Amendement de M. Pupponi · art. 1er

67 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 39 voix non atteint. 7 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 14 %

Amendement n° 359 · ART. PREMIER, déposé par M. Pupponi +12 cosignataires.

L'essentiel : L’antisémitisme, « dont la haine contre l’État d’Israël », aurait été expressément visé par le texte grâce à cet amendement, son auteur y voyant une forme réinventée de l’hostilité aux juifs.

Texte exact de l'amendement

À l’alinéa 3, après le mot : « haine, », insérer les mots : « à l’antisémitisme dont la haine contre l’État d’Israël, »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Face à la résurgence inédite et croissante de l’antisémitisme en France, il est impératif de prendre des mesures concrètes. Le présent amendement vise donc à spécifier l’interdiction de toute incitation envers l’existence même de l’État d’Israël, forme réinventée de l’antisémitisme visant à refuser aux juifs la qualité de peuple.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 20 mars 2019 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 17 décembre 2019 1re lecture Sénat Modifié
  3. 9 janvier 2020 Commission mixte paritaire Accord
  4. 18 juin 2020 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

Le texte modifie des dispositions légales afin d'élargir la définition des discriminations interdites, notamment en incluant la mention de l'identité de genre. Il impose aux opérateurs de plateformes en ligne de mettre en place des mesures pour identifier et supprimer les contenus haineux, et de fournir des informations claires aux utilisateurs. Un nouveau rôle est confié au Conseil supérieur de l’audiovisuel pour surveiller le respect de ces obligations. Des dispositions sont également introduites concernant la compétence des tribunaux pour traiter certains délits liés à la diffusion de contenus haineux en ligne.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Retrait en 24 heures des contenus haineux par les plateformes Censuré

    Mesure phare imposant aux plateformes de retirer sous 24 heures les contenus manifestement illicites à caractère haineux ou sexuel qui leur sont signalés, sous peine de sanction.

    Censuré (article 1er, II), déclaré contraire à la Constitution par la décision n° 2020-801 DC du 18 juin 2020 (atteinte disproportionnée à la liberté d'expression).

  • Retrait en 1 heure des contenus terroristes et pédopornographiques sur demande de l'administration Censuré

    Obligation de retirer en une heure les contenus terroristes ou pédopornographiques notifiés par l'autorité administrative, sous peine d'un an de prison et 250 000 euros d'amende.

    Censuré (article 1er, I) par la décision n° 2020-801 DC : le caractère illicite reposait sur la seule appréciation de l'administration, sans intervention préalable d'un juge.

  • Obligations de moyens et de coopération des plateformes Censuré

    Obligations de traitement des signalements, de transparence et de coopération, sous le contrôle du Conseil supérieur de l'audiovisuel.

    Censuré par voie de conséquence (articles 3 à 9) par la décision n° 2020-801 DC, du fait de leur lien avec les obligations de retrait censurées.

  • Observatoire de la haine en ligne Adopté

    Création, auprès du régulateur de l'audiovisuel, d'un observatoire chargé du suivi et de l'analyse de ces contenus, associant opérateurs, associations et administrations.

    Disposition non censurée, en vigueur.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LT46MODEM304LREM28UDI104LR14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise010
Gauche démocrate et républicaine020
Socialistes et apparentés050
Libertés et Territoires400
Mouvement Démocrate et apparentés131
La République en Marche3455
UDI et Indépendants500
Les Républicains401
Non inscrit300

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 359 en séance (Haine sur internet), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. François Pupponi NG
« Nous entrons dans la question de la définition de l’antisémitisme, dont nous avons longuement débattu. Le Président de la République avait pris un engagement, nous attendons qu’il soit respecté. Il me semble important de redéfinir dans ce texte ce qu’est l’antisémitisme, en raison des nouvelles formes que prennent nombre d’actes antisémites. Les antisémites savent que lorsqu’ils disent « sale Juif » ou « mort aux Juifs », ils sont passibles de sanctions lourdes en raison du caractère aggravant de l’antisémitisme. Et comme ils n’ont pas envie d’être sanctionnés lourdement, ils disent à présent « mort à Israël », « à bas Israël » ou « ils disparaîtront d’Israël ». »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Haine sur internet), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Laetitia Avia (rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Je tiens tout d’abord à saluer les responsables associatifs et les représentants des plateformes qui nous font l’honneur d’assister à nos débats. »
Mme Fabienne Colboc (rapporteure pour avis de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« Les propos racistes, xénophobes, antisémites, anti-LGBTI – lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes –, liés au handicap, et autres messages haineux prolifèrent dans l’espace numérique. »
M. Cédric O (secrétaire d’État chargé du numérique)
« Internet est né il y a trente ans d’un rêve fou : celui de connecter instantanément entre eux les êtres humains, sans barrière ni frontière, et de faire naître une société de la connaissance. »
Mme Danièle Obono FI
« La motion de renvoi en commission prend tout son sens si l’on se souvient que le sujet – sur tous les points abordés – est suffisamment sérieux pour que nous adoptions un texte qui non seulement serve à quelque chose, mais n’aggrave pas en plus la situation. »
M. Frédéric Reiss LR
« Qu’est-ce qu’un discours de haine ? On apprend sur Wikipédia que le discours de haine – ou « hate speech » – « désigne un type de discours qui attaque une personne ou un groupe de personnes sur la base de caractéristiques diverses », notamment la race, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle et la re… »
Mme Isabelle Florennes MODEM
« L’actualité vient assez souvent, il faut le dire, confirmer le mouvement dessiné par certains des textes que nous examinons au sein de cet hémicycle. C’est encore le cas aujourd’hui. »
Mme George Pau-Langevin NG
« Les discours de haine ou les propos haineux sont aussi vieux que l’humanité. On a pu même dire, avec Anton Tchekhov, que « rien n’unit aussi fort que la haine : ni l’amour, ni l’amitié, ni l’admiration ». »
M. Philippe Dunoyer UDI
« Hannah Arendt écrivait que « le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille ». Cette citation s’applique parfaitement à nos débats actuels. En effet, notre expérience d’internet reflète bien cette dualité. »
Mme Frédérique Dumas LREM
« L’augmentation exponentielle de la diffusion des contenus dits « haineux » sur les grandes plateformes et les réseaux sociaux, qui entraîne une propagation inquiétante de toutes sortes de messages racistes, antisémites ou discriminatoires, heurte frontalement la dignité humaine. »
M. Stéphane Peu GDR
« Je crois que nous sommes tous d’accord ici pour dire que, si internet est souvent la meilleure des choses, il peut aussi parfois être la pire. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« Dès que l’on touche de près ou de loin à la liberté d’expression, un auteur s’impose : Philippe Muray. Je ne résiste donc pas au plaisir de le citer une nouvelle fois ici : « Notre temps est si rongé de bonnes intentions, si désireux de faire le bien qu’il voit le mal partout. »

Pour aller plus loin

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