Amendement de Mme Maillart-Méhaignerie · art. 1ER AD

82 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 27 voix franchi. 4 abstentions.
Net
Participation 10 %

Amendement n° 2357 (2ème Rect) · ART. 1ER AD, déposé par Mme Maillart-Méhaignerie +300 cosignataires.

L'essentiel : La France se fixe l’objectif de mettre fin à la mise sur le marché des emballages en plastique à usage unique d’ici 2040, avec des cibles de réduction, de réemploi et de recyclage fixées par décret.

Texte exact de l'amendement

Rédiger ainsi cet article : « Après l’article L. 541‑10‑8 du code de l’environnement, il est inséré un article L. 541‑10‑8-5 ainsi rédigé : « Art. L. 541‑10‑8-5. – La France se donne pour objectif d'atteindre la fin de la mise sur le marché d’emballages en plastique à usage unique d’ici 2040. « Un objectif de réduction, un objectif de réutilisation et de réemploi et un objectif de recyclage sont fixés par décret pour la période 2021‑2025, puis pour chaque période consécutive de cinq ans. « Une stratégie nationale pour la réduction, la réutilisation, le réemploi et le recyclage des emballages en plastique à usage unique est définie par voie réglementaire. Cette stratégie détermine les mesures sectorielles ou de portée générale nécessaires pour atteindre les objectifs mentionnés à l’alinéa précédent. Ces mesures peuvent prévoir notamment la mobilisation des filières à responsabilité élargie des producteurs et de leurs éco-modulations, l’adaptation des règles de mise sur le marché et de distribution des emballages, ainsi que le recours à d’éventuels outils économiques. « Cette stratégie nationale est élaborée et révisée en concertation avec les filières industrielles concernées, les collectivités territoriales et les associations de consommateurs et de protection de l’environnement. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

L’impact de la pollution plastique sur l’environnement et la biodiversité, tout comme sur la santé, n’est plus à démontrer. La détermination d’un objectif stratégique et ambitieux de réduction de la mise sur le marché français d’emballages plastiques à usage unique est une nécessité. La directive européenne relative à la réduction de l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement, interdisant en 2021 plusieurs produits en plastique à usage unique, montre la détermination partagée des États membres d’accélérer la réduction de la production de ces emballages. La France peut et doit être à l’avant-garde sur cette question essentielle. Ainsi, cet amendement propose d’aller plus loin que l’objectif fixé par le Sénat en inscrivant dans la loi une trajectoire de fin de la mise sur le marché des plastiques à usage unique d’ici 2040.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 10 juillet 2019 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 27 septembre 2019 1re lecture Sénat Adopté
  3. 9 janvier 2020 Commission mixte paritaire Accord
  4. 21 janvier 2020 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 30 janvier 2020 Commission mixte paritaire Adopté

Le texte

Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(l'Assemblée nationale a adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :

Le projet de loi impose aux producteurs et importateurs de produits générateurs de déchets d’informer les consommateurs par voie de marquage, et aux producteurs ou importateurs d’équipements électriques et électroniques de communiquer sans frais à leurs vendeurs, sous la forme destinée au consommateur final, les informations prévues. Il généralise une signalétique sur les produits mis sur le marché à destination des ménages relevant de la responsabilité élargie du producteur, à l’exclusion des emballages ménagers en verre. Il renforce l’information sur la disponibilité des pièces détachées, que le fabricant ou l’importateur doit communiquer au vendeur professionnel, et fait figurer sur le reçu de facturation une mention destinée au consommateur. Il complète l’éducation à l’environnement prévue par le code de l’éducation par une sensibilisation à la réduction des déchets, au réemploi et au recyclage des produits et matériaux. Il demande par ailleurs au Gouvernement un rapport, dans un délai d’un an à compter de la promulgation, sur la durée de vie des appareils numériques, l’obsolescence logicielle et les moyens d’allonger la durée de vie des équipements.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC19LT46MODEM303LREM28UDI104LR14NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise100
Gauche démocrate et républicaine000
Socialistes et apparentés200
Libertés et Territoires100
Mouvement Démocrate et apparentés201
La République en Marche3900
UDI, Agir et Indépendants200
Les Républicains063
Non inscrit000

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 2357 en séance (Lutte contre le gaspillage et économie circulaire), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

Mme Laurence Maillart-Méhaignerie LREM
« Nous l’observons chaque jour ; nous l’avons déjà dit, répétons-le : les effets de la pollution plastique sur l’environnement, la biodiversité, la santé, ainsi que les images des continents de plastique qui se multiplient dans nos océans, sont devenus insupportables. Je l’ai rappelé lors de la discussion générale, l’une des priorités du groupe LaREM est de réduire la production de nos déchets à la source, notamment du fait des emballages plastiques. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Lutte contre le gaspillage et économie circulaire), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Mathilde Panot FI
« Il porte sur le statut du déchet. Le code de l’environnement fixe l’objectif de « valoriser sous forme de matière 70 % des déchets du secteur du bâtiment et des travaux publics en 2020 ». »
Mme Véronique Riotton (rapporteure de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire)
« Le 6° du I de l’article L. 541-1 du code de l’environnement crée bien l’objectif de valoriser sous forme de matière 70 % des déchets du secteur du bâtiment et des travaux publics en 2020, mais soyons clairs : cette cible ne sera pas atteinte. »
Mme Brune Poirson (secrétaire d’État)
« L’objectif que vous souhaitez fixer, madame la députée, ne me semble pas applicable en l’état. Votre but – que nous partageons – consiste à définir des buts susceptibles de faire évoluer la réalité. Or l’amendement que vous proposez ne le permettrait pas. »
Mme Sereine Mauborgne LREM
« La flotte maritime mondiale produit chaque année plusieurs millions de tonnes de résidus pétroliers, dont un million de tonnes sont toujours rejetées en mer. »
M. Jimmy Pahun MODEM
« La généralisation de cette technique produirait tout de même des gaz à effet de serre. L’industrie maritime et les navires de commerce fournissent actuellement des efforts très importants. »
M. François-Michel Lambert LT
« Sur ce sujet, que je connais, il faut se garder des confusions. Le mélange de mazout et d’eau salée qui reste dans les cuves en fin de consommation est incinéré, et donc perdu : c’est du gaspillage de cette matière première qu’est le fioul. »
M. Dominique Potier SOC
« Alors que ce projet de loi est censé représenter un retour au bon sens, la question des bois de classe B évoque Ubu roi . Depuis l’adoption du principe de la REP – responsabilité élargie des producteurs – en matière d’éco-mobilier, nous sommes en effet capables de collecter et de démanteler de plus… »
Mme Sophie Auconie UDI
« Notre collègue Alauzet est député de Besançon, qui est un modèle en matière de gestion des déchets : les déchets résiduels y ont été réduits de plus de 35 %. Je pense qu’il faut que nous traitions ces questions en analysant les expériences réussies. »
M. Vincent Descoeur LR
« Au moment d’aborder l’examen de cet article, qui traite de la part des emballages réutilisés ou réemployés, je voudrais que vous nous éclairiez au sujet de ce que recouvre précisément le terme d’« emballage ». S’agit-il des emballages de denrées alimentaires, de produits non alimentaires ? »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue