Proposition de loi interdisant les pratiques visant à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne

97 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 58 voix franchi. 3 abstentions.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 20 %

Le parcours du texte

  1. 23 mars 2021 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 5 octobre 2021 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 7 décembre 2021 1re lecture Sénat Modifié
  4. 20 janvier 2022 Commission mixte paritaire Adopté
  5. 25 janvier 2022 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté

Ce que change ce texte

Le texte vise à interdire les pratiques qui visent à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne. Il s'agit d'une proposition de loi adoptée en première lecture.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 5 octobre 2021 : 115 voix pour, aucune contre, 3 abstentions. Neuf groupes ont voté pour.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI15GDR29SOC17LT57DEM268LREM22AGIR19UDI103LR22NIdivisé
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise400
Gauche démocrate et républicaine300
Socialistes et apparentés800
Libertés et Territoires300
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés500
La République en Marche6300
Agir ensemble700
UDI et Indépendants300
Les Républicains1701
Non inscrit202

Les avis, pour et contre

Scrutin sur une proposition de loi visant à interdire les pratiques modifiant l'orientation sexuelle ou l'identité de genre. Le texte a été adopté le 5 octobre 2021 par 115 voix pour, 0 contre et 3 abstentions. LAREM, LR, DEM, SOC et AGIR-E se sont prononcés en faveur de ce vote. Ce résultat montre un large accord entre plusieurs groupes politiques sur l'interdiction de ces pratiques. Le sujet concerne la protection des personnes concernées par ces interventions.

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Les avis des experts indépendants

Le Défenseur des droits et l'Organisation internationale du travail relèvent que les personnes non hétérosexuelles ont 1,9 fois plus de risque que les autres de rapporter une expérience de discrimination dans la recherche d'emploi, et 1,6 fois plus dans le déroulement de carrière, alors qu'aucune différence n'était observée en 2016.

« Les évolutions des discriminations dans l'emploi entre 2016 et 2024 », 18e baromètre, décembre 2025

C'est la certitude d'être pris, bien plus que la sévérité de la peine, qui dissuade : augmenter des peines déjà longues n'a, au mieux, qu'un effet dissuasif très modeste, et la présence policière (qui accroît le sentiment d'être pris) pèse davantage qu'un simple durcissement des peines.

synthèse des recherches sur la dissuasion (agence de recherche, États-Unis)

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 4 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Interdiction des pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Laurence Vanceunebrock (rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Parler de « thérapies de conversion » en France, en 2021, peut sembler surprenant tant ces pratiques moyenâgeuses sont barbares et contraires à nos valeurs et à nos droits fondamentaux. Certains de nos concitoyens en sont pourtant victimes, victimes d’être qui ils sont, victimes de leur identité. »
Mme Elisabeth Moreno (ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances)
« Il y a un peu moins de quarante ans, le 20 décembre 1981, Gisèle Halimi était, madame la rapporteure, assise à votre place en tant que rapporteure de la loi dite de dépénalisation de l’homosexualité. Elle affirmait alors : « La ’’norme’’ sexuelle ne se définit pas. »
M. Bastien Lachaud FI
« En tant que rapporteur d’application de la proposition de loi interdisant les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, issue des travaux d’une mission d’information dont Laurence Vanceunebrock et moi-même étions corapporteurs, je veux rendre hommage a… »
M. Michel Zumkeller LC
« La mission flash de nos collègues Laurence Vanceunebrock et Bastien Lachaud sur les pratiques prétendant modifier l’orientation sexuelle et l’identité de genre d’une personne a abouti à un constat clair : il est nécessaire de légiférer sur le sujet. »

Le passage en commission

94 amendements examinés en commission, dont 16 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission mixte paritaire · Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 94 amendements y ont été déposés, dont 16 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 16 adoptions qui est arrivé en séance, où 86 amendements de plus ont été discutés.

16 adoptés19 rejetés25 tombés9 retirés13 non soutenus12 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • FI aucun sur 12 0 %
  • LR aucun sur 16 0 %
  • NI aucun sur 32 0 %
  • LAREM 14 sur 32 44 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

2 amendements de plus ne sont rattachés à aucun groupe identifiable, dont 2 adoptés.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 380 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 149 amendements et 33 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

4 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 4501 ↗

Les 4 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

Le texte reproduit ici est celui que l’Assemblée a adopté le 25 janvier 2022, en texte définitif, c’est-à-dire lors d’une séance postérieure à ce vote. Son contenu peut donc différer de la version soumise aux députés ce jour-là.

  • Article 1erart. adopté Description : Punit les pratiques visant à modifier ou réprimer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre et altérant la santé : aggravations, exception, autorité parentale, action associative, obligations en ligne. 6229 com. / 33 séance

    Description : Punit les pratiques visant à modifier ou réprimer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre et altérant la santé : aggravations, exception, autorité parentale, action associative, obligations en ligne.

    62 amendements déposés sur cet article : 29 en commission, dont 3 adoptés, puis 33 en séance, dont 7 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(69 pour, 0 contre, 3 abstentions).

  • Article 2non mis aux voix 2618 com. / 8 séance

    Texte de l'article

    Au dernier alinéa de l’article 132-77 du code pénal, après la référence : « 225-1 », est insérée la référence : «, 225-4-13 ». CHAPITRE II Interdiction des pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre dans le système de santé

    26 amendements déposés sur cet article : 18 en commission, dont 3 adoptés, puis 8 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3non mis aux voix Description : Punit les consultations ou prescriptions prétendant modifier ou réprimer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre : prison, amende, aggravation, interdiction d'exercer la médecine plafonnée, exception. 3119 com. / 12 séance

    Description : Punit les consultations ou prescriptions prétendant modifier ou réprimer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre : prison, amende, aggravation, interdiction d'exercer la médecine plafonnée, exception.

    31 amendements déposés sur cet article : 19 en commission, dont 6 adoptés, puis 12 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 4non mis aux voix Rend le code pénal issu de cette loi applicable en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna, y adaptant un renvoi de procédure pénale. 117 com. / 4 séance

    Rend le code pénal issu de cette loi applicable en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna, y adaptant un renvoi de procédure pénale.

    11 amendements déposés sur cet article : 7 en commission, dont 1 adopté, puis 4 en séance.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue