Sous-amendement de M. Delaporte (SOC) · art. 4

52 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 137 voix franchi. 65 abstentions.
DisputéClivage gauche-droite
Participation 58 %

Sous-amendement n° 5 · ART. 4, déposé par M. Delaporte SOC +30 cosignataires.

L'essentiel : Ce sous-amendement laisse au juge une marge d’appréciation : lorsqu’une information a accompagné la provocation à l’abandon de soins, le délit peut ne pas être constitué, au lieu de ne jamais l’être automatiquement.

Texte exact de l'amendement

À l’alinéa 6, substituer aux mots : « ne sont pas » les mots : « peuvent ne pas être ».

Exposé des motifs de l'auteur·rice

Ce sous-amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à laisser une marge d'appréciation au juge dans les cas où une information aura accompagné la provocation visée par l'article 4. Le juge pourra dans ces cas apprécier si le délit est constitué ou non. Une simple exclusion n'apparait pas pertinente. Aussi ce sous-amendement permettra t-il au juge, en cas d'informations délivrées, d'estimer que les délits ne sont pas constitués ; et la loi lui ménagera également la possibilité d'estimer le contraire

Texte officiel de l'amendement (open data de l'Assemblée nationale).

Le parcours du texte parent

Ce vote ne portait que sur un amendement (son sort est en haut de la carte) ; voici le parcours du texte entier auquel il se rattache.

  1. 15 novembre 2023 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 19 décembre 2023 1re lecture Sénat Adopté
  3. 14 février 2024 1re lecture Assemblée Modifié
  4. 7 mars 2024 Commission mixte paritaire Accord
  5. 2 avril 2024 Nouvelle lecture Sénat Rejeté
  6. 7 mai 2024 Conseil constitutionnel Partiellement conforme

Ce que change ce texte

L'article 1er A charge une mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires d'observer et d'analyser le phénomène des mouvements à caractère sectaire dont les agissements sont attentatoires aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales ou constituent une menace. L'article 1er inscrit la prévention et la lutte contre les phénomènes sectaires parmi les objets mentionnés au deuxième alinéa de l'article L. 132-5 du code de la sécurité intérieure. L'article 1er B aggrave les peines prévues à l'article 223-15-2 du code pénal lorsque l'infraction est commise par l'utilisation d'un service de communication au public en ligne ou par le biais d'un support numérique ou électronique, et l'article 4 A introduit une aggravation comparable à l'article L. 4161-5 du code de la santé publique. L'article 2 bis fixe à six années révolues à compter de la majorité de la victime la prescription de l'action publique pour les délits de l'article 223-15-2 du code pénal commis sur un mineur. L'article 2 ter porte à dix ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende les peines prévues à l'article 227-15 du code pénal lorsque l'auteur s'est aussi rendu coupable, sur le même mineur, du délit prévu à l'article 433-18-1, et l'article 3 ouvre aux associations agréées, et non plus seulement reconnues d'utilité publique, la faculté prévue à l'article 2-17 du code de procédure pénale.

Le texte d'ensemble en détail (résumé complet, travaux, votes liés)

Les moyens du texte d'ensembleet leur sort
  • Délit de placement en sujétion psychologique Adopté

    Réprimer la mise ou le maintien d'une personne dans un état de sujétion psychologique ou physique (jusqu'à 3 ans et 375 000 euros, davantage pour les mineurs ou les personnes vulnérables).

    Validé par le Conseil constitutionnel (2024-865 DC).

  • Délit de provocation à l'abandon de soins Adopté

    Punir la provocation, par des pressions ou manœuvres réitérées, d'une personne malade à abandonner ou refuser un traitement (jusqu'à 1 an et 30 000 euros, 3 ans et 45 000 euros si elle est suivie d'effet).

    Validé par le Conseil constitutionnel (2024-865 DC), sous une réserve : un discours général adressé à un public indéterminé ne peut constituer le délit.

  • Éclairage de la justice par l'État Adopté

    Permettre au juge de solliciter un service de l'État (comme la Miviludes) pour l'éclairer, à titre d'amicus curiae, dans les procédures relatives aux dérives sectaires.

  • Rôle des instances locales de prévention Censuré

    Confier aux conseils locaux et intercommunaux de sécurité et de prévention de la délinquance une compétence sur la prévention des dérives sectaires.

