Amendement de Mme Florence Goulet (RN) · après art. 7 TER

66 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 50 voix non atteint.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 17 %

Amendement n° 230 · APRÈS ART. 7 TER, déposé par Mme Florence Goulet RN +87 cosignataires.

L'essentiel : Les travaux forestiers réalisés pour respecter les obligations de prévention des incendies auraient échappé aux règles de protection des espèces protégées, son autrice jugeant leur application trop rigide face au réchauffement climatique.

Texte exact de l'amendement

L’article L. 411‑1 du code de l’environnement est complété par un III ainsi rédigé : « III. – Les dispositions du I du présent article ne sont pas applicables aux travaux forestiers effectués afin de respecter les obligations légales ou règlementaires en matière de prévention des incendies. »

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Le présent amendement a pour objet d’exclure du champ d’application de l’article L. 411-1 du code de l’environnement les travaux forestiers, tels ceux effectués par les exploitants privés dans le cadre de la lutte contre les incendies. La prévention et la lutte contre les incendies exigent d’effectuer régulièrement des travaux forestiers. Ces activités participent à la préservation de notre environnement en permettant de lutter contre des incendies qui sont de véritables catastrophes écologiques pour la faune et la flore. Les dispositions de l’article L. 411-1 du Code de l’environnement donnent, malheureusement, lieu à une application trop rigide au détriment de la gestion durable des espaces boisés qui doit tenir compte du contexte actuel de réchauffement climatique. Cette problématique ne se posait pas avec autant d’acuité lors de l’entrée en vigueur de ce texte en 1976.

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le compte rendu de la séance ne porte aucun propos sur cet amendement : il a pu être défendu sans un mot de plus, discuté avec d'autres, ou ne pas avoir été présenté séparément.

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 14 décembre 2022 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 4 avril 2023 1re lecture Sénat Adopté
  3. 20 juin 2023 Commission mixte paritaire Accord
  4. 28 juin 2023 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  5. 29 juin 2023 Commission mixte paritaire Adopté

Ce que change ce texte

Le texte prévoit la création d'une stratégie nationale et interministérielle pour renforcer la défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies. Il modifie le code forestier pour instituer des plans de protection dans les départements à risque d'incendie, étendre la définition des zones concernées aux surfaces agricoles et à la végétation, et renforcer les responsabilités des autorités locales en matière de prévention. Un arrêté conjoint des ministères compétents peut également être institué pour établir des mesures spécifiques de prévention, tandis que des obligations de débroussaillement et de maintien en état sont renforcées pour les terrains à risque.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Une stratégie nationale contre les incendies Adopté

    L'État doit élaborer, dans un délai d'un an, une stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies.

  • Renforcer les obligations de débroussaillement Adopté

    Information obligatoire des acquéreurs et locataires lors des ventes et locations, et amende portée de 30 à 50 euros par mètre carré non débroussaillé après mise en demeure.

  • Interdire de fumer en forêt en période à risque Adopté

    Il est interdit de fumer dans les bois et forêts, et jusqu'à 200 mètres de ceux-ci, pendant la période à risque d'incendie définie par le préfet.

  • Soutenir les moyens de lutte et le volontariat Adopté

    Carburant détaxé pour les véhicules des services d'incendie et de secours, et réduction de cotisations patronales (2 000 euros par salarié sapeur-pompier volontaire, plafonnée à 10 000 euros par an et par employeur) jusqu'à fin 2026.

  • Un droit de préemption des communes sur les forêts sans gestion Adopté

    Les communes peuvent préempter les parcelles forestières dépourvues de document de gestion durable, à des fins de défense contre l'incendie.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM171RE29HOR62LR88RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale090
Gauche démocrate et républicaine - NUPES010
Écologiste - NUPES040
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)020
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires000
Démocrate (MoDem et Indépendants)530
Renaissance0440
Horizons et apparentés120
Les Républicains700
Rassemblement National2000
Non inscrit100
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Prévention des incendies et lutte contre l’intensification et l’extension du risque), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Julien Rancoule RN
« Il vise à exclure les éoliennes des territoires réputés exposés au risque incendie et ciblés par un plan de prévention des risques d’incendie de forêt (PPRIF). »
M. Anthony Brosse (rapporteur pour avis de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire)
« La commission du développement durable a rejeté plusieurs amendements que vous avez présentés qui, comme celui-ci, sous prétexte de la lutte contre les feux de forêt, remettent en cause la politique de développement des énergies renouvelables. »
Mme Dominique Faure (ministre déléguée chargée des collectivités territoriales et de la ruralité)
« Les éoliennes sont des installations classées pour la protection de l’environnement. À ce titre, elles font l’objet d’une évaluation exigeante lors de l’instruction du dossier, laquelle porte sur les risques pouvant résulter de leur exploitation, notamment le risque incendie. »
M. Roger Chudeau RN
« Franchement, les arguments avancés par M. le rapporteur et par Mme la ministre déléguée ne tiennent pas. On vous explique que certaines éoliennes prennent feu et mettent le feu à la forêt, et vous prétendez que nous voulons remettre en cause l’implantation de parcs éoliens en France, mais ce n’est p… »
M. Dino Cinieri LR
« Proposé par Vincent Descœur, il vise à permettre aux conseils départementaux de demander l’inscription de tout ou partie de leur territoire dans la liste des territoires particulièrement exposés au risque d’incendie tels que définis par l’article L. 133-1 du code forestier. »
Mme Catherine Couturier LFI
« Ce soir, un journal télévisé a ouvert sur les incendies qui sévissent déjà, malheureusement, dans les Pyrénées-Orientales. On a tout intérêt à associer l’ensemble des acteurs aux prises de décision, le plus tôt possible et surtout au plus près du terrain. »
M. Frédéric Zgainski DEM
« Les PPFCI étant considérés comme la pierre angulaire de la politique de prévention des risques au niveau local, il paraît indispensable de prévoir que ces plans tiennent compte des spécificités du territoire. »
Mme Chantal Jourdan SOC
« Par cohérence avec l’article 7 ter , qui prévoit que les gestionnaires d’aires protégées concourent à la mise en œuvre des objectifs du plan départemental ou interdépartemental de protection des forêts contre les incendies (PDPFCI ou PIPFCI), et l’article 21, qui prévoit que les gestionnaires d’aire… »
Mme Lisa Belluco ECOS
« Je souscris pleinement aux propos de ma collègue Jourdan. En prévoyant que les gestionnaires des aires protégées sont consultés pour avis lors de l’élaboration des plans, ces amendements identiques visent à mettre en cohérence les dispositions de l’article 4 avec celles des articles 7 ter et 21. »
M. Yannick Monnet GDR
« Nous proposons que les Sdis réalisent dans chaque département un inventaire exhaustif des points d’eau incendie, qu’ils soient saisonniers ou permanents. Il s’agit de mettre en œuvre les recommandations du rapport sénatorial de juillet 2021 relatif à la défense extérieure contre l’incendie. »

Pour aller plus loin

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