Amendement n° 89 · ART. 2 BIS, déposé par Mme Engrand RN +87 cosignataires.
L'essentiel : Les personnes exerçant une activité d’influence commerciale auraient dû détenir un certificat récent de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité attestant leur connaissance des règles éthiques et juridiques, proposait cet amendement.
Texte exact de l'amendement
Compléter cet article par l’alinéa suivant : « 7° La détention, par la personne exerçant une activité d’influence commerciale, d’un certificat valide, délivré depuis moins de trois ans, par l’autorité de régulation professionnelle de la publicité, attestant la sensibilisation de son détenteur aux principes éthiques et aux règles juridiques qui s’appliquent à son activité. »
Exposé des motifs de l'auteur·rice
Les influenceurs étant déjà soumis aux même règles en matière de publicités que n'importe quel autre publicitaire, cette proposition de loi ne doit pas avoir vocation à réinventer l'eau chaude. Au contraire elle doit permettre de durcir le cadre légal en précisant certaines données spécifiques aux promotions réalisées par les influenceurs mais aussi, et surtout, de s'assurer que les influenceurs d'aujourd'hui et de demain aient connaissance des devoirs et des règles qui leurs incombent en cette qualité. En l'occurrence cet amendement propose de généraliser la connaissance des principes juridiques et éthiques qui s'appliquent à leur activité en s'appuyant sur le certificat "de l'influence responsable" délivré par l'Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARRP) depuis 2020. Ce certificat permet de dispenser aux influenceurs, selon leur audience, quelques heures de cours en ligne leur enseignant les rudiments en matière de réglementation publicitaire. Son obtention est conditionnée à la réussite d'une évaluation finale. Cela dit, la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) révèle que 6 influenceurs contrôlés sur 10 sont en infraction avec la loi. Par ailleurs l'observatoire de l'influence de l'ARRP soulignait, en 2021, que les petits influenceurs de moins de 10 000 abonnés étaient ceux qui commettaient le pl…
Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).
Le parcours du texte parent
Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.
- 31 janvier 2023 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
- 30 mars 2023 1re lecture Assemblée Adopté
- 9 mai 2023 1re lecture Sénat Modifié
- 25 mai 2023 Commission mixte paritaire Accord
- 31 mai 2023 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
- 1er juin 2023 Commission mixte paritaire Adopté
- 9 juin 2023 Promulgation loi n° 2023-451
Le texte
Ce vote porte sur un amendement ou un article du texte(L'Assemblée nationale n'a pas adopté). En voici l'enjeu d'ensemble :
Ce texte de loi vise à renforcer la réglementation des activités des influenceurs sur les réseaux sociaux. Il introduit une nouvelle définition d'influenceur dans le code de la consommation, afin de clarifier les responsabilités liées à la promotion de produits ou services. Un nouveau chapitre dans le code du travail encadre l'activité des agents d'influenceurs, en définissant leur statut et leurs obligations. Il impose également aux plateformes en ligne de mettre en place des mécanismes de signalement des contenus frauduleux et de fournir des informations aux autorités compétentes. Enfin, il ajoute une disposition dans le code de l'éducation relative à la sensibilisation aux risques de manipulation et d'escroquerie en ligne.
Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)
Comprendre les votes
Comment chaque groupe a voté
| Groupe | Pour | Contre | Abstention |
|---|---|---|---|
| La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale | 2 | 0 | 0 |
| Gauche démocrate et républicaine - NUPES | 0 | 0 | 0 |
| Écologiste - NUPES | 0 | 0 | 0 |
| Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES) | 0 | 2 | 0 |
| Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires | 0 | 0 | 0 |
| Démocrate (MoDem et Indépendants) | 0 | 7 | 0 |
| Renaissance | 0 | 26 | 0 |
| Horizons et apparentés | 0 | 1 | 0 |
| Les Républicains | 0 | 1 | 0 |
| Rassemblement National | 5 | 0 | 0 |
| Non inscrit | 0 | 0 | 0 |
Mises au point de vote 2
Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.
- Manuel Bompard LFI Vote enregistré Pour Position déclarée voter contre
- Ségolène Amiot LFI Vote enregistré Pour Position déclarée voter contre
Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗
Ce qui s'est dit sur cet amendement
Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 89 en séance (Lutte contre les arnaques et les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.