    Censuré par le Conseil constitutionnel (2024-865 DC) comme cavalier législatif, sans lien avec le texte initial.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC22LIOT50DEM171RE28HOR62LR88RN5NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale1047
Gauche démocrate et républicaine - NUPES006
Écologiste - NUPES800
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)2000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires106
Démocrate (MoDem et Indépendants)2302
Renaissance11701
Horizons et apparentés481
Les Républicains0252
Rassemblement National0630
Non inscrit020

Ce qui s'est dit sur cet amendement

Prises de parole lors de la discussion de l'amendement no 5 en séance (Lutte contre les dérives sectaires), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel, dans l'ordre où elles ont été prononcées. L'amendement n'est pas toujours défendu par la personne qui l'a déposé.

M. Arthur Delaporte SOC
« Ce sous-amendement vise à corriger un effet de bord que la rédaction de l’amendement pourrait entraîner. Dans l’ensemble, nous nous satisfaisons du retour de l’article 4. Il était plus que nécessaire quand on voit les dérives, les mensonges qui prospèrent actuellement sur les réseaux sociaux. M. Dupont-Aignan hoche la tête, mais certaines des personnes qu’il a invitées hier en tribune affirment que les riches boivent du sang avec des paupières de bébé. Ces propos sont inacceptables. Nous devons les combattre. […] Les riches qui boivent du sang de paupières de bébé, ce n’est pas de la science, monsieur Dupont-Aignan, c’est un mensonge ! »
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Lutte contre les dérives sectaires), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Emeline K/Bidi GDR
« Il vise à supprimer l’article 5, qui déroge au principe du secret de l’enquête et de l’instruction. En effet, les dispositions de l’article obligeraient le ministère public à informer les ordres professionnels de santé dans deux hypothèses : en cas de condamnation, même non définitive, d’une personn… »
M. Jean-François Coulomme LFI
« Parlant de dérives, nous avons là affaire à une dérive démocratique. Trahir le secret de l’enquête pour, soi-disant, préserver la sécurité des citoyens représente, dans ces conditions, une aberration totale. On piétine le droit des justiciables, surtout si l’affaire n’est pas totalement jugée. »
Mme Brigitte Liso (rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Je suis défavorable à ces amendements de suppression, pour les raisons suivantes. L’article 5 est nécessaire pour assurer une meilleure transmission de l’information entre l’autorité judiciaire et les ordres professionnels de santé ; c’est d’ailleurs ce que réclament les ordres, qui souhaitent mieux… »
Mme Sabrina Agresti-Roubache (secrétaire d’État chargée de la ville et de la citoyenneté)
« Avis défavorable également. L’article 5 du projet de loi tend à rendre les ordres nationaux des professionnels de santé destinataires des décisions pénales prises contre une personne relevant de leur autorité, leur donnant ainsi la capacité de mieux exercer leur pouvoir disciplinaire. »
M. Thomas Ménagé RN
« L’article 6 bis , introduit en commission, part d’une bonne intention, celle de permettre de détecter les dérives sectaires. Il pourrait cependant avoir des effets complètement contre-productifs, ce qui nous pousse à demander sa suppression. »
Mme Emmanuelle Ménard NI
« J’avoue que je n’ai pas de religion en la matière, si vous me permettez l’expression, mais je me pose des questions. Nous avons déjà abordé à d’autres occasions, notamment dans le cadre des débats sur les violences faites aux femmes, la possibilité, pour le médecin, de trahir le secret médical. »
Mme Mathilde Desjonquères DEM
« Il s’agit de préciser le champ d’application de la levée du secret médical pour signaler des faits de placement ou de maintien dans un état de sujétion, ou d’abus frauduleux de cet état, et de prévoir l’accord de la victime. »
Mme Béatrice Descamps LIOT
« Nous demandons que le rapport sur la mise en œuvre de la loi dans le domaine de la santé mentale porte sur l’application de l’ensemble des dispositions actées par la présente loi, tant en matière de lutte contre les dérives sectaires qu’en matière d’amélioration de l’accompagnement des victimes. »
M. Arthur Delaporte SOC
« Une fois n’est pas coutume, je prends la parole contre l’amendement et mon collègue Clouet. L’article 8 a le mérite de mettre en avant le sujet, fondamental, de la santé mentale. C’est en ce sens que la commission l’a adopté et que les médecins psychiatres le soutiennent. »
M. Benjamin Lucas
« Par cet amendement, ma collègue Marie Pochon demande la remise d’un rapport sur le financement des organisations accusées de dérives sectaires surveillées par le Miviludes. »
M. Aurélien Pradié LR
« En l’espace de quelques heures, vous aurez réussi à nourrir comme personne le camp des charlatans que vous prétendez combattre, madame la secrétaire d’État. Partout où vous passez, vous abîmez tout ! »

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue