent de « protéger » et de « libérer » – les plus anciens. »
M. Joël Aviragnet NG
« L’an dernier, le groupe Socialistes et apparentés avait déjà dénoncé les effets pervers de la hausse de la CSG sur les retraités. Celle-ci pose d’ailleurs sûrement problème, puisque vous essayez de modifier la mesure à la marge. C’est bien que le seuil retenu n’est pas le bon. »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue