Amendement de Mme Brenier · art. 1er

82 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 30 voix non atteint. 3 abstentions.
Majoritaire
Participation 11 %

Amendement n° 227 · ART. PREMIER, déposé par Mme Brenier +21 cosignataires.

L'essentiel : Les énergies fossiles et nucléaires auraient dû, selon cet amendement, être remplacées par des énergies propres et renouvelables à toutes les étapes de fabrication et de production, pour préserver l’objectif écologique.

Texte exact de l'amendement

Compléter l’alinéa 6 par les mots : « et après l’année : « 2012 », sont insérés les mots : « en les remplaçant par des énergies propres et renouvelables et ce, à toutes les étapes de la fabrication et de la production ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Cet amendement a pour vocation de clarifier les ressources de remplacement qui seront utilisées pour pallier l’usage d’énergies fossiles et nucléaires. Il est important que la transition énergétique respecte réellement les objectifs écologiques énoncés. Certaines énergies renouvelables comme les panneaux solaires, les éoliennes et l’énergie hydraulique, peuvent parfois avoir des impacts environnementaux néfastes, notamment avec l’utilisation de certains matériaux dans le processus de fabrication des moyens de production « verts ». C’est d’ailleurs le cas avec les terres rares utilisées dans la fabrication de certaines éoliennes dont l’extraction est extrêmement polluante. Il s’agit donc ici de conserver l’objectif écologique premier et de ne pas reporter le problème à un autre niveau de la chaîne de production de l’énergie. Cet amendement encourage donc l’encadrement de la décarbonisation et de la transition vers une énergie renouvelable de façon à assurer le respect de l’objectif principal du projet de loi, soit la protection de l’environnement.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 30 avril 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 18 juillet 2019 1re lecture Sénat Modifié
  3. 25 juillet 2019 Commission mixte paritaire Accord
  4. 11 septembre 2019 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 26 septembre 2019 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 7 novembre 2019 Conseil constitutionnel Conforme avec réserve

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi révise les objectifs de la politique énergétique et climatique et crée un Haut Conseil pour le climat. Il plafonne les émissions des installations de production d'électricité fonctionnant à partir de combustibles fossiles et prévoit des mesures d'accompagnement. Il comporte des mesures de simplification de l'évaluation environnementale applicable aux projets d'énergies renouvelables et un dispositif de lutte contre la fraude aux certificats d'économies d'énergie. Il habilite le Gouvernement à transposer par ordonnance les textes du paquet européen « Une énergie propre pour tous les Européens », modifie la composition du collège de la Commission de régulation de l'énergie et intervient sur l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique. L'extrait des articles est constitué des présentations de chaque mesure et ne restitue pas leur rédaction.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LT46MODEM305LREM28UDI104LR14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise010
Gauche démocrate et républicaine100
Socialistes et apparentés002
Libertés et Territoires110
Mouvement Démocrate et apparentés050
La République en Marche0430
UDI et Indépendants200
Les Républicains301
Non inscrit110

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 227 en séance (Énergie et climat), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Véronique Louwagie LR
« Cet amendement de notre collègue Marine Brenier a pour vocation de clarifier les ressources de remplacement qui seront utilisées pour pallier l’usage d’énergies fossiles. Il est important que la transition énergétique respecte réellement les objectifs écologiques affichés. Certaines sources d’énergies renouvelables, comme les panneaux solaires ou les éoliennes, peuvent parfois avoir des impacts environnementaux néfastes, notamment du fait de l’utilisation de certains matériaux. C’est le cas des terres rares utilisées dans la fabrication de certaines éoliennes, dont l’extraction est extrêmement polluante. »
M. Anthony Cellier (rapporteur)
« Cet amendement me semble satisfait. L’ADEME réalise des analyses de cycle de vie pour connaître les impacts environnementaux des productions renouvelables. Ces analyses mettent en évidence de faibles émissions de CO2 sur la durée de vie des énergies renouvelables – un taux d’émission de 12,7 grammes de CO2 par kilowattheure pour les éoliennes terrestres. Sachez par ailleurs qu’une filière de recyclage des panneaux solaires se met en place. Quant aux pales des éoliennes en fibre de carbone, venez dans ma circonscription : je vous présenterai une entreprise, Extracthive, qui a inventé un système de désenzymage. »
M. François de Rugy (ministre d’État)
« Manifestement, madame la députée, on n’entend pas la même chose quand on parle d’énergies propres et renouvelables. M. le rapporteur vient de vous dire que pour tous les modes de production d’électricité, on fait un bilan carbone sur le cycle de vie global. Je ne sais pas s’il y a une centrale nucléaire dans votre circonscription – je ne sais pas si vous souhaitez en avoir une. […] C’est bien que vous le disiez, et j’espère que ce sera noté au compte rendu : Madame ne veut pas en avoir dans sa circonscription, que les choses soient claires ! »
M. Julien Aubert LR
« Voilà une bonne nouvelle : le ministre de l’écologie nous annonce l’implantation de nouvelles centrales nucléaires. Je vous ai trouvé un député du groupe Les Républicains qui sera heureux d’accueillir une nouvelle centrale nucléaire : le député de Fessenheim. […] Je lui transmettrai votre proposition. Par ailleurs, monsieur le ministre, vous mélangez tout. On vous parle d’énergie propre et vous répondez cycle de vie du CO2. Mais le CO2 n’est pas une pollution ! […] Non ! Nous avalons de l’oxygène et nous rejetons du CO2. Il contribue à l’effet de serre et au réchauffement climatique, mais ce n’est pas une pollution. Ce n’est pas la même chose que les particules fines. »
Mme Véronique Louwagie LR
« Les arguments du rapporteur et du ministre sont de nature différente. Monsieur le rapporteur, vous m’opposez que mon amendement est satisfait alors que vous, monsieur le ministre, avez tenté de démontrer qu’aucune situation n’était satisfaisante. Vous avez fait une comparaison avec l’utilisation de béton dans la construction d’un site nucléaire et les impacts sur la construction d’éoliennes. Ce que nous vous proposons, c’est justement d’aller vers quelque chose de beaucoup plus propre encore à tous les niveaux de la fabrication et de la production. Étant donné les objectifs ambitieux que vous affichez, je ne comprends pas que vous vous opposiez à un amendement de cette nature. »
Mme Huguette Tiegna LREM
« Si je ne m’abuse, on ne peut pas parler du cycle de vie du CO2, mais seulement de celui d’un produit manufacturé. Je vous invite par ailleurs à lire les rapports de l’OPECST sur les aimants permanents ou les terres rares. Ce qui me dérange dans vos propos, c’est que vous ciblez les éoliennes alors que les seules parties des éoliennes qui comportent des terres rares sont les génératrices. À l’inverse, la plupart des moteurs comportent des aimants. Je vous invite à comparer la densité énergétique d’un moteur normal et d’un moteur à aimants : vous comprendriez les choix de nos industriels. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Énergie et climat), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. François de Rugy (ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire)
« La présentation d’un projet de loi est toujours, pour un ministre, un moment particulier. Celui qui vous est soumis aujourd’hui a fait l’objet d’un long travail préparatoire. »
M. Anthony Cellier (rapporteur de la commission des affaires économiques)
« Nous allons dans les heures, les jours et les nuits à venir, examiner le projet de loi relatif à l’énergie et au climat, un texte complexe, technique et ambitieux, un texte fondamental dont nous pourrons, je n’en doute pas, être collectivement fiers. »
Mme Nathalie Sarles (rapporteure pour avis de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire)
« Sans conteste, le projet de loi relatif à l’énergie et au climat traduit la volonté du Gouvernement d’engager une nouvelle étape, résolument ambitieuse, dans la lutte contre les changements climatiques. »
M. Roland Lescure (président de la commission des affaires économiques)
« Il y a douze ans, en 2007, un gouvernement soutenu par une majorité de droite lançait un processus inédit, le Grenelle de l’environnement, en réunissant autour d’une même table tous les acteurs – ONG, élus locaux et nationaux, scientifiques – pouvant contribuer à ce que la France prenne enfin à bras… »
Mme Marie-Noëlle Battistel SOC
« Le projet de loi relatif à l’énergie et au climat, de par son titre et le contexte dans lequel il nous est présenté, devait marquer un moment fort du quinquennat d’Emmanuel Macron et une avancée majeure pour notre pays sur la voie de la transition énergétique et écologique. »
Mme Laure de La Raudière LC
« Quel est donc l’objectif du texte ? Définir la participation de la France au changement climatique ? Amplifier la transition énergétique de notre société et de notre économie ? Nous l’espérons. »
M. François-Michel Lambert LT
« Comme souvent lorsqu’il s’agit de politique environnementale et de l’impérieuse transition écologique de toute notre économie, il y a, j’ose le dire, un gouffre entre les annonces du Gouvernement et les dispositions soumises à notre examen au Parlement. »
Mme Mathilde Panot FI
« « Si la planète se soignait avec des mots, la France serait la championne du monde de la vertu écologique ». Voilà, monsieur le ministre d’État, ce que disent des fonctionnaires de votre ministère. Pour souligner l’écart entre vos discours et vos actes, ils créent un comité de défense écologique. »
M. Hubert Wulfranc GDR
« Le projet de loi propose de substituer à l’objectif de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 celui de la neutralité carbone à cette même échéance. Le travail en commission a permis de définir précisément cet objectif, que nous approuvons. »

Pour aller plus loin

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