« Les influenceurs étant déjà soumis, en matière de publicité, aux mêmes règles que n’importe quel autre publicitaire, cette proposition de loi doit éviter de réinventer l’eau tiède ; elle doit non seulement durcir le cadre légal en précisant certaines données spécifiques aux promotions réalisées par les influenceurs mais aussi et surtout garantir que les influenceurs d’aujourd’hui et de demain ont connaissance des obligations qui leur incombent. »
« Manifestement, monsieur de Lépinau, vous n’avez pas suivi les débats en commission ; cela vous aurait évité de généraliser en indiquant que six influenceurs contrôlés sur dix sont en infraction avec la loi. En effet, soixante influenceurs seraient concernés. Leur nombre n’est donc pas considérable. Quant à l’amendement, il favoriserait une dérégulation totale puisqu’il tend à confier à une instance privée, l’ARPP, le pouvoir de décider qui peut ou non être influenceur. Tel n’est pas notre choix : nous préférons que tout cela soit régulé par la loi de la République. »
« Pour une mise en cause personnelle. Je souhaiterais, monsieur le rapporteur Delaporte, que vous cessiez de me mettre en cause. Mes interventions ont démontré, me semble-t-il, que j’ai travaillé le texte. Ce n’est pas parce que l’un de vos amendements a explosé en vol que vous devez me mettre en cause de manière systématique. Je vous demande donc de vous reprendre et de mener à bien l’examen de votre texte – que vous avez du reste amélioré, et je vous en remercie. »
« L’amendement tend à exiger la détention d’un certificat pour la pratique de l’activité d’influenceur. Le Gouvernement y voit deux difficultés. Tout d’abord, dès lors que ce certificat serait obligatoire, cette mesure peut être analysée comme une barrière à l’entrée pour l’exercice de ladite activité, contraire à la liberté d’établissement et à la directive relative aux services dans le marché intérieur, dite directive services. Ensuite, elle pourrait – c’est même presque certain – faire basculer l’activité d’influence commerciale dans le domaine des professions réglementées. Ces deux motifs contraindraient le législateur à notifier cette disposition à la Commission européenne. »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 8 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel
Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Lutte contre les arnaques et les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.
« Il vise à protéger la santé des Français en interdisant la promotion par les influenceurs de produits et équipements cosmétiques non certifiés par les institutions françaises et européennes. Cette mesure est simple et logique. »
« Par cet amendement, vous proposez d’interdire la publicité pour les produits et équipements cosmétiques non certifiés par les institutions françaises et européennes. Je me permets de vous rassurer. »
« Je sais que mon collègue Carlos Martens Bilongo est très attaché à cet amendement. Depuis la libéralisation des jeux de hasard et d’argent issue de la loi du 12 mai 2010 qui a ouvert le secteur à la concurrence, les publicités les concernant ont connu une croissance exponentielle. »
« Le groupe socialiste soutient totalement l’amendement défendu à l’instant par M. Piquemal. Du point de vue philosophique, nous y adhérons entièrement. Nous souhaitons simplement apporter une correction juridique afin de permettre son adoption en toute sérénité. »
« En janvier 2020, un couple d’influenceurs français créait la polémique en posant avec un guépard en laisse ainsi qu’avec un lionceau manifestement drogué pour faire la promotion d’un zoo privé à Dubaï. »
« Il vise à préciser la possibilité de majorer le montant de l’amende encourue par un influenceur pour le non-respect des interdictions de promotion mentionnées à cet article. À la suite des échanges en commission, celui-ci a été retravaillé en s’inspirant de l’article L. »
« Imposer une peine fixe, c’est mettre sur un pied d’égalité l’influenceur un peu maladroit avec la loi et celui qui abuse éhontément de son audience. Certes, nul n’est censé ignorer la loi. Mais il n’est pas non plus possible de ne pas distinguer l’ignorance de la malveillance. »
« Je souscris aux propos du rapporteur. Je suis attentive aux problèmes d’addiction évoqués par plusieurs collègues, notamment en ce qui concerne les outre-mer. »